Rosemary's baby

Film américain

Date de sortie : 1968

Note : 4/5

Ce film de Polanski est un grand classique du cinéma que, à ma grande honte, je n’avais jamais encore vu. Il était temps. J’ai aimé, aussi bien l’histoire que la mise en scène et ce malgré le fait que le tout avait un peu vieilli sur les bords.

Guy Woodhouse et sa femme Rosemary sont jeunes et amoureux. Malgré les conseils de quelque uns de leurs amis, ils viennent de s’installer dans un vieil immeuble new-yorkais un peu délabré. C’est Rosemary qui a insisté, particulièrement charmée par l’appartement. A peine arrivés, ils découvrent un placard mural laborieusement caché derrière une armoire par la locataire précédente. Étrange, mais ils ne s’en inquiètent pas plus que ça et continuent de s’installer tranquillement. Le jeune couple est bien vite harcelé par un vieux couple de voisins, Minnie et Roman Castevet, qui imposent systématiquement leur présence. Mais ils sont tellement gentils et serviables, comment leur dire non ? Si Guy prend la chose plutôt bien, ce n’est pas le cas de Rosemary, surtout depuis qu’elle est enceinte.

Dès le début du film, une énorme tension se met en place. De par les lieux tout d’abord, car l’immeuble et l’appartement semblent chargés de mauvaises ondes et ont été, d’ailleurs, le théâtre de bons nombres d’histoires morbides. Le vieux couple qui cherche à se faire des amis, d’abord ridicule, devient de plus en plus inquiétant. Trop de bienveillance, trop de surveillance, trop d’implication dans des vies où ils n’ont rien à faire. C’est louche. Progressivement, de petits éléments dérangeants sont incrustés dans l’histoire, des petits détails, des riens du tout qui pourraient passer inaperçus mais qui mettent peu à peu la puce à l’oreille. Pourtant, les pistes sont constamment brouillées. Rosemary a-t-elle raison de se méfier ou est-elle en plein délire paranoïaque ? Mystère. On penche tantôt pour une solution, tantôt pour une autre et l’on se laisse emporter sans mal jusqu’à la fin. Mon jugement est sans doute peu objectif car j’ai visionné tellement de films sur le satanisme que Rosemary avait des airs de déjà vu. Je n’ai cependant pas perdu de vus qu’il a justement été tourné AVANT toutes mes petites références en la matière.

Ce film est construit comme un thriller, on ne peut qu’en apprécier les rebondissements et la construction scénaristique, vraiment fine et intelligente. Il est long mais prend justement le temps de commencer doucement pour de plus en plus monter en puissance afin d’arriver à cette fin que tout le monde connaît. L’horreur, ou du moins l’angoisse (très bonne gestion de la lumière, de l’ombre), repose surtout sur l’ambiance et non pas sur des scènes gores. Tout est dans la suggestion.

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4 comments

  1. zofia says:

    Je l’ai vu pour la première fois l’an dernier aussi et ça m’avait beaucoup plu. Cette façon discrète de suggérer ce qu’il y a derrière… et on se met forcément à la place de Rosemary.

    • petiteconne says:

      Sans sombrer dans les compliments parce que c’est un Polanski, franchement j’ai trouvé la mise en scène très bien foutue. Même si, vu que sa réputation le précède depuis longtemps et qu’on a plus aucune surprise, j’ai été vraiment au taquet pendant ce film.
      Bon, ça a un peu vieilli quand même… :-/

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