Critique La couleur des sentiments

Sortie : 26/11/2011

Note : 4/5

 

Nous sommes en plein cœur des années 60, dans la petite ville de Jackson. Skeeter est une jeune femme pleine de belles idées qui, contrairement à ses collègues issues de la même bourgeoisie sudiste, n’a pas le mariage comme seul objectif. Elle veut être journaliste, travailler, être indépendante. Et puis tant pis si les garçons ne la regardent pas, elle a l’habitude… Venant de terminer ses études à l’université, Skeeter apprend avec désespoir que sa nourrice/bonne est partie de la maison. Elle se prend donc d’une nouvelle lubie : écrire un livre avec pour thème, la condition des bonnes noires. Pour une fois, elles pourront sortir du silence et dire ce qu’elles pensent vraiment dans une Amérique où la ségrégation est encore monnaie courante…

La couleur des sentiments est un film lumineux. L’époque, les mœurs, les décors sont 100 % années 60 et l’effet global est particulièrement bien réussi. Un vrai bonheur. La photographie est très belle, les images très esthétiques tout en restant très réalistes. Le film flatte l’œil.

Les prestations, presque exclusivement féminines, sont absolument géniales, chaque actrice étant au top de son art. Emma Stone tient bien la route en jeune fille idéaliste, Bryce Dallas Howard est géniale en garde immonde et j’ai adoré le personnage joué par Jessica Chastain qui campe une Célia tellement bipolaire mais tellement attachante…Viola Davis et Octavia Spencer incarnent avec beaucoup de talent les deux domestiques noires autour desquelles ce récit est centré, entre révolte et amour car ces bonnes sont également attachées à ces familles qui sont parfois également leurs bourreaux.

Alors d’accord, on pourrait dire que La couleur des sentiments est un film qui manque de nuances. Il est vrai que la majorité des patronnes dont on nous parle sont méchantes, voire cruelles (le coup des WC séparés pour éviter les maladies m’a scié en deux). Il est vrai que toutes les bonnes qu’on nous donne à voir sont courageuses, débrouillardes, plein de bonnes intentions et soucieuses de nourrir leur famille. Elles ne volent pas. Elles n’ont pas la flemme, bref : elles sont exemplaires. Il est clair que le film a un parti pris, il est du côté des noirs et finalement j’ai envie de dire : heureusement ! J’ai même envie d’ajouter que ce film est un peu trop sage et aurait pu aller bien plus loin dans sa thèse ! A chaque fois ces histoires de ségrégation me surprennent, j’ai l’impression que c’était il y a des siècles, puis je réalise que ce n’est pas si vieux…

Ce film garde l’humour malgré un sujet des plus difficiles et a l’avantage extrême de ne pas sombrer dans le larmoyant facile. Il y a des scènes très émouvantes, certes, mais sobres et pleines de dignité alors qu’il aurait été facile de faire chialer dans les chaumières en rajoutant un peu plus de mélo par ci, par là. Rien que pour ça… bravo !

Moi qui voulais lire le livre…Le film ne m’en a pas découragée, bien au contraire ! J’ai bien envie de retrouver ces personnages et leurs histoires…

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