La vie devant ses yeux

Film américain

Date de sortie : 17/09/2008

Note : 3.5/5

Le lycée de Briar Hill, une banlieue sans histoires, fut jadis le théâtre d’une scène sanglante et cruelle. En effet, un jour comme un autre, des élèves, habité d’une certaine folie, arriva dans le bâtiment et tira sur tout le monde. Diana était là. Quinze ans plus tard, elle semble avoir réussi à se construire une vie sans histoires. Elle est devenue professeur des beaux arts à l’université, s’est marié avec Paul et ensemble, ils sont les heureux parents d’une petite Emma, mignonne petite blondinette déjà un peu rebelle. Mais l’anniversaire du drame approchant, Diana devient de plus en plus perturbée. Tous ces souvenirs remontent soudainement à son esprit, avec en tête celui de Maureen, sa meilleure amie de l’époque qui était avec elle, face au tueur, au moment du drame.

Le personnage de Diana est joué par deux actrices que j’aime particulièrement : Uma Thurman l’incarne en tant que femme et Evan Rachel Wood, en tant qu’adolescente. Les aller et retour entre le passé et le présent sont constants mais ce n’est pas une torture car on aime en apprendre toujours plus sur les personnages (d’où les flashs back) et c’est avec plaisir qu’on retrouve simultanément les deux actrices. Le réalisateur a donc construit son film sur deux niveaux qui fonctionnent et progressent en parallèle. Quelle que soit l’époque, Diana est une femme perturbée, toujours à la recherche de quelque chose, toujours un peu en décalage et, adulte ou adolescente, elle ne semble pas bien le vivre. J’ai particulièrement apprécié les passages qui évoquent la vie de l’adolescente car j’ai trouvé les dialogues et les situations très justes, pas du tout caricaturales. Le personnage de Maureen, l’amie sage de Diana-la-trainée est également très sympathique et leur amitié incarne bien le genre de relations fusionnelles que l’on peut avoir ses amis lorsque l’on a dix-sept ans.

La mise en scène, raffinée, est portée par des images très belles, très poétiques qui participent vraiment à l’ambiance particulière dans lesquels les souvenirs de Diana évoluent. Dans sa mémoire, tout n’est pas fluide, certains passages peuvent donc paraître un peu brouillons, pas très logiques mais cela fait un peu penser aux rêves que l’on peut faire et où des choses, apparemment sans lien, s’enchaînent avec une logique déconcertante. Bon, il est vrai que malgré le montage original, ce film est assez lent mais cette lenteur nous amène à nous poser beaucoup de questions. Sans que la fin nous semble prévisible, nous nous rendons vite compte que toute la vérité n’a pas été dite sur le drame et que la suite des évènements nous réserve quelques surprises.

SI VOUS N’AVEZ PAS VU CE FILM, JE VOUS CONSEILLE DE NE PAS ALLER AU DELA, AU RISQUE D’EN SAVOIR UN PEU TROP…

Parlons de la fin, justement. Si elle n’était pas si bouleversante, le film n’aurait pas le même intérêt. Lorsque l’on arrive aux dernières scènes, tout se met en place, tout devient plus clair. La vie devant ses yeux porte bien son nom puisqu’il joue sur le rapport entre passé et présent. Durant tout le film on est persuadés que la Diana devenue adulte se penche sur son passé…et on a tort, puisqu’au contraire, c’est l’adolescente sur le point de mourir qui imagine sa vie telle qu’elle aurait été si elle avait vécu. Son mari, sa fille sont des personnes rencontrées par hasard avec lesquelles elle n’a jamais eu de liens. Sa vie, son quotidien, est celui de la vie tranquille qu’elle aurait peut-être voulu avoir. Ou pas. Car Diana ne savait pas vraiment ce qu’elle voulait. Pour moi, tout a été très clair et j’ai été surprise de lire beaucoup de critiques de spectateurs avouant ne rien avoir compris… De mon côté, j’ai pris ce film comme un discours sur le libre arbitre. Diana voulait décider de sa vie, ne pas être une victime qui se laisse porter par les évènements. Elle s’est sacrifiée pour son amie en sachant très bien ce qu’elle faisait. Cela n’empêche pas de trouver cela cruel, même si aucune vie n’a plus de valeur qu’une autre.

La vie devant ses yeux est un film à la fois doux et mélancolique. Il laisse une drôle d’impression, quelque chose de cruel, quelque chose d’amer. Je dirais également qu’il frôle le registre fantastique même s’il prend pied dans un contexte bien réel et plein de violence.

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3 comments

  1. zofia says:

    Je note aussi celui-là 😉
    Ces derniers jours,j’ai Les châtiments avec Hilary Swank, The descent 2, Casino Royal, Quantum of solace et Podium. Du bon et du moins bon… The descent 2 est pas mal mais ne vaut pas le 1, Casino Royal et Les châtiments sont intéressants.

    • petiteconne says:

      J’ai vu ces deux James Bond au ciné et bien que je ne sois pas fan de ce genre de films, je les ai trouvé pas mal du tout. Notamment Casino Royal car il y a Eva Green, une actrice que j’adore et qu’on voit trop peu souvent…

  2. zofia says:

    Oui il est meilleur pour moi que sa suite, j’ai trouvé les raisons du 2 trop tirées par les cheveux, et Casino Royal avec sa partie de poker est beaucoup plus intense

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