Critique Xenia

Sortie : 18 juin 2014

C’est avec pas mal d’enthousiasme que, dimanche, en cette première journée de la fête du cinéma, j’ai décidé de me bouger le cul pour voir Xenia. Dès mon entrée dans la salle, j’ai compris que les choses n’allaient pas se passer comme prévu : la clim était en panne et la chaleur était infernale (heureusement, tout est vite rentré dans l’ordre). Les 2h08 qui ont suivi ont donc heureusement été plus fraîches, mais longues.

Dans ce film, il est question d’un mec de 16 ans, Dany, qui quitte la Crète pour rejoindre son grand frère Ody à Athènes. Leur mère, une chanteuse albanaise légèrement alcoolique, vient de mourir subitement. En plus, elle avait perdu son permis de séjour. Nés en Crète mais d’origine albanaise, les deux frangins se mettent donc en tête de retrouver leur géniteur (a priori de nationalité grecque) pour récupérer des papiers en règle et accessoirement, la nationalité qui leur permettra d’envisager l’avenir plus sereinement. Un long voyage commence. Au bout du chemin se trouve également un concours de chant auquel le frère ainé, doué comme sa mère, espère bien participer.

Si The Two faces of January et Xenia ne se ressemblent en rien, ils se passent en Grèce et laissent une large part à la Crète où je vais passer mes vacances d’été. D’une certaine manière, ces coïncidences m’ont amusée et m’a donné un avant-goût du soleil et la langue grecque à laquelle je n’ai jamais été confrontée. Si je devais commencer par les points positifs, je dirais que Xenia donne vie à des personnages hyper attachants. Dany en tête. Gay, hyper looké, accro au sucre, un peu fou et impertinent, il est en pleine quête identitaire et entraine un frère un peu plus raisonnable, certes, mais qui incarne parfaitement l’insouciance de ceux qui sont en pleine transition entre enfance et âge adulte.

J’ai souvent souri devant Xenia car j’ai su en apprécier les répliques et les situations. L’aspect « couleur locale » du film lui donne un charme un peu exotique et les irruptions dans l’imaginaire (ou le surréalisme, on ne sait jamais trop) ne m’ont pas dérangées. Je ne suis pas certaine d’en avoir totalement compris le symbolisme mais j’ai accepté leur existence sans mal. Les scènes plus réalistes (concernant la montée de l’homophobie et de la xénophobie dans un pays pour qui galère rime avec quotidien) m’ont semblées justifiées (car elles montrent à quel point le monde extérieur est hostile) et en même temps, trop superficielles pour apporter quelque chose de vraiment fort à l’histoire. Ce sont plus les relations familiales qui m’intéressaient.

Le gros problème, dans Xenia, c’est la longueur du film. Fatiguée, ayant faim (oui, encore) et collée à un couple de cinquantenaire, j’avais envie d’étirer mes jambes et d’offrir un siège plus agréable à mon postérieur. Je n’ai donc pas réussi à rentrer suffisamment dans l’histoire pour oublier les facteurs extérieurs à cette dernière. Toutes les scènes concernant le concours de chant étaient en trop et nous faisaient constamment décrocher de l’histoire principale.

Délirant, solaire et coloré, Xenia est également un film beaucoup, beaucoup, beaucoup trop long. Les longueurs m’ont parues si terribles que j’en ai presque oublié l’histoire et ses qualités. Dommage, car en étant objective, je ne peux que reconnaître que Xenia a plein d’atouts.

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