Tuer le père

Note : 2.5/5

Tuer le père raconte l’histoire de Joe, un ado de quinze ans qui vit avec sa mère et accumule les beaux pères de passage, les uns après les autres. Déçu par ce mode de vie, dégoûté par une mère pas vraiment sympa, il décide de partir. Il se cherche un mentor pour développer ses capacités de magicien, un domaine dans lequel il excelle déjà. Il tombe sur Norman, un grand magicien, connu et reconnu, qui vit pourtant simplement avec sa femme, Christina dont Joe va vite devenir amoureux. Trahisons en famille, amours interdites, secrets, coup de couteau dans le dos, révélations… Voilà de quel bois est fait le 20ème roman d’Amélie Nothomb.

J’aime Nothomb. J’aime l’univers de Nothomb. J’ai surtout ses anciens livres, ceux qui parlent de son enfance à New York, en Chine, au Japon…Ils me font voyager, ils sont drôles, inventifs, innovants même et remplis de choses agréables à lire. Depuis quelques années, j’aime beaucoup moins les fictions qu’elle nous sort les unes après les autres. J’aurais envie de lui dire, si je la voyais : « vaudrait-il mieux pas, chère Amélie, écrire moins mais nous proposer quelque chose de plus…profond ? de plus élaboré ? ». Un bouquin tous les ans, certes, mais quand tu vois ce qu’on a à se mettre sous la dent, y a de quoi être frustrés ! De toute manière, c’est clair : je les ai tous lus mais les 4 ou 5 derniers romans…. Ben je m’en souviens pas alors que je me souviens très bien des autres…

Ce n’est pas que c’est mal écrit. C’est agréable à lire, bien que minimaliste. On apprécie le décor, les personnages, l’évolution de leurs relations…et puisque le début commence par la fin, on se pose sans cesse des questions…Joe est malsain, on le comprend vite mais il faudrait attendre la fin pour comprendre l’ampleur de sa cruauté. Les chapitres sont courts et s’enchaînent très vite. C’est vrai, on a quand même envie de savoir la suite. Bref, on se laisse aspirer. Pourtant…Pourtant reste en nous l’idée que Tuer le père est un bouquin qui se fout royalement de notre gueule, notamment quand on arrive au niveau des dernières pages… Amélie, j’ai toujours l’impression qu’elle bâcle ses fins maintenant alors qu’à mes yeux, une fin doit être, tout comme un début, royalement soignée. C’est la dernière chose qui nous reste en tête quand on ferme un livre et là… Bien que le roman en lui-même soit correct, la fin m’a juste donné envie de balancer le bouquin sur l’un de mes deux chats mais ma foi, les pauvres bêtes ne méritaient quand même pas ça !

7 comments

  1. Clownface says:

    Si je prends comme le dernier que j’ai lu d’elle (Le fait du prince) j’en viens à la même conclusion, alors que les premiers que j’ai pût lire me semblait bien meilleur. Certes, ça se lit toujours très bien, mais j’ai un sentiment de vacuité sur Le fait du prince que je n’avais pas sur les précédents.
    C’est aussi à mon avis un problème de la formule un livre par an. Les éditeurs veulent que leurs vedettes est une sortie pour la rentrée littéraire, alors qu’ils feraient mieux de leurs laisser du temps…

    • petiteconne says:

      Je me dis quand même, quand on a sa notoriété, on devrait pouvoir dire « non, je ne veux pas sortir un livre par an » mais je dois être naïve ^^
      Elle en parle souvent en interview : elle écrit 4 à 5 romans par an et en choisit un seul. Les autres sont rangés et elle a prit des dispositions pour qu’ils ne soient jamais publiés. Du coup, c’est aussi pour ça que je dis qu’elle devrait lever le pied…quitte à faire seulement 1 bouquin par an…

  2. Clownface says:

    Là effectivement, c’est à elle de lever le pied et de se consacrer à un seul bouquin pour le retravailler, l’étoffer. Ou peut-être qu’elle a donné tout ce qu’elle avait à donner.

  3. zofia says:

    Oui la fin est un problème récurrent dans ses derniers bouquins et comme tu le dis, c’est vraiment important. Il faut peut-être qu’on se dise qu’elle fait aussi ça parce que ça rapporte bien un livre par an…
    Il y a toujours une certaine qualité, mais elle n’est pas totale.

    • petiteconne says:

      Et oui…quelque part c’est assez frustrant.
      Là c’est un cadeau de Noel. Les deux derniers, je me les ai fait prêter… J’ai du mal à prendre l’initiative de les acheter moi même….

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