Et monter lentement dans un immense amour…

Date de publication : 2001

Note : 2/5

« Elle saute dans le taxi comme un enfant dans une flaque d’eau, claque la portière et lance, joyeuse : ‘À l’aéroport’, sort un poudrier de sa poche, vérifie que tout est en ordre. Pour lui, pour lui qui revient, qui revient, qui revient… Toutes ses lettres le disent bien. Je serai là, le 23, à l’aéroport, aie confiance. Il a vaincu les dragons, les trolls et les elfes malins qui lui barraient la route. Il revient, il revient de loin, d’un pays dont on ne revient presque jamais. Elle n’est pas en retard, elle n’a pas besoin de regarder sa montre ni de houspiller le chauffeur pour qu’il aille plus vite, change de file, passe à l’orange. De dos, elle aperçoit la queue-de-cheval poivre et sel du chauffeur, qui serpente sur son col. À dix-huit ans il refaisait le monde aujourd’hui il conduit un taxi, un tapis de boules de buis sur son siège… Il revient, il revient ».

Et monter lentement dans un immense amour…parle d’un amour fou. L’amour qui naît subitement dans un ascenseur entre Mann, homme viril et charmeur, sur Paris pendant quelques jours, mais s’apprêtant à repartir dans son Islande adoptive. Et Angelina, jeune bourgeoise sur le point de se marier avec un autre. C’est un amour intense, animal, fusionnel qui semble les inviter à tout lâcher. Les deux héros pourtant pas n’arrivent pas à lier leurs vies tout de suite, il y a trop d’obstacles, trop de choses à dépasser pour enfin être disponible l’un pour l’autre. Un doute plane alors pour Angelina. A-t-elle rêvé cet amant idéal ou est-il bien vivant ? Le jour où, dans l’église, il vient l’enlever à son presque-mari, elle ne doute plus. Mais arrivera-t-elle vraiment à s’abandonner à cet amour…Une culpabilité enfouie depuis longtemps l’empêche de vraiment en profiter.

Et monter lentement dans un immense amour… est un roman à l’image de son titre (extrait du Cantique des Cantiques) : alambiqué. J’avais entendu parler du succès de certains de ses romans tels que Les yeux jaunes des crocodiles et, tombant sur ce livre de poche portant son nom, je n’ai hésité une seconde, il fallait que je la teste, cette Catherine Pancol. Ce fut mitigé.

Si l’histoire de départ pouvait me plaire, j’ai été très déstabilisée par le style de l’auteur. En effet, beaucoup de passages sont traités de manière très lyrique. À coups de grandes phrases pompeuses, longues, qui s’apparenteraient presque plus au théâtre qu’au roman. C’est lourd à lire, certains passages sont longs puisque l’intrigue n’avance pas… Même si on est en prose, le texte prend parfois une musicalité étonnante, les phrases riment entre elles. C’est intéressant ! Mais ça fait tellement peu naturel… J’aurais voulu y croire mais pas un seul moment je n’ai imaginé ces personnes ailleurs que sur du papier alors que j’aurais aimé les imaginer vivre. Dommage, car au milieu des envolées des deux amoureux (ensemble ou chacun de son côté), il y a des petits passages (toujours trop courts malheureusement), où la narration est « normale » oserais-je dire. Cela nous permet de découvrir d’autres personnages que j’ai trouvé bien plus intéressant que les deux protagonistes, tels que le concierge ou même le frère adoptif de Mann.

Beaucoup de retournements de situations m’ont, de plus, paru des plus ridicules. Je ne parle même pas de l’évènement qui a provoqué la culpabilité dévorante d’Angelina, on se demande bien pourquoi… On en sourit plus qu’on ne comprend.

En résumé, Et monter lentement dans un immense amour… est un roman où les personnages et les sentiments sont excessifs. Ça fatigue. La prochaine fois que je lis quelque chose de cette écrivain, j’espère tomber sur un roman plus simple…

This entry was posted in A lire.

Laisser un commentaire

CommentLuv badge