L'orphelinat

Film espagnol

Date de sortie : 05/03/2008

Note : 4/5

Jadis, Laura a vécu dans un orphelinat. Elle y a vécu une enfance plutôt heureuse, entourée d’autres orphelins qu’elle considérait comme ses frères et sœurs. Puis, elle a quitté les lieux. Elle y revient des années plus tard, une fois adulte, avec celui qui partage sa vie et Simon, leur fils, adopté lui aussi. Elle souhaite rénover l’édifice pour en faire en centre d’hébergement pour enfants à problèmes. A mesure que leur installation se concrétise, Simon commence à se livrer à des jeux étranges, des jeux avec ses amis que Laura pense imaginaires… Elle est bien loin de se douter que ce drôle de comportement annonce autre chose et qu’un mystère, tombé dans les oubliettes, est sur le point de remonter à la surface…

Avant de voir L’orphelinat, j’étais persuadée de connaître l’histoire, d’avoir vu le film. Avec du recul, j’ai fini par réaliser que ce n’était pas le cas et que je le confondais avec un autre film, un film français : Saint-Ange (deux femmes dans un vieil orphelinat paumé, une histoire glauque avec des enfants,…).

J’ai beaucoup aimé le décor de ce film. Cette vieille demeure isolée, au passé chargé ramène immédiatement vers le bon vieux thème de la maison hantée, classique mais ô combien euphorisant pour les amateurs du genre. Les recoins de la maison, les craquements, les pièces sombres et poussiéreuses sont autant d’éléments qui, à tort ou à raison, nous font peu à peu basculer dans le domaine du fantastique. Inutile de s’attendre à des clichés pour autant, L’Orphelinat est au-dessus de tout ça et renouvelle les codes du genre en ne nous donnant pas toujours ce qu’on s’attendrait à voir. L’extérieur joue également un rôle important. Je pense à la nature environnante qui coupe du reste du monde mais aussi à la plage et surtout à la grotte qui prendra, par la suite, un rôle encore plus important que ce qu’on pouvait imaginer au départ. Évidemment, le début peut sembler long à démarrer. Personnellement, j’ai été surprise par les évènements, je ne m’attendais pas à ce que Simon disparaisse et surtout, pas si vite ! Pourtant, n’imaginez pas que cette attente soit synonyme d’ennui. Au contraire ! Ce climat anxieux et tendu fait naître une certaine ambiance, un état d’esprit qui nous préparent à la suite.

En effet, si les premières minutes s’attardaient sur la relation fusionnelle entre Laura et Simon, la suite du film n’en devient que plus forte et émouvante : privée de ce fils qu’elle aime tant, Laura cherche la réponse à ses questions. Persuadée que le passé cherche à se connecter au présent, elle va de plus en plus se consacrer à sa quête et se prête à ce jeu de pistes qui ne semble jamais finir, plongeant toujours un peu plus loin dans le surnaturel. Son homme? Le présent? Le réel et le concret? Tout cela passe à la trappe. Et si le tout devient crédible et tient en haleine, c’est surtout grâce à un très bon scénario. J’aime ces films où des évènements isolés, apparemment sans lien les uns avec les autres, sans fil conducteur, s’avèrent être la trame d’une même histoire au service d’un même dénouement. J’aime aussi qu’on perde le spectateur, qu’on nous donne plusieurs pistes pour, au final, nous faire revoir notre jugement en nous apportant de nouveaux éléments qui changent tout. Les personnages, celui de Laura en tête, sont également très fouillés, complexes. Car L’Orphelinat n’est pas seulement un film d’horreur. Pas seulement un film d’angoisse. L’orphelinat est un film qui parle de sentiments, d’amour même. Celui de Laura pour Simon. Celui de Simon pour Laura mais également celui de Laura pour ceux qui errent silencieusement dans l’orphelinat.

En résumé, j’ai aimé L’Orphelinat car je l’ai trouvé efficace sans être trop tape à l’œil comme aurait pu l’être un film américain à gros budget. Beaucoup de subtilités, de sobriété et une mise en scène juste assez présente pour stimuler l’imagination sans trop en montrer pour autant. Du début à la fin, l’Orphelinat nous réserve des surprises et se paye le luxe de nous offrir une fin loin d’être décevante. Un beau film sur les fantômes du passé. Très nostalgique.

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2 comments

  1. petiteconne says:

    Oui c’est vrai qu’il est pas très très joyeux, mais pas larmoyant pour autant. J’ai envie de dire que l’histoire est super cruelle en définitive. J’aurais aimé le voir au ciné, ça doit être encore mieux qu’à la maison.

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