Minuit à Paris

Date de sortie :11/05/2011

Note : 4/5

Gil et Inez sont deux jeunes américains, sur le point de se marier. Peu avant de convoler en justes noces, ils s’autorisent un petit séjour à Paris…escortés par les parents d’Inez. Alors que Gil, qui a déjà vécu à Paris dans le passé, retrouve avec plaisir une ambiance et un paysage qui lui plaisent plus que tout, Inez s’ennuie, rêve de Malibu et n’hésite pas à ridiculiser son futur mari dès qu’elle trouve une oreille pour l’écouter. Malgré tout, le jeune couple aurait pu continuer sur cette routine si Gil n’avait pas fait une découverte de taille : toutes les nuits, à minuit, une voiture ancienne passe le chercher et l’emmène dans le Paris des années vingt, une époque qu’il aime par-dessus tout…

De l’amour, de l’art et de la nostalgie, voilà les trois entités qui traversent la dernière œuvre de Woody Allen qui, j’avoue, m’a agréablement surprise. Sans être une grande fan, ni une grande connaisseuse, j’avoue avoir vu la plupart de ces films même si avec le temps, je confonds souvent les titres et les histoires de son impressionnante filmographie. Habituée à voir ses personnages évoluer dans un cadre petit bourgeois, bobo, artiste et tout le tralala, je n’ai pas été étonnée par la panoplie de personnages que le réalisateur déploie sous nos yeux dans un premier temps. Ce couple au bord de la crise nerfs, pas très stable ni très aimant, on le retrouve dans bien d’autres films de Woody. Impossible également, au passage, de ne pas faire le lien entre le réalisateur et le personnage de Gil (réalisateur, écrivain, anxieux, stressé et idéaliste par dessus tout), trop similaires pour que ce soit un pur hasard.

Pourtant, tous les petits repères habituels se trouvent brouillés quand, par hasard, lors d’une escapade nocturne, Gil se retrouve nez à nez avec une voiture étrange où l’écrivain F. Scott Fitzgerald et Zelda, sa femme, s’apprêtent à rejoindre une fête parisienne où bien d’autres artistes les attendent. Étonné puis conquis, Gil se laisse emmener dans une époque qui n’est pas la sienne et s’offre le luxe de parler de son roman en cours à Ernest Hemingway en personne. Au milieu de ces fêtes parisiennes d’un autre temps, l’apprenti écrivain rencontre la belle Adriana (Marion Cotillard), l’actuelle muse de Picasso dont il va éperdument tomber amoureux. Bientôt, la double vie de Gil va légèrement se compliquer. En 2010, le jour. En 1920, la nuit…que va-t-il choisir ?

Je ne m’attendais absolument pas à ce type d’histoire et à ce type de digressions fantastiques, voilà pourquoi j’ai été si séduite et si enthousiaste au tout long du film. J’ai adoré ces rencontres étranges (Adrien Brody en Dali, mais quelle bonne idée !). Woody Allen semble s’être fait plaisir, reconstituant le Paris des années 20, puis le Paris de la fin du XIXe siècle. La ville de Paris, actuelle ou historique, est magnifiée, mise en beauté, rendue belle et poétique.

J’ai trouvé que Minuit à Paris était un film charmant, mélancolique et très gai à la fois. J’ai aimé la mise en scène de personnages illustres tels que Gaughin ou Dali et encore plus les décors et les costumes d’époque. Qui n’a jamais rêvé de retourner dans le passé et de rencontrer ses idoles d’un autre temps ???

Mais ce qu’il y a de plus beau, de sage et sur tout de très optimiste dans ce film, c’est qu’au final, malgré tout, c’est le présent qui est choisi et non pas le passé, même s’il parait plus beau et plus romantique. La relativité du « c’était mieux avant » est mise en relief, sans pour autant condamner les doux rêveurs qui se plaignent « d’être nés trop tard ». Au final, un peu d’humour, des personnages plein d’insatisfaction qui nous parlent forcément, des acteurs parfaits, de belles images de la capitale (et un peu de clichés, aussi), de la dérision et un peu de philosophie de vie… de quoi passer un bon moment !

À noter que (et j’attendais avec une certaine « hâte » son arrivée) je n’ai pas trouvé Carla Bruni si mauvaise que ça. Ni bonne, ni mauvaise. Si ce n’est qu’elle m’agace toujours autant et qu’il était plutôt étrange de la voir dans un film…

4 comments

  1. Roodkaphe says:

    J’avais aussi été un peu surprise de la tournure fantastique, mais je ne m’étais pas vraiment renseignée avant d’aller le voir. Mais au final j’avais bien aimé l’ambiance du film.

    • petiteconne says:

      Voilà, moi non plus je ne savais pas trop de quoi parlait le film. Généralement j’essaie de ne pas voir les bandes annonces et de ne pas trop en lire avant de voir en film. Généralement je les choisis pour un casting, pour un réalisateur ou juste au hasard ^^ Mon prof de ciné, je m’en souviens, condamnait le surplus de littérature autour d’un film car cela tue la surprise. Finalement je suis bien d’accord avec lui, autant ne pas en savoir trop…

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