J'ai rencontré le diable

Film coréen

Date de sortie : prochainement (début juillet 2011 selon Allociné)

Note : 4.5/5

Agent secret, Soo-hyun filait le parfait amour avec la ravissante Ju-yeon…jusqu’au jour où la jeune et jolie innocente se fait sauvagement assassiner par Kyung-Chul, un homme qu’elle n’aurait pas dû rencontrer. Complètement dévasté et rempli d’une rage féroce, Soo-hyun décide de se venger. Il part sur les traces du serial killer, bien décidé à le faire souffrir autant qu’il a fait souffrir sa bien-aimée. Voire plus. Pas sûr, cependant, que le jeu finisse bien…

Je suis absolument fan du réalisateur coréen Kim Jee-Woon. J’avais beaucoup aimé Deux sœurs. J’avais succombé devant A bittersweet life. J’avais passé un très bon moment devant Le bon, la brute et le cinglé et évidemment, j’ai trouvé J’ai rencontré le diable d’une qualité terrible. Comme j’ai l’impression d’être 80% du temps pas emballée par ce que je vois, quand je visionne un truc qui vaut le coup je me sens, comment ? Hautement satisfaite.

Dans J’ai rencontré le diable, Min-sik Choi (Old Boy, Lady Vengeance,…) est le méchant. Le magnifique Lee Byung-Hun joue quant à lui un homme prêt à tout faire pour venger la mémoire de sa fiancée. Si, au début du film, il nous semblait être un homme qui, bien qu’aimant, était un peu lointain, la suite des évènements nous le présente comme étant prêt à tout pour sa chérie (mais elle est morte, c’est triste !). Fort de son expérience et de son matériel de professionnel, il va tenter de maîtriser Kyung-Chul. Dès les premières minutes du film, inutile de le préciser, on adhère forcément à son projet. Cependant, par la suite, il est un peu difficile de comprendre où le monsieur veut vraiment en venir. Car surprise ! À peine a-t-il chopé le méchant (qu’il a un peu tabassé au passage) qu’il le relâche ! Pourquoi ? Tout simplement pas jeu. Il le suit à la trace, toujours prêt à lui sauter dessus pour en rajouter une couche et Kyung-Chul ne sait jamais quand ça va lui tomber sur la gueule, ce qui rajouter à son supplice. Ingénieux ! Je n’irai pas plus loin dans l’histoire au risque de trop en dire. Ce que je peux ajouter, en guise en conclusion, c’est que le jeu du chat et de la souris risque fort de s’inverser…

D’un côté, un homme massif, brut, voué à ses pulsions animales (pulsion de mort, pulsion sexuelle). De l’autre, un homme à la silhouette virile et romantique. D’un côté, un homme qui tue par plaisir. De l’autre, un homme qui devient sadique et cruel par désespoir. Sa douleur lui donne-t-elle le droit d’agir ainsi ? N’a-t-il pas un comportement égoïste ? (car il met indirectement en danger toute une série de personnages qui lui sont liés). Ses actions sont-ils si nobles que ça ou ne fait-il que se mettre au niveau d’un homme sans pitié et sans scrupules ? La ligne entre le bien et le mal s’efface à mesure que le bourreau devient proie. La frontière n’est plus si claire et l’histoire, finalement pas aussi manichéenne qu’on aurait pu le penser. L’histoire de J’ai rencontré le diable n’est pas seulement un film sur la vengeance. Il est clair que ce n’est qu’un prétexte. Le coupable est vite localisé, la traque ne dure pas deux heures et pourtant, le film continue quand même. Pourquoi ? Parce que c’est le cheminement interne du personnage principal qui se révèle être le plus important : il s’agit de montrer le parcours d’un homme poussé à des actes extrêmes par une situation justement extrême, elle aussi. Il s’agit de montrer jusqu’où il décide d’aller. Il s’agit de mettre en scène un personnage qui se découvre lui-même, un personnage qui se retrouve à faire des choses qu’il ne s’imaginait pas faire. Pas de retour possible dans le chemin qu’il s’apprête à emprunter.

La violence du film est certaine, mais n’est jamais gratuite pour autant. Chaque coup, chaque goutte de sang versé a un sens. On ne cherche pas à choquer pour choquer. Personnellement, j’ai lu des commentaires de personnes étant absolument outrées, disant que c’était un film très dur. Certes, il ne fait pas toujours dans la dentelle mais j’ai franchement trouvé que toutes les scènes étaient regardables. À n’en pas douter, il crispera quand même légèrement les âmes sensibles. Visuellement cruel, psychologiquement difficile, ce film ne laisse pas indifférent. Un rythme constant porte le film du début à la fin.

J’ai rencontré le diable est un film très sombre et très élégant. Une histoire déchirante, aussi, car même à la toute fin, alors que le désir de vengeance est assouvi, il ne délivre aucunement celui qui a souffert et qui souffrira encore. Car le sang versé des meurtriers ne ramène jamais leurs victimes. Soo-hyun l’apprend (durement) à ses dépends.

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4 comments

  1. Jord says:

    Je n’ai pas compris la fin de cette façon. Pour moi, il est devenu ce qu’était l’autre: un monstre. Et donc, en faisant venir la famille du méchant, il veut faire du mal à son tour à la famille de celui-ci. non?

    • petiteconne says:

      Il veut tout simplement se venger. Mais le film est loin dans mon esprit, j’aurais du mal à en parler de manière intelligente. Mais bon, chacun sa vision des choses de toute manière 🙂

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