Je te mangerais

Film français

Date de sortie : 11/03/2009

Note : 3/5

Marie habite dans Haute-Loire avec sa famille. Très proche de ces derniers, elle doit cependant les quitter pour aller vivre à Lyon et y étudier le piano au conservatoire.  Comme ses parents ne sont pas bien riches, elle part vivre avec Emma, une fille qu’elle connaît depuis son enfance avec qui elle s’arrange pour le loyer et les autres frais. Emma est en médecine, c’est une fille plutôt froide, solitaire. Son père est mort et sa mère, constamment en voyage. Les deux filles commencent donc une vie en colocation, dans ce grand appartement vide. Peu à peu, au fil des jours, Marie découvre la vraie personnalité d’Emma. Dominatrice, autoritaire…totalement oppressante pour la jeune femme qui, charmée par l’animation de la grande ville, a envie de sortir et de profiter hors de ses heures d’apprentissage.

Ce film se concentre sur les deux personnages principaux. Les deux actrices, Isild le Besco (fascinante dans son rôle de fille névrosée et déséquilibrée, au jeu inquiétant) et Judith Davis (à la beauté pure et simple) se suffisent à elles-mêmes tant leur relation est intense, complexe. Témoins invisibles de cette vraie-fausse idylle, cachés au fond de cet appartement bourgeois, là où tout se joue, nous regardons avec intérêt le début de leur relation, entre désir et peur, envie et agressivité. Les scènes tournées à l’extérieur sont différentes car, qu’elles soient ensemble ou seules, elles entraînent la rencontre avec des tierces personnes. Personnes qui viennent ébranler le couple qui se forme…même si Marie, totalement perdue, ne sait plus qu’en penser. Si je pouvais faire une critique sur les scènes intimes, je dirais que le personnage de Marie ne montre pas vraiment qu’elle a du désir pour Emma, si bien que parfois on se demande pourquoi elle accepte de rester dans une telle situation et surtout, un tel rapprochement. Finalement, elle passe à fuir mais elle revient toujours et Emma le sait.

Ouais bon, d’accord. Le coup du lesbiannisme refoulé de Marie, la gentille petite catho qui trouve ça soit disant mal mais qui ne dit jamais vraiment non en fait, on nous l’a déjà servi auparavant, et à toutes les sauces. Contre toute attente, c’est ce personnage que j’ai donc trouvé le moins sympathique. Bien qu’elle ne soit pas foncièrement méchante, finalement elle joue avec le cœur d’Emma plus qu’elle n’est manipulée par cette dernière. Car à vrai, en tant qu’objet désiré, Marie a tous les pouvoirs et elle sait en profiter. Emma ne semblerait être, finalement, qu’une pauvre âme esseulée, bouleversée par un instant de tendresse et prête à tout donner à l’objet de son amour en échange d’un peu de sentiments. Un personnage beaucoup plus intéressant, donc. Quelques longueurs également. À partir d’un moment, on fini par tourner en rond. Emma veut Marie. Marie veut Emma. Ou pas. Marie veut surtout profiter de l’appartement. Ou est ce une excuse pour rester avec cette blonde qui la fascine ? On ne sait jamais vraiment, mais les mêmes idées tournent en boucle et on a envie d’avoir un dénouement.

Je te mangerais est un film plutôt beau et hypnotisant. J’ai aimé l’ambiance, le décor mais je ne m’attendais pas à ce que le piano soit finalement seulement un prétexte. Il sert d’excuse à l’histoire mais Marie aurait aussi bien pu être élève en fac de maths, ça n’aurait pas eu plus d’incidences sur le scénario, du moins à mon avis.

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