Poupoupidou

Film français

Date de sortie :12/01/2011

Note : 3.5/5

David Rousseau est un auteur à succès, bien connu pour ses polars. Ce jour-là, il a parcouru beaucoup de kilomètres pour toucher un héritage qui s’avère bien décevant. Sur le chemin du retour, il entrevoit tout un ensemble de véhicules sur la route : on est en train de ramener le corps sans vie de Candice Lecoeur, une actrice de la région. La cause de la mort ? Soit disant un suicide par somnifères… En plein milieu de la forêt ? David n’y croit pas vraiment. Intrigué par cette Marilyn Monroe de province, il décide de rester encore un peu à Mouthe, la ville la plus froide de France, perdue sous une neige hivernale. Il va peu à peu enquêter sur cette sombre affaire et entrevoir, peut-être, d’en faire le sujet de son prochain roman.

J’avais beaucoup aimé Avril, le précédent long métrage de Gérald Hustache-Mathieu et en éternelle grande fan de Marilyn Monroe, autant vous dire que ce film m’avait tapé dans l’œil au moment de sa sortie. Pourtant, j’aurais pu en avoir peur. En effet, quoi de plus dangereux que de copier/réincarner l’icône qu’était, qu’est et que sera toujours Marilyn ? Car Candice Lecoeur, en plus d’avoir un air de Marilyn, la même couleur de cheveux que Marilyn, le même métier et les mêmes types de maris, se paye le luxe de connaître les mêmes épreuves et surtout, elle vit la même solitude. Ce personnage que tout le monde adule dans sa région, que tout le monde connaît, que tout le monde apprécie a deux facettes : la publique (radieuse, souriante, charmante) et la privée (triste, déprimée, découragée et très critique). Comme Marilyn, Candice abuse des médicaments pour dormir, pour se réveiller, pour se rebooster. Et enfin, comme Marilyn, Candice va mourir dans la fleur de l’âge, seule et un mystère planera éternellement sur cette disparition tragique et incompréhensible. Des parallèles amusants, mais surtout pour ceux qui connaissent un minimum l’actrice. Quelques références cinématographiques et photographiques également.

Et puis, autant vous le dire tout de suite, Poupoupidou m’a véritablement fait penser à Twin Peaks, la série que je suis justement en train de regarder en ce moment. Par son thème : la mort incompréhensible d’une jeune femme apparemment sans histoires. Par l’enquête qui suit ce décès. Les personnages secondaires également, fortement atypiques, qui viennent pimenter les faits en de drôles d’apparitions. Et puis une image particulière, celle de la découverte du corps enneigé de Candice qu’on peut facilement mettre en parallèle avec la découverte de Laura Palmer, en ce fameux matin glacial.

Alors qu’on pouvait s’attendre à un film basique, une ambiance particulière s’installe. Une sorte de hors-temps. Bloqués par la neige et par une histoire qui nous passionne, on oublie que le monde tourne ailleurs qu’à Mouthe. Est-on vraiment en France de toute manière ? Les symboles américains sont disséminés un peu partout. Faille spatio-temporelle des plus agréables, dans laquelle on accepte de se plonger entièrement. Beaucoup d’humour également, des petites répliques qui font mouche. J’ai également beaucoup aimé la mise en scène pleine de dérision de cette Marilyn régionale qui fait de la pub pour le fromage (pardon ! LA fromage !) Belle de Jura. Et au-delà de tous ces détails, il y a un drôle de couple : David et Candice. L’une est morte. L’un est vivant et marche sur ses traces pour comprendre, juste comprendre, et si au départ, c’était par pure ambition littéraire, on réalise bien vite qu’un lien plus fort se crée entre eux, comme une connivence, une complicité secrète et irréelle.

Bien sûr, les VRAIS amateurs des polars trouveront ça bien facile. Refaire l’histoire à l’envers grâce aux journaux intimes de la victime (ah tiens…encore du Twin Peaks !), c’est déjà vu et finalement facile. Voilà, là où j’ai été déçue c’est que j’attendais une vraie enquête, bien ficelée, avec des vraies raisons et des surprises. Mais même la mort de Candide ressemble à un scénario maintes fois répété concernant la mort de Marilyn Monroe, ce soi-disant faux suicide.

Un Jean-Paul Rouve tout à fait correct. Une Sophie Quinton tout à fait troublante. Un ton entre mélancolie et burlesque et surtout, une ambiance glaciale mais des plus étouffantes. Du décalé et du kitsch. En résumé, un film que j’ai eu un grand plaisir à regarder, je regrette cependant d’être un peu restée sur ma faim (au niveau de l’intrigue). Quand même un bien curieux polar qui vaut le coup d’être vu… (voire revu).

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2 comments

  1. Aurore says:

    Je connais pers qui ait vu ce film … Personnellement j’avais passé un très bon moment avec JP Rouve dans ce polar jurassien … Ravie de voir que tu l’as plutôt apprécié !

    • petiteconne says:

      Je l’attendais ce film, il ne m’a pas déçu, j’en ai adoré l’ambiance. Bon j’y ai trouvé quelques défauts mais ça reste un bon souvenir

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