Melancholia

Sortie : 10/08/2011

Note : 3/5


L’histoire de Melancholia ne tient pas en trois pages mais juste en quelques mots : Justine et Michael sont beaux, ils semblent s’aimer et le film commence le jour de leur mariage, au moment où ils s’apprêtent à faire la fête avec leur famille et leurs amis. Cette fête a lieu chez la sœur de Justine, Claire, qui a consciencieusement préparé chaque détail de la soirée. Et pendant que tout le monde s’affaire et s’amuse (ou pas), la planète Melancholia se rapproche de la terre, prête à exécuter ce que des scientifiques ont appelé « la danse de la mort ». Comme un air de fin du monde…

Melancholia est un film étrange qui commence par une série de visions cauchemardesques mais non moins étranges elles aussi. Sept minutes d’images quasi fixes, aux couleurs et à l’ambiance glauque et hypnotisante à la fois, même si on a connu des débuts de films plus attractifs. Si la beauté et la tragédie des images sont certaines, j’avoue que ce n’est pas mon truc et que cette introduction m’a paru vaine et surtout très prétentieuse, très « regardez, je fais de l’art ! ».

Impossible pourtant, au début de Melancholia, de ne pas penser au film Festen pour le côté « réunion de famille et règlement de comptes ». Justine et sa sœur Claire, si différentes, oscillent sans cesse entre la haine et l’amour fou. Leurs parents, divorcés et réunis pour l’occasion, semblent être prêts à s’entretuer d’un instant à un autre. Bref, que du bonheur et une soi-disant « fête » sous tension.

Melancholia est aussi, et avant tout, l’histoire d’une femme, Justine (Kirsten Dunst). Justine a évidemment tout pour être heureuse (sinon c’est pas drôle) : un super boulot tout neuf, un magnifique mariage payé par sa sœur et son beau-frère et un superbe mari (miam). Pourtant, Justine est totalement ravagée par la mélancolie et absolument incapable d’être heureuse, même le jour de son mariage. Le cheveux terne, elle fait la gueule au fond de sa chambre, reste collée à son fauteuil et n’est même pas capable de rendre l’amour qu’on lui donne ou d’être un tant soit peu reconnaissante. Un amour quoi. On assiste, un peu déboussolés, à son auto-sabotage de A à Z.

Justine trouve refuge chez Claire, à qui la seconde partie du film est consacrée, comme dans un effet de miroir. Beaucoup plus raisonnable, beaucoup plus sage et politiquement correcte, Claire n’en reste pas moins pétrifiée devant cette fin du monde qui s’approche tandis que sa sœur, résignée à tout, même à mort, semble l’attendre avec une certaine impatience.

Bon alors au final…j’ai aimé ou j’ai pas aimé ??? Et bien pour tout vous dire (et je suis certaine que vous êtes des centaines à attendre mon verdict ahah !) : je ne sais pas. Je ne sais pas car tout en le trouvant parfois long, je ne me suis pas vraiment ennuyée. Je l’ai trouvé prétentieux et en même temps, absolument subjuguant comme film. J’ai beaucoup aimé les décors, les personnages, leurs relations et cette ambiance angoissante, perturbante de ce pesant « va-t-on mourir, va-t-on pas mourir ? ». La fin du film, totalement envoûtante, parvient presque à faire oublier les plans au ralenti du prologue, qui prennent pourtant tout leur sens à mesure qu’avance l’histoire.

Légèrement déprimant, au final. Mais beau.

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4 comments

  1. zofia says:

    J’ai l’impression d’avoir vu 2 films en un ! la partie Justine m’a passablement fait chier, c’est vrai que ça ressemble pas mal à Festen mais je n’ai vu aucune allusion à Melancholia ou une possible fin du monde, ça m’a paru totalement occultée. Tandis que la seconde partie est prenante, intéressante, on en apprend un peu plus sur les personnages (d’ailleurs John c’est un sacré beau lâche), la relation de Justine et Claire et on voit enfin Melancholia ! J’aurais de loin préféré que la 1ère partie fasse un peu référence à ça genre que les invités en parlent au mariage etc

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