La robe du soir

Film français

Date de sortie :24/02/2010

Note : 2/5

Juliette est en 5ème. Jeune fille timide et introvertie, elle mène sa petite vie entre sa mère et ses deux frères. Cette année, elle est totalement hypnotisée par Madame Solenska, sa prof de français. Et cette femme a de quoi lui plaire, très proche de ses élèves, pleine de fantaisies, elle aime les séduire, leur plaire et leur enfoncer au passage quelques notions de grammaire dans le crâne. Bonne élève, Juliette aime à penser qu’elle entretient une relation privilégiée avec cette prof, même qu’elle est son élève préférée. Le jour où elle comprend qu’Antoine se rend régulièrement chez Madame Solenska, Juliette devient folle de jalousie. Son imagination s’emballe, ses sentiments aussi.

La robe du soir m’a terriblement fait penser à un autre film La naissance des pieuvres. Les deux films ont pour point commun de parler de la naissance du désir adolescent, un désir pas forcément « normal » (bien que je n’aime pas ce terme, je ne sais pas comment exprimer cette idée). Dans le second, une adolescente éprouve une attirance pour une de ses camarades. Dans La robe du soir, une ado se prend de passion pour une de ses profs, une femme d’âge mûr qui plus est. Et ce coup de foudre, cet amour dévorant, ces sentiments sont terriblement bien mis en scène et parleront à tous ceux qui, un jour, ont flashé sur un prof. Sauf que là, ça va loin. Les sentiments de Juliette, qui ne semble avoir que ça en tête, tournent à l’obsession. Dès lors, une sorte de descente aux enfers se met en marche, Juliette va foutre en l’air le peu de vie sociale qu’elle avait et se foutre à dos la personne qu’elle admirait le plus.

J’ai aimé le décryptage des sentiments adolescents, la mise en scène de ce fameux mal-être, les scènes de crises, les scènes de rêve, les scènes de vie tout bonnement. La confusion qui habite Juliette qui ne sait plus du tout à quel saint se vouer, est très intéressante et à mes yeux, aurait mérité un autre traitement. Le premier quart d’heure est tout simplement envoûtant et laisse présager une suite du même calibre…sauf que non. J’ai beaucoup moins aimé les dialogues très lourds, le personnage de la prof trop caricaturale, trop osée pour être vraie. Lio en fait des tonnes, parle comme un livre ce qui la rend tout, sauf naturelle et encore moins crédible. Les nombreuses longueurs,sensées nous plonger dans les divagations et les frustrations de Juliette sont quand même lourdes à porter à la longue. Au bout de trente minutes, j’ai regardé ma montre et j’ai été horrifiée à l’idée de n’en avoir même pas fait la moitié. Impression également qu’on frôlait souvent l’ambiance téléfilm, trop de décors réalistes, pas assez de style. Trop de clichés. Tous les efforts sont concentrés dans l’histoire mais aucune esthétique particulière. C’est plat, sobre, mou. Trop lisse. Pour moi, La robe du soir est un film plein de bonnes intentions, qui aurait pu être intéressant mais qui se révèle, au final, terriblement bancal.

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