Precious

Film américain

Date de sortie : 03/03/2010

Note : 3/5

Ce film est adapté d’un roman devenu culte,Push de Sapphire.

L’héroïne de ce film a 16 ans, est obèse, vit en plein ghetto noir et est pour la deuxième fois enceinte…de son père (la première est une petite trisomique). Elle vit avec sa mère, une vraie hystérique qui se sert d’elle comme d’une esclave et l’accuse d’être une salope et de lui avoir piqué son mari. La vie au lycée n’est pas spécialement plus intéressante, Precious a à peine le niveau d’un élève de primaire, roupille en cours, subit des moqueries quotidiennes. Pour se consoler et survivre à tous ces coups du sort, elle a pris l’habitude de s’enfuir dans un monde onirique créé de toutes pièces où elle est elle-même mais en version heureuse. Virée de son établissement à cause de son étant, Precious va pouvoir intégrer une école alternative où il lui sera possible d’apprendre enfin à lire et à écrire.

J’ai trouvé ce film totalement plombant. Tous les malheurs semblent s’abattre sur héroïne qui encaisse malgré tout sans broncher, stoïque, presque résignée à être considérée comme une moins que rien par l’univers entier. Là-dedans, il y a une bonne dose de mélodrame, mais aussi de l’espoir pour venir illuminer la noirceur des évènements et des personnages. En effet, grâce à une petite équipe de bonnes âmes (que des femmes, d’ailleurs) Precious va avoir sa chance et surtout, s’ouvrir à un monde nouveau grâce à l’apprentissage de l’écriture (chose qui lui servira, entre autres, à raconter son histoire et donc à mieux comprendre son cheminement). Car Precious est plus l’histoire d’un parcours individuel qu’une critique de la société. C’est beau l’idée selon laquelle on peut s’intégrer dans la société par la maîtrise du verbe mais l’émancipation de Precious est-elle réelle, est-elle totale ? Et possible sur le long terme ? Lorsque j’ai vu le générique de fin arriver, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander « Et après ?? ».

J’ai été plutôt mal à l’aise en regardant certaines scènes, notamment celle du viol qui, bien que furtive, génère un profond sentiment de dégoût (particulièrement dû au personnage de la mère qui mate la scène du coin de l’œil, tout en continuant de préparer à manger). Les relations sont malsaines, il n’y a rien de beau dans la vie de Precious. Elle n’a pas d’amis, elle n’a pas d’amoureux. Elle a juste des emmerdes. Heureusement que l’équipe des assistantes sociales et des professeurs vient contrebalancer ce triste constat sinon on sera tenté de croire que l’humanité entière dégouline de vices. Je m’attendais peut-être à mieux, je me suis sentie déçue, sans doute car je n’ai pas réussi à m’attacher au personnage principal.

À noter : les participations plutôt convaincantes de Lenny Kravitz en garde malade et de Mariah Carrey, bien loin du registre de la séduction et du glamour dans lequel elle officie habituellement.

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6 comments

  1. Zofia says:

    Je l’ai vu hier soir et je l’ai trouvé incroyablement douloureux… j’étais tellement mal que j’arrivais même pas à chialer. Quand tu crois que c’est bon, on est arrivé au maximum de l’horreur, ben on t’en remet une couche.
    Personnellement, j’ai zappé au dernier dialogue du film où la mère raconte à l’assistance sociale quand tout a commencé. C’était trop pour moi.
    Mais je suis comme toi, sur la fin.
    Zofia Articles récents…Vu, Lu, EntenduMy Profile

    • Audrey says:

      Si douloureux qu’il en devient désagréable à regarder, non ? Je ne m’en souviens plus dans le détail mais je garde en tête ce dégoût, cet écœurement que j’ai ressenti. Je me souviens que deux amis étaient allés le voir au cinéma un peu par hasard…sans avoir rien lu à son sujet. Ils croyaient que c’était une comédie… ^^

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