La comtesse

Film franco/allemand

Date de sortie : 21/04/2010

Note : 3.5/5

La comtesse Elizabeth Bathory, devenue veuve,  se trouve à la tête d’un vaste domaine et surtout, d’une fortune absolument conséquente. Loin d’être une jeune femme effacée, Elizabeth a du caractère, de l’ambition, et s’impose peu à peu dans la Hongrie du XVIIe siècle, même aux yeux du roi. Cette femme qui a tout pour elle tombe amoureuse d’un jeune homme, bien plus jeune qu’elle, mais qui semble partager son amour. Pourtant, au bout d’un certain temps, ce dernier l’abandonne. Évidemment, la comtesse est persuadée d’avoir été délaissée pour une femme plus jeune et, à la suite du hasard et d’un accident, elle se figure que le sang des vierges, appliqué sur sa peau, lui redonne la jeunesse et donc, la beauté. C’est alors que commence une spirale infernale, dans sa névrose, elle ne recule devant rien, et étend ses crimes au château, puis dans la région toute entière…

J’ai toujours été fascinée par les histoires et la légende concernant cette comtesse à l’existence si controversée et quand j’ai su que Julie Delpy (à la fois scénariste, réalisatrice et rôle principal) avait fait un film sur elle, j’ai été tout de suite emballée. Néanmoins, il fut assez mal distribué, fit peu de bruit, et j’ai dû attendre de l’avoir en dvd pour enfin le découvrir.

Qu’il nous plaise ou non, on ne peut pas nier : dès les premières minutes ce film nous plonge dans une ambiance particulière, sombre, gothique, inquiétante puis très malsaine. Les décors et les costumes sont absolument somptueux et aident à se plonger dans une autre époque, un autre pays et dans d’autres moeurs.

Tout d’abord, Julie Delpy réussit magnifiquement bien à jouer un rôle aux multiples facettes. Femme du monde. Femme amoureuse. Femme désespérée. Femme cruelle, limite vampirique,… Elle passe d’un état à un autre et nous convint totalement dans chacun d’eux. Son visage est à la fois beau, terriblement froid, passionné, dévasté,… Ensuite, il me semble que la réalisatrice a pris le parti de la comtesse. Sans cautionner ses actes, elle tente, grâce à son jeu et à son scénario, de nous aider à la comprendre. De ce fait, elle confère presque des circonstances atténuantes à des crimes ignobles (ah, la vierge de fer…une valeur sûre).  Elle la rend humaine tout en la montrant sous son jour le plus ignoble et c’est assez fort… Mais qu’importe, j’y ai surtout vu le portrait d’une femme de pouvoir, donc dérangeante dans un monde d’hommes dominants. Également l’histoire d’une femme amoureuse, désespérée de voir le temps passer et altérer son visage. La cruauté de la vieillesse est un thème très bien mis en scène, grâce au jeu des miroirs. Une femme qui va sombrer dans la paranoïa, dans la folie et qui va finir par se faire rattraper par ses névroses…

Entre affabulations et réalité (rien n’est exclu, rien n’est prouvé ?), La comtesse est un film esthétiquement très beau, qui marque et qui glace délicieusement. On aurait pu sombrer dans le gore, on reste souvent dans le sous-entendu, comme si c’était la femme en elle-même qui avait intéressé Delpy, plus que la criminelle.

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