Critique Mordre au travers – Virginie Despentes

J’ai lu ce recueil dans la foulée, en quelques heures à peine, juste après avoir terminé Les chiennes savantes. Mordre au travers est un recueil de nouvelles écrites entre 1993 et 1999 et  crispera les âmes les plus sensibles. J’y ai retrouvé la dégueulasserie d’un Baise-moi, avec des descriptions parfois assez dures à lire, allant parfois jusqu’à l’écoeurement comme dans la nouvelle À terme que j’ai trouvé particulièrement dure. De mauvais goût, diront certains. Difficile de faire le résumé d’un recueil de nouvelles, c’est pour ça que je vais me contenter de parler rapidement de deux d’entre elles pour, peut-être, donner envie de lire les autres.

Ma préférée ? Domina. Car finalement c’est la nouvelle la plus romantique de tout le bouquin. Elle, elle s’est prostituée pendant des années avant de rencontrer LE garçon de sa vie. Il est beau, il est attentionné, il est gentil. L’homme parfait. Ils vivent le grand amour. Par respect pour lui elle a arrêté son métier mais depuis qu’elle ne fait plus la pute, ils ont de graves soucis d’argent. Au point de grappiller le moins centime, d’en faire des petites colonnes pour compter s’ils ont assez pour s’acheter un paquet de pâtes. Alors, doucement, en catimini, elle va tenter de reprendre le métier. Juste pour survivre. Juste pour qu’il survive. Juste pour que la vie continue d’être douce entre eux. Malheureusement, maintenant qu’elle est en couple les choses sont difficiles et elle lutte entre deux choses : son besoin d’argent et sa honte, celle de ne pas avoir une thune et celle de trahir son copain qu’elle aime tant, pourtant. J’ai aimé ce couple d’amoureux aux sentiments si sincères. Mais différents face à l’épreuve. Elle, si consciente de leur chute. Lui, si insouciant, victime et à la fois bourreau car il laisse finalement le soin à sa chère et tendre de se rouler dans la boue.

En deuxième choix je parlerais de Sale grosse truie, ou l’histoire d’une femme au physique ingrat, grosse, pas sure d’elle qui vit avec un mari séducteur, respectueux, mais séducteur. Un homme là sans être là, qui découche souvent, ne la tient au courant de rien, ne sort pas souvent avec elle malgré un visible attachement pour sa personne. Par honte d’elle ? Ou est ce elle, finalement, qui se voit tellement moche qu’elle imagine que tout le monde la repousse ? L’ambiguïté, du moins pour moi, restera totale jusqu’à la fin(est elle vraiment si laide ?) car je connais bien ce qu’on se raconte, nous les filles, dans les moments de déprime où nous nous pensons les plus moches de l’univers. J’ai aimé cette nouvelle pour sa cruauté mais aussi pour les sentiments exprimés. Ceux du refus de soi, de sa propre image. La honte, la peur d’être trompée, le soupçon et surtout la souffrance d’exister. Triste et gore.

J’ai également beaucoup aimé la nouvelle Lâcher l’affaire car l’histoire et la fin m’ont fait penser à une chose que j’ai écrit il y a quelques années et qui passerait limite pour une copie…Pour finir, j’avoue avoir été un peu déstabilisée par la dernière nouvelle Des poils sur moi, ou l’histoire d’une femme qui se transforme apparemment en une sorte de louve. Difficile de vraiment comprendre et surtout, d’assimiler les métaphores si métaphores il y avait…Mouais.

En résumé, Mordre au travers est une série de onze petites histoires plus ou moins acides qui témoignent d’un monde bien loin d’être parfait. Dommage que, comme souvent les femmes des œuvres de Despentes soient toutes des putes et les hommes, tous des pervers dégueulasses. L’auteur penserait-elle que dans la vie, il n’y a rien à sauver ? Tout à vomir ?

One comment

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