Dream home

Film hong-kongais

Date de sortie : 2010

Note : 3/5

Cheng Lai-sheung vient d’une famille plutôt modeste. Quand elle était petite, elle avait l’habitude d’observer avec envie le quartier Victoria, tout en rêvant d’habiter un jour là-bas, de l’autre côté de la baie dans ce bel immeuble avec vue sur la mer. Les années passent. Cheng n’oublie pas son rêve. Quitte à vivre une vie sans loisirs, elle économise autant qu’elle peut, allant jusqu’à prendre un second travail. Le jour où elle comprend que même la motivation et la bonne volonté n’y feront rien, elle décide de passer au niveau supérieur…

(ATTENTION : dans les paragraphes suivants je vais être obligée de dévoiler des aspects du film qui pourront gâcher le suspens si vous comptez voir ce film…).

J’ai l’habitude de voir des films d’horreur. La violence ne me gêne pas plus que ça (je n’irais pas jusqu’à dire que je l’adore pour autant). Mais, en voyant ce film, je me suis parfois sentie un peu malmenée…et c’est assez rare pour être souligné. Difficile dans un premier temps de vraiment cerner le personnage de Cheng. Elle semble être une jeune femme sans histoires, bien que pas très portée sur les relations sociales et plutôt solitaire. Difficile de se douter que, derrière une apparence si banale, se cache une meurtrière très cruelle, à la frontière de la folie. Car Cheng va vite basculer. Là où beaucoup auraient abandonner leur rêve et se seraient contentés de peu, Cheng est prête à tout. À laisser mourir son père pour récupérer la somme qui représente son assurance-vie.  Et à tuer des personnes innocentes, enfin presque, car pour Cheng, elles sont quand même coupables d’habiter dans les appartements qu’elle convoite depuis des années. La manière dont elle les tue est à chaque fois très ingénieuse, horriblement horrible, mais presque marrante (si on arrive à garder un peu d’humour (noir) en mattant ces scènes). Oui, c’est possible, le gore peut avoir une facette comique. C’est choquant car c’est insolite. Et très sadique.

La mise en scène met magnifiquement en relief l’urbanisme de Hong-Kong. Ses rues, ses immeubles. Évidemment, Dream home se veut également être un film à tendance sociale, comprendre : on nous parle des petites gens. De ceux qui vivotent. De ceux qui se font abuser par l’administration. De ceux qui sont les victimes de politique d’expulsion sans scrupules. De ceux qui ont un rêve au-delà de leurs possibilités versus ceux qui ont tout et qui ne se rendent pas vraiment compte de leur chance.

Dream home est un film assez original et qui alterne avec brio le drame intime avec des purs moments de violence dure et sèche. La structure en devient un peu bizarre, du coup, mais on arrive quand même à suivre (à peu près) et on comprend (plus ou moins) comment cette femme en est arrivé là. Pour ma part, je ne l’ai pas vraiment appréciée en tant qu’héroïne. Manger ou être mangée ? En tous cas, Cheng a fait son choix, même ses actes sont plutôt gratuits…

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