Somewhere

Film américain

Date de sortie : 05/01/2011

Note : 2/5

Johnny Marco est un célèbre acteur. Il vit à l’hôtel du Château Marmont à Los Angeles, enchaîne les conquêtes, n’a évidemment aucun souci d’argent. Il vit un peu dans son monde, même si parfois, il semble presque rêver à autre chose. Il a une fille de 11 ans qu’il ne voit que par intermittence. Le jour où la mère de cette dernière décide de faire un break et prendre un peu le large, Johnny se retrouve avec sa fille. Il va devoir faire avec pendant plusieurs jours d’affilée et tenter de concilier ses deux vies.

Écrire cette critique est pour moi assez désagréable tant je suis déçue par un film dont j’attendais beaucoup. En trois films, Virgin Suicides, Lost in translation et Marie-Antoinette, Sofia Coppola avait réussi à se créer un univers bien à elle et dieu sait que j’étais fan, surtout de son second long-métrage que j’ai bien dû voir 1256756 fois depuis que j’ai le DVD. Je me suis donc jetée devant Somewhere avec envie et motivation mais j’ai bien vite déchanté. Car dans Somewhere, il ne se passe rien. Que dalle. Que nenni. Néant. Vide. La première demi-heure,je l’ai bien sentie passer. Johnny est un homme qui se fait chier mais d’une force…on ne l’imagine même pas ! C’est vrai que le pauvre, il a tout ce qu’il veut alors comment veux-tu qu’il ait encore envie de quelque chose dans la vie ? Cet ennui, cette solitude, on les comprend et on les visualise bien dès la première scène où l’on voit Johnny tourner en rond sur un circuit avec sa belle voiture. Tout le monde serait au taquet et heureux de faire un tel truc, ou du moins, au moins un brin enthousiaste mais Johnny s’en fout : quand on le voit ressortir de la voiture, on dirait qu’il vient de passer un seul quart d’heure tant il tire la gueule. Il pousse le vice jusqu’à s’endormir pendant que deux jumelles blondes en petite tenue lui font une démonstration de pole dance devant son propre lit…situation improbable pour un homme qui se respecte. Finalement, tout au long de ce film, je crois que j’ai ressenti ce que les gens avaient reproché à Lost in translation à l’époque. Filmer l’ennui ennuie. J’avais été très touchée par le personnage de Charlotte car nos âges sont proches, nos questions similaires. Et puis il y avait Tokyo, une super BO, le charme de Scarlett Johansson, le comique de Bill Murray et une fin marquante. Ça suffisait à en faire quelque chose de vraiment bien. Rien ne m’a touché de la sorte dans Somewhere.

Le personnage de Johnny m’a fait pensé à celui de Hank dans la série Californication, autrement dit, un homme célèbre qui se laisse guider par ses pulsions sexuelles mais qui voudrait être un bon papa pour sa chère fifille (jouée par une actrice qui apporte un peu de fraîcheur et de dynamisme au film). Pas antipathique mais loin d’être attachant dans ce rôle de bébé pourri gâté qui ne respecte rien, et encore moins les femmes qu’il consomme comme des chewings-gum. Parlons en, d’ailleurs, des rapports père/fille. Au départ, on comprend aisément que notre cher héros n’est pas très attentif. Il envoie des sms pendant le cours de patinage artistique de sa gamine, ne sait même pas depuis quand elle patine, n’est au courant de rien, ni des jours où elle arrive, ni de ce qu’il doit faire pour elle. Finalement c’est cette ado qui le ramène souvent sur terre, aux bonnes réalités dont il se déconnecte de par sa vie dissolue. À la fin, le coup de la rédemption, avec bons sentiments à la pelle qui émergent grâce au contact de cette gentille enfant, nous paraît quelque peu exagéré et donc un peu trop théâtral. Ajouté au fait qu’on se fout bien qu’il trouve son équilibre et qu’il retrouve une vie saine… A la fin, le coup du coup de téléphone pleurnichard pendant lequel Johnny cherche du réconfort auprès d’un proche m’a fait pensé à celui de Charlotte dans Lost in translation. Les deux personnes se retrouvent face au même dilemme : être mal dans sa tête, avoir besoin d’entendre certains mots et se heurter à l’incompréhension de l’autre qui ne prend pas ce malaise au sérieux. Sans doute le moment que j’ai préféré parce qu’il me parle. Dommage, il ne dure que 20 secondes…

En résumé, chez moi l’amour ne rend pas aveugle. J’aime beaucoup Sofia Coppola et je resterai fidèle à ce qu’elle fait de mieux mais inutile de compter sur ces bons sentiments pour adoucir mon amertume, son dernier film est vraiment pas top. Concrètement, ce film n’a aucun scénario, se contente de nous montrer des scènes de vie sans intérêt (papa et fifille dans la piscine de leur super suite dans hôtel de luxe, papa et fifille jouant au ping-pong, fille préparant repas pour papa, papa prenant sa douche, fifille préparant repas pour papa, papa prenant sa douche, papa sautant une blondasse,…et ainsi de suite). Triste. Un film de petite fille riche pour les petites filles riches, les seules à pouvoir s’identifier ne serait ce qu’une seconde….

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4 comments

  1. zofia says:

    C’est sûr que connaissant ton amour pour la réalisatrice ça m’a pas dû être facile à écrire… Je voulais le voir au ciné et puis je l’ai raté, j’ai du mal à croire que ce soit si nul… c’est si dommage 🙁

    • petiteconne says:

      Vas faire un tour sur la fiche du film, sur allociné. Certaines personnes continuent de dire qu’elles sont charmées par ce film mais la plupart disent la même chose que moi, que ce n’est que de l’ennui… Franchement, c’est à se demander si c’est la même femme qui a fait virgin suicides et somewhere. Rien à voir, vraiment.

  2. zofia says:

    Je te crois sans problème mais au vu de ce qu’elle a fait avant, ça paraît encore plus surprenant, comme tu dis on se demande si c’est la même réalisatrice…

    • petiteconne says:

      Mais jte jure, même au niveau des images… celles de Virgin étaient magnifiques, Lost in translation j’en parle même pas et Marie Antoinette était de toute beauté… Somewhere est trop ancré dans une réalité qui ne va pas à cette réalisatrice. D’un coté, je suis certaine que c’est le film qui est le plus personnel, il témoigne d’une certaine expérience de ce genre d’environnement. Mais quand même… J’espère que le prochain, si prochain il y a, aura un peu plus de classe.

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