Drive

Drive

Date de sortie : 05/10/2011

Note : 4.5/5

Au milieu des méandres des films insipides dont on oubliera tout une fois le clap de fin arrivé, au milieu des remakes à la con, des niaiseries, des films bêtes et méchants tout court et au milieu de toutes ces déceptions cinématographiques il arrive que, parfois, un film en particulier vienne relever le niveau. Et haut la main.

Drive fait partie de ceux-là.

L’histoire de Drive n’avait pourtant rien d’original. Même, elle était un peu cliché et aurait pu franchement ennuyer le spectateur le moins exigeant. Le héros du film, un homme solitaire et peu bavard est cascadeur sur les plateaux de cinéma. Doué, très professionnel, il n’en est pas moins anonyme. Le jour, il lui arrive aussi de bosser dans le garage automobile de celui qui est plus ou moins son manager, plus ou moins son pote. Certaines nuits, il endosse un costume un peu moins clinquant : chauffeur pour truands. Lui, il conduit, c’est tout. Il amène les malfrats d’un point A à un point B sans plus s’impliquer. Tout ça aurait pu continuer sur le même air s’il n’était pas tombé amoureux de sa voisine. Alors, quand le mari de cette dernière sort de prison et lui demande son aide pour un dernier casse, notre héros n’hésite pas une seconde si cela peut éviter des ennuis à la jolie blonde et à son charmant bambin. Mais rien ne se passe comme prévu et il sombre soudain dans une histoire bien plus noire qu’il n’aurait pu l’imaginer.

Drive a reçu le prix de la mise en scène à Cannes et cela est amplement mérité. Si la seconde partie du long métrage tourne au thriller, plein d’action et parfaitement maîtrisé, la première partie du film, plus contemplative, est complètement hypnotisante. Une esthétique travaillée, une ambiance particulière et ce petit truc en plus qui nous scotche littéralement à l’écran. L’image, portée par une BO qu’on aimerait se passer en boucle, est sublimée par les acteurs principaux et notamment par Ryan Gosling, des plus charismatiques dans un rôle qui pourrait très vite devenir mythique dans le paysage cinématographique.

Ensuite, tout s’enchaîne. La tension, l’intensité qui s’était doucement installée entre les personnages explosent soudain en plein vol pour laisser place à un déchaînement d’actions et d’émotions. De la violence, il y aura certainement. On comprend vite que le héros, poussé à bout, décide de laisser de côté l’idée même de la fuite pour répondre coup sur coup, coûte que coûte, à ses assaillants quitte à s’y casser les dents.

Dans Drive, le dialogue est épuré au possible et à l’image du personnage principal, avare en mots mais généreux en émotion que ce soit le spleen de la solitude, l’amour, la colère dévastatrice. Donc pas de blabla superflus, pas de grands cris ni de grands airs. Juste assez de mots et assez de regards pour que le spectateur comprenne ce qu’il y a à comprendre au moment où il faut le comprendre.

Ce qu’il y a de complètement fou dans Drive, c’est qu’il s’agit d’un film qui mêle romance et une grande violence. Le personnage principal, ambivalent, peut aussi bien être attentif, bienveillant, doux et gentil que terriblement agressif, aussi agressif, voire plus, que les gars de la mafia locale auxquels il s’attaque. Les personnages secondaires, notamment la jolie et fragile Irène, ne font pas tâche non plus, loin de là. J’ai apprécié de retrouver Bryan Cranston (Malcom, Breaking Bad) au cinéma. Ce que je reproche au film c’est de ne pas avoir assez bien traité le trio personnage principal/mari d’Irène/Irène. Cela va trop vite, si bien qu’on ne comprend pas vraiment les enjeux et les liens qui les unissent les uns aux autres.

This entry was posted in A voir.

10 comments

  1. Clownface says:

    J’ai beaucoup aimé aussi. Tout dans ce film est dans la retenue je trouve, jusqu’à ce que tout éclate. C’est très bien fais, la lumière est magnifique et effectivement la mise en scène mérite son prix.
    Les deux acteurs principaux sont très touchants, très bons. Mais malgré tout ça, j’ai eu quand même parfois l’impression n’était qu’un prétexte à une suite de plans et de situations, pas que se soit un défaults en soi, le scénario a déjà été vu et revu mais au moins, il sert un propos.
    J’aurais quelques réserves sur la musique « années 80 », mais bon ça passe bien.
    Mention spécial à la scène d’intro que je trouve magnifique et assez peu commune dans son execution.

  2. Clownface says:

    Oui, elle est kitsch, mais elle marche, mais au départ ça m’a fais bizarre ce côté 80’s. J’aurais dût m’y préparer vu la typo et sa couleur…

    • petiteconne says:

      J’avoue qu’au départ j’ai été un peu désorientée…voire un peu brusquée, les premières minutes m’ont fait sourire, j’ai pas tout de suite pris le film au sérieux je crois.
      Les premières minutes, avec les noms qui s’inscrivent en rose fushia, ça m’a d’abord fait penser aux génériques de certains films des années 90, genre True Romance (bien que dans ce cas là, la typo est violette et plus carrée, j’sais pas pourquoi j’ai fait le lien ^^).
      Et puis j’ai vite appris à apprécier.

  3. zofia says:

    Ce film était vraiment très beau, il y a une tension alors qu’il ne se passe pas grand chose à certains moments. J’ai adoré la scène de l’ascenseur qui passe d’un moment très amoureux, tendre, à une scène de violence terrible… d’un extrême à l’autre. Et puis il y a Ryan…
    Au fait, il va retourner au moins 2 films avec le même réalisateur, j’ai hâte !

    • petiteconne says:

      Oui voilà, la majorité de l’action arrive plutôt à la fin.
      Et la scène de l’ascenseur est digne des films les plus mythiques.

      J’ai acheté le bouquin… j’ai envie de voir ce que ça donne sur papier!

  4. Aurore says:

    Et dire que je ne voulais pas aller le voir, que mon ami a dpu presque m’y trainer. Et pourtant, c’est une pépite. Comem tu le dis, un film particulier, un film qui s’illustre !

    • petiteconne says:

      Un film génial… j’ai senti qu’il allait être important pour moi dès les premières minutes <3
      Des fois c'est bien, de se laisser convaincre par les gens ^^

Laisser un commentaire

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.