Domaine

Film français/autrichien

Date de sortie : 14/04/2010

Note : 2/5

Pierre a 17 ans et au lieu de traîner avec ses potes, il passe la plupart de son temps avec Nadia, sa tante, une mathématicienne. Leur relation est presque fusionnelle, parfois un peu ambiguë, ils sont toujours ensemble ce qui gêne beaucoup la mère de Pierre. Tout va se dégrader pourtant avec le temps, Nadia se réfugiant de plus en plus dans l’alcool. Fragile, déboussolée, elle part à la dérive mais Pierre va tenter de lui maintenir la tête hors de l’eau…pour un temps.

Domaine, c’est l’histoire d’une femme mure, blessée et alcoolique qui est en train de se perdre. En face d’elle, un jeune homme homosexuel se cherche et tente de poser les bases de sa vie future. On comprend bien que cette femme le fascine autant qu’elle l’effraie même, parfois. Cette relation, étrange et très particulière, sans être malsaine, est assez intéressante.

Le film en lui-même commence avec une longue scène bizarre où les acteurs, autour du feu sur une plage, boivent du champagne et discutent de choses très sérieuses et intellectuelles. Sur le sens de la vie et toutes ces questions existentielles qu’on nous ressort régulièrement. On aurait pu trouver mieux pour plonger le spectateur dans l’histoire mais dans un sens, ça marche vu qu’on tend l’oreille malgré nous, cherchant à comprendre quelque chose dans ce fouillis de conversations. Ensuite, beaucoup de promenades hivernales entre la tante et son neveu, beaucoup de pas sans fin dans les rues, les parcs. Ils marchent ils marchent ils marche et nous on les écoute parler. À savoir qu’ils parlent peu. Donc au bout de la dixième promenade, on sature un peu. Le film est composé en grandes parties d’entrevues entre les deux personnages, lors de marches citadines ou dans les cafés.

Un scénario plutôt vide pour un film assez compliqué qui se veut un peu intello, qui touche parfois, mais assez barbant si on le considère dans sa globalité. Béatrice Dalle souffre sans doute de sa réputation de femme sulfureuse et de ses choix d’actrice car en la voyant, franchement, on a du mal à ne pas sourire méchamment quand on comprend qu’elle joue une grande professeur de mathématiques diplômée et tout et tout. Son jeu est quand même intéressant, très juste, vraiment sobre et si on n’avait pas tous ces préjugés extérieurs et totalement bêtes, on y croirait quand même tout à fait. Même si son visage et son corps accusent le temps qui passe, elle est toujours autant captivante, fascinante et l’on attend les scènes où elle sera présente. Le reste, aucun intérêt étant donné qu’elle n’est pas là. Son personnage est étrange, fantasque, mais capable de marcher et de courir en talons hauts dans les bois et les sentiers…Respect. Elle campe une femme qui réfléchit trop et qui boit pour oublier la dureté des idées qu’elle soulève. Qui s’est donnée corps et âme aux maths, la seule façon valable, selon elle, d’organiser le chaos de l’existence. Tout un programme…

Domaine est un film qui laisse un peu déprimé, un peu saoulé, aussi. Ce n’est vraiment pas un film grand public et à la fin, on se demande vraiment quel était le message de ce long-métrage… Il est passé dans très peu de salles et durant très peu de temps et malgré ma critique globalement négative, je pense que c’est quand même un tort car certaines scènes sont vraiment bien foutues et hypnotisantes, notamment celle qui se passe dans la boîte de nuit.

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2 comments

    • petiteconne says:

      « domaine » n’est pas un mot utilisé dans le film et il n’y a, apparemment pas de lien entre le titre et le film…si ce n’est que ce mot doit être un terme utilisé en mathématiques. Je présume…
      Fatiguant, je sais pas, mais en tous cas c’est loin d’être un divertissement…jte dis, je ne l’ai apprécié que parce que j’aime béatrice dalle et je sais que beaucoup peuvent pas la saquer… ça doit être pire dans ces cas là.

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