Critique My Week with Marilyn

Sortie : bientôt ! (le 4 avril)

Note : 3/5

Nous sommes au tout début de l’été 1956. Fraîchement mariée à Arthur Miller, Marilyn Monroe débarque en Angleterre pour tourner un film avec Laurence Olivier, une vraie légende du théâtre anglais de l’époque. Il sera également le réalisateur du film Le prince et la danseuse. Colin Clark, alors âgé de 23 ans et très ambitieux, arrive de sa campagne et s’incruste en tant que troisième assistant sur le plateau…Quarante ans plus tard, il raconte dans un livre ce qu’il a vécu pendant ce tournage des plus mouvementés. Je n’ai pas lu « The Prince, the Showgirl and Me » mais le film m’a quand meme donné envie de me plonger dans cet ouvrage un de ces quatre.

Je suis tombée amoureuse de Marilyn Monroe quand j’avais six ans. C’était pendant les vacances. J’étais chez mes grands-parents. Mon grand-père allait mourir dans les mois suivant mais ça, personne ne le savait encore. Nous étions dans le salon, ma grand-mère rangeait des choses, mon grand-père lisait le journal et moi, je regardais les images d’un programme de télévision. Et je l’ai vue : ELLE. Je n’ai jamais cessé de l’aimer alors imaginez comme j’attends avec impatience chaque film qui, de près ou de loin, parle d’elle.

Quand j’ai vu que Michelle Williams tenait le rôle de Marilyn, j’ai été plutôt satisfaite. Elle me semblait plutôt digne d’un tel rôle. Le reste du casting ? Des têtes déjà vues, bien sûr mais les noms m’échappent. Je ne me souviens que d’Emma Watson, en jeune habilleuse que je n’arrive pas encore à dissocier de son rôle d’Hermione (pardon mais c’est la vérité). Son rôle est de toute manière trop secondaire pour que l’on puisse se faire une idée du talent de l’actrice (ou pas).

Bien sûr, j’ai vu Le prince et la danseuse. J’ai même le dvd. Outre la présence de Marilyn, je n’ai pas vraiment aimé ce film qui ne m’a pas fait rêver une seconde, sans doute parce j’avais beaucoup de mal avec Laurence Olivier. Et puis le rôle de Marilyn n’est, là-dedans, pas réellement marquant…c’est le moins que l’on puisse dire. Je sais que les relations entre les protagonistes étaient tendues et que le tournage de ce film ne s’est pas fait dans la joie et a bonne humeur.

My week with Marilyn retranscrit bien ce sentiment. Si on y voit une Marilyn sexy, charmeuse, solaire, l’actrice est également montrée sous son jour le plus noir : toujours en retard, oubliant ses textes, buvant, se bourrant de cachets, soumises à des crises d’angoisse, sans confiance en elle, déprimée, en quête constante d’amour… Touchante et agaçante à la fois. Femme enfant, femme manipulatrice, femme perdue dans sa tête, femme paumée dans cette Angleterre où elle se sent seule. Ses rapports avec Laurence Olivier, plus que houleux, le mettent dans le plus grand embarras et comment cela aurait-il pu être autrement ? Il est anglais, travaille essentiellement au théâtre, aimerait devenir une vedette de cinéma. Marilyn est américaine, plus jeune, perturbée et est adulée dans le monde entier… Choc des cultures.

Michelle Williams est absolument charmante, habitée par un rôle qu’elle transmet à la perfection. Elle a réussi ce que je considère comme un tour de force : faire vivre Marilyn sans tomber dans la caricature. J’ai quand même beaucoup moins aimé la romance qui s’installe entre elle et Colin. Je ne sais pas s’il en parle de cette manière dans son livre mais j’ai eu du mal à me laisser transporter par cette amourette d’écoliers…Le film a sombré à partir de cet instant là, trop focalisé sur une pseudo histoire d’amour digne des scénarios de Plus belle la vie…

Ce qui m’a empêché d’adorer le film ? La réalisation ! Mon dieu ! C’est tellement plat, tellement lisse, tellement froid et tellement brut…les scènes s’enchainent les unes après les autres, petits morceaux de vie, petits instants de vie volés aux côtés de la star…sans passion. La même importance est donné aux anecdotes sans intérêt et aux « grands moments »… qui finissent, tous autant qu’ils sont, pas nous laisser de marbre. Esthétiquement, c’est donc très très décevant. Il manque un éclat, il manque du piquant, du pétillant ajouté au fait que les dialogues prennent parfois des détours un peu soporifiques. Une impression de longueur s’en ressent. J’ai parfois eu l’impression de regarder un (bon) téléfilm.

En somme, My week with Marilyn déconcerte. Si ce n’est pas un mauvais film, si l’actrice principale est géniale et l’ambiance de l’époque et des plateaux, très bien mis en scène, le film aura du mal à rester dans les mémoires (du moins dans la mienne). Je mets néanmoins 3/5 pour l’époque (j’adore les années cinquante), pour les décors et pour ces moment où, face à mon écran, je me demandais si c’était Michelle Williams ou la vraie Marilyn Monroe que je voyais évoluer devant mes yeux.

4 comments

    • petiteconne says:

      Documentaire…j’irai peut être pas jusque là. A mes yeux, un documentaire est impartial. Mais je suis pas une spécialiste. Là, on a quand même un point de vue, objectif ou non, celui d’un tout jeune homme qui débarque dans l’industrie du cinéma et qui rencontre Marilyn… le fantasme de tous les hommes de l’époque. Un documentaire se serait contenté de faire succéder des faits objectifs là encore, alors qu’on a une suite d’anecdotes personnelles, celles qu’a vécu Colin. J’ai rapidement lu quelque part qu’il avait caché cette histoire pendant très longtemps, qu’il ne l’a révélé que deux ans avant sa mort (il est décédé en 2002). Bref, où est la fiction, où est la vérité ? C’est aussi ça qui m’embête un peu dans le film.

    • petiteconne says:

      C’est vrai. C’est la grande réussite du film et finalement, c’est déjà ça. J’imagine pas le carnage si ça n’avait pas été le cas…

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