Le silence de Lorna

Film franco/belge

Date de sortie : 27/08/2008

Note : 3/5

Lorna est amoureuse de Sokol. Tous deux sont albanais et ont un rêve : ouvrir un snack. Malheureusement, pour pouvoir faire un prêt et acquérir un bien, Lorna doit acquérir la nationalité belge. Pour cela, elle rentre dans la machination de Fabio, un homme aux activités troubles. Ce dernier lui organise un mariage avec Claudy, un camé qui accepte le deal pour de l’argent. Ensuite, Lorna devra divorcer pour épouser à son tour un russe prêt à payer une fortune pour devenir belge lui aussi. Ces petites magouilles ne sont pas sans risques et à tous moments Lorna craint de voir les forces de l’ordre lui tomber sur le coin du museau. Surtout que Fabio, qui désire que le second mariage se fasse très vite, a prévu de tuer Claudy…

En toute honnêteté, je ne peux pas dire que je n’aime pas le cinéma des frères Dardenne. Je me rappelle entre autres du film L’enfant que j’avais adoré. Rosetta était également intéressant. Mais voilà, je ne peux pas dire non plus que je suis une fan absolue sachant que finalement, j’ai vu peu de leurs films. J’ajouterai aussi que leurs productions me font un peu peur. Les histoires qu’ils racontent sont toujours arides, témoignages des comportements humains sous leurs aspects les plus sombres, sans doute, mais quand même parfois durs à encaisser. On ne regarde pas un de leurs films pour se divertir ou se remonter le moral. Voilà pourquoi j’ai commencé Le silence de Lorna avec un petit apriori…qui s’est vite envolé.

Lorna (jouée par Arta Dobroshi, une inconnue qui s’en tire plutôt bien) se trouve constamment confrontée à des dilemmes moraux bien difficiles à démêler. Qui doit-elle faire passer en premier ? Elle et son homme ? Doit-elle continuer à aimer un homme qui la laisse se dépatouiller avec ses problèmes ? Et Claudy dans l’histoire ? Malgré un certain agacement, ses silences et son indifférence, elle se laisse de plus en plus attendrir par cet homme en proie à ses démons mais qui se révèle, sans doute, être le plus gentil ? J’ai d’ailleurs beaucoup aimé Jérémie Renier est génial dans ce rôle de drogué en manque d’attention, toujours prêt à replonger. On ne sait jamais s’il faut lui faire confiance ou pas. Un homme qui mériterait d’être aimé pour de vrai, mais trop victime de ses addictions pour pouvoir rêver d’une vie banale. Difficile aussi de cerner la relation qu’il a avec Lorna, sans doute qu’il en attend beaucoup qu’elle ne souhaite lui en donner au départ. Avec ses yeux de chien battu et ses appels à l’aide, je l’ai trouvé très touchant.

La réalisation est classique, sans originalité, sans fantaisies. Très peu de musique dans ce film. Du point de vue du scénario, rien à redire. Malgré un rythme plutôt lent le film nous réserve pas mal de péripéties. Évidemment, certaines scènes sont un peu longues pour rien et semblent inutiles, voire ratées, mais elles restent quand même rares. Des dialogues certes, mais pas de longues parties de blabla car dans ce film, les émotions passent plus par les expressions que par les mots ce qui rend certaines choses assez difficiles à cerner.

Les réalisateurs nous présentent une vision du monde bien noire où tous sont niés dans leur humanité. Le but est de faire de l’argent, de l’argent, encore de l’argent sans se soucier de détruire les gens au passage. Même Lorna, tellement forte en apparence, n’est qu’un petit pion sans défense sur l’échiquier. On la tolère seulement parce qu’elle est utile. Malgré tout, je ne pense pas que Le silence Lorna soit un film engagé. Il va au-delà des petites revendications et surtout, au-delà du jugement. Une merveilleuse empathie s’installe entre l’héroïne et les spectateurs. Lorna fait de la merde, c’est sûr, elle est rentrée dans un système qu’elle ne maîtrise pas une seconde, mais on voudrait qu’elle s’en sorte. On rêve d’une happy end pour elle tout en étant conscient, dès le départ, qu’elle sera impossible à obtenir. La fin du film, étrange et douce à la fois, m’a plongé dans une sorte d’incompréhension. Non, c’est sûr, je n’ai pas aimé comme le film se termine car pour moi c’est une « non-fin » et je trouve ça dommage. Trop bâclé à mon goût.

Le silence de Lorna est un film qui traîne dans nos têtes des heures après le visionnage. Il parle d’humanité. De celle qui manque et de celle qu’on peut se découvrir. Ce drame social est évidemment sordide et cruel mais on sera charmés par les personnages.

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2 comments

  1. zofia says:

    J’ai également quelques réticences vis à vis des films des frères Dardenne, toujours trop bien, trop attendus, toujours à Cannes, toujours plébiscités… à la longue, ça me soule un peu (comme avec Clint Eastwood). Mais j’ai vu Le silence de Lorna, et j’avais bien aimé, surtout cette héroïne et la relation avec Jérémie Rénier, c’était assez émouvant. Mais je me souviens plus trop comment ça finit…

  2. petiteconne says:

    Moui, j’ai été fort désappointée quand le personnage a disparu de l’histoire… 🙁

    La fin du film se passe dans une foret…peut être que ça te rappelle quelque chose?

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