Critique We are what we are

Sortie : pas encore de sortie prévue en France, d’où l’obligation de le voir en streaming…

We Are What We Are a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs durant le Festival de Cannes 2013. Il s’agit du remake d’un film espagnol (ou mexicain ?) sorti sous le titre Ne nous jugez pas sorti durant l’année 2010 (ou à peu près, je n’ai pas vérifié cette info). Cependant, il parait que le scénario a été bien transformé en cours de route. Je tenais à le voir, ne serait-ce que pour retrouver Julia Garner que j’avais vraiment appréciée dans Electrick Children. Elle y retrouve d’ailleurs le même acteur, Bill Sage qui joue là encore le rôle de son père.

We Are What We Are raconte l’histoire de la famille Parker. Connus pour leur grande discrétion, ils ne se mêlent pas vraiment aux autres habitants de la petite ville et ont tendance à rester cloitrés derrière les murs de leur maison. Alors que la mère de famille vient de mourir, Iris et Rose, deux ados et leur petit frère, Rory, vont se retrouver face à l’autorité écrasante de leur père.

We Are What We Are est un film sombre où il est question de cannibalisme. Chaque année, la famille Parker se plie à une coutume ancestrale. Après une longue période de jeûne, il faut trouver « l’agneau », le sacrifier et le servir aux repas suivants. Pourtant cette année, rien ne va : la mère de famille meurt subitement et suite à une tempête torrentielle, les ossements enterrés par le père remontent à la surface. Alors que le nouveau rite est sur le point de s’accomplir, les autorités locales remontent la piste…

We Are What We Are n’est pas vraiment un film d’horreur même si on peut dire, de par son thème, qu’il appartient au genre horrifique. Il ne faut pas s’attendre à sursauter de peur ou même à voir du gore à foison (même si quelques scènes sont sanglantes) car tout est plus subtil, tout est plus élégant. Les deux actrices principales, avec leur blondeur et leur teint de porcelaine ont quelque chose d’angélique mais ce qu’elles s’apprêtent à faire l’est moins, on l’aura deviné. On oscille constamment entre film d’auteur et film d’horreur (enfin vous voyez à peu près le style).

Une chose est sure, malgré une beauté esthétique indéniable et une image toujours sombre et froide, le film est lent, il prend son temps. La caméra du réalisateur est contemplative et laissera bien des spectateurs sur la touche car du grand spectacle, il n’y en a pas. Ou si peu. Quant aux autres, ils seront hypnotisés par un film qui reste inquiétant malgré tout et qui nous plonge dans un univers humide, poisseux et un brin écœurant.

Il est question des pressions familiales, des rites religieux (et de leur bêtise), de l’obscurantisme… tout ça, tout ça. Si on creuse un peu, le fond de ce film est beaucoup plus profond qu’on aurait pu le penser. Du coup, c’est à chacun de voir ce qu’il veut bien y voir.

Pour ma part, j’ai beaucoup aimé l’ambiance, le côté dérangeant de l’histoire et les personnages mais je regrette un peu cette lenteur à laquelle je ne m’attendais pas. Autre bémol : la fin. J’ai du mal à la comprendre et surtout, à lui trouver le poids qu’elle aurait dû avoir. D’une certaine manière, elle m’a paru bâclée. Malgré des qualités indéniables, We Are What We Are m’a donc laissée légèrement mitigée.

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