Partir

Film français

Date de sortie : 12/08/2009

Note : 3/5

Suzanne est une femme d’une quarantaine d’années. Elle vit dans le sud de la France avec ses deux enfants, des adolescents, et Samuel, son mari qui leur assure un train de vie très confortable. Malgré tout, Suzanne s’ennuie et décide de reprendre son travail de kinésithérapeute qu’elle avait abandonné pour élever ses enfants. En stage, elle se fait installer un cabinet à côté de la maison familiale, prête à partir pour une nouvelle vie. Cependant, à l’occasion des travaux précédent son installation, elle rencontre Ivan, un ouvrier d’origine espagnole, qui vit de petits boulots et qui a même fait de la prison. Ce n’est pas forcément le coup de foudre au premier regard mais quelque chose, un sentiment sous jacent et très fort, les pousse l’un vers l’autre. Suzanne doit faire un choix. Elle choisit Ivan. Mais Samuel, évidemment, n’est pas d’accord…

Partir est un film qui fonctionne très bien en partie grâce à son trio d’acteurs : Yvan Attal, Kristin Scott Thomas et bien sûr, Sergio Lopez. Chacun est époustouflant dans des rôles qui leur collent vraiment à la peau, Kristin Scott Thomas en tête qui joue encore une fois les tourments de son personnage avec beaucoup de sensibilité et de subtilité. L’histoire d’amour entre Suzanne et Ivan, bien qu’ils n’aient rien de jeunes premiers, beaux, riches et importants, est très touchante car mise en scène de manière très crédible à l’écran. On y croit réellement, à cette passion qui les unit au délà des embûches !

Les scènes de « violence » conjugale (entre guillemets, car il n’y a rien de bien terrible pour autant, comprendre : personne n’est battu à mort hein), sont elles aussi assez fortes et témoignent d’un autre sentiment, celui qui se trouve mis à part. Samuel lutte pour retenir la femme qu’il aime. Suzanne sort les griffes pour s’extirper de cette emprise qui lui fait à présent horreur. Face à de telles scènes, face à une telle histoire on se met directement du côté de Suzanne et l’on voudrait que Samuel la laisse vivre sa vie et son bonheur de femme amoureuse. Pourtant, après réflexion, il serait un peu facile, et trop rapide, de condamner l’attitude de Samuel, le mari trompé. Finalement, le film n’en fait pas un portrait très noir. Au contraire, c’est un mari occupé, mais présent, qui met sa famille hors du besoin. Au début, les rapports qu’il entretient avec sa femme ont l’air tout sauf conflictuels. L’histoire de ce film et la moralité en deviennent dangereuses car finalement…qui est vraiment la victime dans cette affaire ? Complexe.

Ce qui m’a le plus plu dans ce film, outre l’histoire d’amour entre les deux personnages, c’est la mise en scène d’un thème, celui de l’emprise matérialiste (qu’un mari peut avoir sur sa femme, entre autres). Car Samuel le souligne bien à Suzanne, lorsqu’elle parle de récupérer sa part suite au divorce : elle n’aura rien car durant les 20 dernières années, tout ce qu’elle a réussi à faire, c’est rester à la maison et attendre que l’argent rentre. Et on comprend d’autant plus à quel point il est difficile pour cette femme, pourtant intelligente et encore dans la force de l’âge, de redevenir autonome, financièrement parlant. D’ailleurs, sans rien révéler de l’intrigue, on ne peut pas dire qu’elle s’en sorte super bien. Le dilemme est là : Suzanne aime Ivan mais Ivan croule sous les dettes. Samuel a beaucoup d’argent mais Suzanne ne veut pas de lui. La passion, c’est bien beau, mais on ne peut pas constamment vivre d’amour et d’eau fraîche.

Les scènes qui se passent en Espagne magnifient le paysage et les deux amoureux qui s’y promènent. On a envie de partir en vacances.

Petit bémol pour la fin du film, cependant. Bien trop extrême à mes yeux. Je suis certaine qu’on aurait pu traiter de la folie amoureuse d’une autre manière, en conservant la même intensité pour autant.

À mes yeux, Partir, sans être un film très original, est un drame très intelligent. Beaucoup de réalisme pour une histoire très humaine, et très émouvante.

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2 comments

  1. zofia says:

    Il m’avait bien plu aussi, et tout comme grâce à ces trois acteurs que j’apprécie vraiment. Dans la même lignée, et sorti peu de temps après, j’avais vu Les Regrets avec aussi Yvan Attal. D’ailleurs, je m’étais fait la réflexion que plusieurs films avec ce thème sortaient en même temps car un mois plus tard, sortait Mademoiselle Chambon avec Vincent Lindon.

  2. petiteconne says:

    Oui, j’ai envie de dire que le coup de l’adultère et de la passion hors mariage, c’est plutôt banal au ciné, vu et revu. ça empêche pas que ça fasse parfois de bons films pour autant! 😉
    J’aurais bien vu Mademoiselle Chambon mais j’ai vraiment beaucoup de mal avec Sandrine Kimberlain… :-/ Si je prends mon courage à deux mains, peut être…

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