Critique Yeruldelgger, Ian Manook

bm_cvt_yeruldelgger_4761Résumé éditeur

Cinq ans plus tôt, Kushi, la fille de l’inspecteur Yeruldelgger a été enlevée et assassinée pour l’obliger à abandonner une enquête sur la corruption liée au rachat des terres de la steppe mongole.

La découverte du cadavre d’une autre fillette va le replonger dans les mêmes tourments. Dans un pays à l’histoire et aux paysages sauvages, une guerre sale d’argent et de pouvoir s’est déclarée autour d’une des richesses minières les plus rares et les plus convoitées de la planète.

Pour lutter contre les puissances qui veulent s’accaparer son pays, Yeruldelgger va puiser ses forces dans les traditions héritées des guerriers de Gengis Khan, dans les techniques modernes d’investigation, et dans la force de ses poings.

Parce qu’un homme qui a tout perdu ne peut rien perdre de plus. Il ne peut que tout reconquérir. Peu à peu, sans pitié ni pardon…

Mon avis

Yeruldelgger a fait grand bruit au moment de sa sortie et j’avais été intriguée par ce « polar mongol » qui faisait tant parler de lui. J’ai fini par succomber mais, malgré des débuts que j’ai trouvé vraiment prometteurs, je n’ai pas spécialement accroché à ce roman. Ce n’est pas que c’est mal écrit ou inintéressant. Ce n’est pas que je n’ai pas aimé les personnages (quoique, je n’ai pas ressenti grand chose pour ce fameux Yeruldelgger que j’ai trouvé trop caractériel et qui ressemble à beaucoup d’autres inspecteurs…)…

Ce n’est pas que je n’ai pas aimé le décor !

Au contraire, le fait que ce polar se passe en Mongolie avec la culture et les paysages mongols est, pour moi, le gros atout du livre. Les personnages semblent bloqués entre une capitale sinistre et pauvre et la steppe, immense, magnifique et délaissée de son peuple de nomade. L’auteur revient à plusieurs reprises sur l’histoire du pays, sur ses rapports avec les pays voisins, sur ses drames, son passé et son avenir franchement indécis… ce qui apporte une toile de fond marquante et intéressante.

Par contre, tout ce qui concerne l’enquête m’a un peu moins plu bien qu’elle tienne la route et qu’elle soit riche en rebondissements. Déjà, j’ai trouvé l’ensemble bien compliqué pour un résultat pas si convaincant que ça. Et puis globalement j’ai été assez choquée par la violence du récit.

[Là, vous allez me dire « Mais elle se fout de nous là, elle regarde des films d’horreur, elle lit du Sire Cédric et là, elle se plaint de la violence du bouquin ? ».]

Ben oui. Parce qu’ici, j’ai trouvé la violence franchement racoleuse et les longues descriptions de viol (avec arrachage de culotte, par devant, par derrière… merci pour la profusion de détails) m’ont franchement donné la nausée. J’en ai sauté, des paragraphes, c’est moi qui vous le dit !

[On pourrait dire : oui mais avec ces passages, l’auteur t’as montré la dureté du sort réservé aux femmes, il a réussi à te toucher, à te révolter…]

Mais non ! Me toucher ce n’est pas se complaire en racontant le calvaire des femmes ou faire des allusions graveleuses à leurs corps dénudés [comme c’est le cas avec Sara]. Dans ce livre, j’ai l’impression que toutes les tortures réservées aux personnages féminins ne sont là que pour provoquer la colère et la souffrance du personnage masculin principal qui agit en vengeur/sauveur de ces dames. Je ne suis pas féministe activiste mais quand même, je ne peux pas m’empêcher de noter l’écart de gestion entre les personnages masculins et féminins au sein de cette œuvre.  Je ne suis pas en train de dire qu’il faut taire ce genre de sujet délicat et que le viol ne doit jamais être évoqué en littérature, je veux seulement dire qu’il existe une manière de le faire…

Il est certain qu’en écrivant ce genre de passages, l’auteur avait un but précis en tête mais j’avoue qu’il m’a échappé…

Autant vous dire que je suis ressortie mitigée de cette histoire, d’autant plus que j’avais deviné bien en avance la pirouette finale et que je ne m’attendais pas à une fin ouverte…

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7 comments

  1. Zofia says:

    Bon ben c’est vrai que ton article me donne pas du tout envie de le lire, et vu que je suis moyennement tentée…
    Je pensais pas que c’était aussi violent et trash dans le récit. Justement, pour moi c’est le fait que ça se passe en Mongolie, tout ça, qui m’attire moins.

    • Audrey says:

      Moi j’ai trouvé ça trash mais bizarrement, ce n’est pas forcément ce que retiennent les lecteurs quand ils commentent sur Babelio (bien que certains y font évidemment référence). Peut être que je suis trop sensible sur certains sujets, et j’assume. Mais si la Mongolie ne te tente pas, tu risques en effet de ne pas y trouver ton compte ! Ce n’est pas un pays qui m’attire mais j’ai quand même apprécié le voyage…

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