Critique Young Adult

Sortie : 28/03/2012

Note : 3.5/5

 

Mavis Gary a trente-sept ans, vit à Minneapolis avec son chien et est devenue auteur de romans pour adolescents. Légèrement dépravée, elle est habituée aux coups d’un soir et se réveille souvent dans la même tenue que la veille, la tête dans l’oreiller, encore totalement imbibée des litres d’alcool qu’elle s’envoie souvent, en plus ou moins bonne compagnie. Bref, le matin c’est une épave, le soir c’est une femme fatale. Un matin, elle reçoit par mail un faire part qui va tout faire basculer : son ex, son grand amour du lycée vient de devenir papa. Portée par l’envie de le reconquérir, elle fait sa valise, chope son chien au passage et revient dans la petite ville de province où elle s’est ennuyée à mourir avant de fuir pour une nouvelle vie.

Young adult est un film de Jason Reitman. Si j’avais moins aimé In the air, en 2010, j’avais adoré Juno, en 2008 et beaucoup aimé Thank you for smoking en 2006. Young adult tourne en grande partie autour du personnage principal (plutôt logique) donc de Charlize Theron qui confirme encore une fois qu’on peut être une vraie bonnasse et être une actrice digne de ce nom. Elle est encore génial dans le rôle de Mavis Gary, un personnage pas très glorieux.

En effet, Mavis Gary est une ancienne star du lycée. Avant, elle était très populaire, avait un tas d’amis, faisait fantasmer pas mal de mecs…bref : elle a eu ce qu’on appelle une jeunesse dorée où rien ne lui était interdit. Le présent est un peu moins glorieux : si elle écrit, ce n’est pas son nom qu’il y a sur la couverture, elle a raté son mariage, vit dans une grande ville certes, mais dans un appart totalement chaotique. Son rythme de vie ne l’aide pas à trouver des repères et elle finit plus souvent dans les fast-food que dans les restaurants gastronomiques alors que les quarante ans s’approchent doucement…

Quand elle apprend que son ex vient de devenir papa, le passé revient en masse et elle revoit ce qu’elle était alors : une fille qui avait la vie devant elle. Pour se sentir mieux, il faudrait qu’elle récupère ce qui faisait sa vie et notamment son mec de l’époque. Qu’importe qu’il vienne d’avoir une fille et qu’il soit heureux en ménage : elle le veut. Car Mavis est une garce, une salope, une conasse, hautaine, agressive, elle prend le monde entier pour de la merde et se met à dos toutes les filles dites « normales » qui ne supportent pas cette bonnasse vindicative. Si elle doit écraser pour passer, Mavis écrase.

Alors imaginez que le film est plutôt savoureux à mesure que Mavis renoue avec les fantômes du passé. D’abord burlesque, cocasse, marrant, drôle le film tombe dans un ton beaucoup moins comique et se termine dans une sorte de grimace. D’abord détestable et détestée, on se met à avoir une pitié terrible pour la femme qu’est devenue Mavis, à la mesure de sa propre honte et surtout du coup de théâtre final où l’on comprend qu’elle restera ce qu’elle est : une vraie peste, qu’importe ce que la vie lui réserve. Mavis est seule, triste dans sa tour d’ivoire et si elle crache sur ces gens qu’elle trouve trop rangés, il y a fort à penser qu’au fond, elle aimerait être comme eux.

3 comments

  1. zofia says:

    Ah purée celui-là il me tente vraiment ! on l’a chroniqué sur le Pulp et je prie pour qu’il passe bientôt chez moi. J’adore Charlize Theron, elle est divine…

Laisser un commentaire

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.