L'agence

Film américain

Date de sortie : 23/03/2011

Note : 3/5

La carrière de David Norris est en pleine expansion. C’est la politique qui l’intéresse. En effet, il a pour but de devenir sénateur. Son quotidien est fait de discours, de réunions, de discours, de réunions… Au cœur de cette vie sérieuse entièrement dévouée au travail, il va y avoir une rencontre. La rencontre entre David et Élise, une belle inconnue un peu fofolle qu’il rencontre par hasard, dans les toilettes pour hommes. Ils se perdront de vue, pour ensuite de retrouver, puis se perdront de vue…encore ? Simple hasard ? Fatalité ? Pas sûr ! David le sait, David le sent, il faut qu’il la retrouve ! Au cours de ses recherches, il finira par comprendre qu’il n’est pas le seul en lice, pas le seul à décider et que la notion de Destin n’est pas aussi claire et nette que l’on pouvait se l’imaginer.

À la base du scénario du film, il y a une nouvelle écrite en 1954 par Philip K. Dick. Rajustement est une œuvre dans laquelle sont développés des thèmes bien précis tels que la manipulation du réel et le libre arbitre. Je n’ai malheureusement pas lu cette nouvelle et je ne peux pas juger mais selon plusieurs sources, le film est une adaptation très très libre. À noter que plusieurs œuvres de cet auteur ont été adaptées au cinéma, notamment le roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques devenu Blade Runner au cinéma (on compte aussi Minority Report, etc…).

La première partie de L’agence est absolument euphorisante, on se dit que ça va vraiment être un grand film ! En effet, les grands enjeux dramatiques sont très rapidement posés, très très clairs (sans doute pour ne pas perdre les gens en chemin car ce film se veut évidemment grand public, pas élitiste). En gros, il s’agit de confronter un jeune homme politique avec les membres d’une société secrète (donc ignorée de tous), apparemment maîtres du destin de tout un chacun. Si le début du film fonctionne très bien, c’est qu’il fait mouche ! En effet, il cumule plusieurs points très positifs : le mystère en première ligne. Car oui, pour les spectateurs, c’est un choc. Le monde qu’on lui présentait jusque-là n’est pas si normal qu’il en avait l’air, au contraire, il recèle bon nombre de réseaux souterrains. Les membres de cette Agence secrète sont là pour nous remettre constamment sur le droit chemin afin que nous suivions un plan, préalablement tracé pour nous, et dont nous ne devons absolument pas dévier. Évidemment, notre intérêt et notre attention sont à leur maximum et l’on attend énormément de la suite, du déroulement des opérations quoi. De plus, on touche à des thèmes importants et universels tels que le libre arbitre. Décider de la voie que l’on veut suivre, être le maître de son destin…voilà des choses qui parlent à tout le monde. Une petite touche d’ange gardien par ci, une touche de divinité par là (qui est le Grand Patron ?). Il y a de l’amour, aussi. Si l’histoire entre David et Élise commence ultra rapidement (coup de foudre dans les toilettes, bisou et hop, première disparition), elle reste tout à fait crédible et le couple Matt Damon/Emily Blunt fonctionne superbement bien. On y croit. La suite ? C’est en grande partie sur le personnage de David que l’intrigue repose puisque c’est bien lui, et seulement lui, qui a toutes les clefs en main. Il sait qu’Élise lui est interdite, il sait qu’il va devoir sortir des rails, mais à aucun moment il ne lâche l’affaire. Cela donne un côté très romanesque à l’affaire.

Puis, sans qu’on comprenne vraiment pourquoi, le film s’enlise, perd du rythme et l’on décroche par intermittences. Pourquoi ? Sans doute parce que bon nombre de situations reviennent trop souvent. On a l’impression de voir toujours les mêmes scènes. Le scénario nous donne l’illusion d’avancer mais finalement, on stagne. De plus, même si l’histoire d’amour devait évidemment avoir son importance (je suis loin d’être contre, bien au contraire), je trouve que le film lui laisse trop de place au détriment des vraies questions, notamment sur cette idée de manipulation. David se rebelle contre cette société secrète, certes, mais c’est juste parce qu’il veut récupérer Élise. Et le reste de sa vie dans ce cas ? ça ne compte pas ? Comment arrivera-t-il à gérer son futur en sachant que ses moindres faits et gestes sont contrôlés par une puissance supérieure ? On ne nous en parle pas, comme si ça n’avait pas le moindre intérêt. Beaucoup trop de simplifications en définitive. Loin de l’apothéose attendue et espérée, la fin de ce film m’a laissée de marbre. Dégoulinante de guimauve et de bons sentiments…(si je voulais ce genre de scènes, j’ai qu’à mater un téléfilm d’M6!).  C’est trop gentillet, trop politiquement correct ! Ennuyant ! L’histoire aurait mérité quelque chose de plus percutant, elle serait ainsi restée dans nos esprits.

En résumé, L’agence aurait pu être un film sortant vraiment de l’ordinaire. Au final, malgré un bon début, une bonne réalisation et des bons acteurs, il reste un bon divertissement comme on en voit tant. On a l’impression que le réalisateur, dans sa volonté de contenter tous les types de public, nous a fait un film qui ne ressemble plus à grand-chose au final, même s’il reste agréable à regarder. Dommage ! En pensant à ce qu’il aurait pu être avec un peu plus de fond, de folie et de caractère, on a presque envie de pleurer…

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2 comments

  1. zofia says:

    Le personnage de David, très charismatique, m’avait paru très fort, très juste. Mais la fin est beaucoup trop moralisatrice. En gros, j’ai pensé la même chose que toi, sauf que j’avais vu que le film était classé dans la catégorie « romance » donc je me doutais que l’histoire d’amour allait être prédominante.

  2. petiteconne says:

    Voilà, je m’attendais à plus de suspens et plus de réflexion.

    On est d’accord, la fin est naze! dommage! car tout grand film se doit d’avoir une super fin…

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