Critique Walhalla, Graham Masterton

Mais cette maison est foutrement différente ! Elle n’a pas été construite pour qu’on y vive, mais dans un autre but très spécial. Les fenêtres sont disproportionnées, les portes sont trop larges, les planchers sont construits d’une façon bizarre… Je n’avais encore jamais vu des planchers comme ça. On dirait la maison en folie d’une fête foraine vous savez ? Elle a été conçue dans le but délibéré de diminuer tout visiteur, de le faire sentir mal a l’aise.

walhallaRésumé éditeur

Craig et Effie Bellman sont tombés sous le charme de Walhalla, une superbe demeure dans la vallée de l’Hudson. Qu’importe ce que l’on peut raconter sur l’ancien propriétaire, Jack Bélias, milliardaire excentrique et joueur invétéré, qui se serait suicidé dans des circonstances mystérieuses en 1937 ! Qu’importe si la maison est en ruine ! Ils ont décidé de l’acheter et de la restaurer. Mais, bientôt, des phénomènes étranges commencent à se produire. Craig lui-même est en train de changer. Comme si la personnalité démoniaque de Jack Bélias prenait par moments possession de lui.

Mon avis

Non mais quel drôle de live ! J’avoue qu’il m’a captivée, effrayée pour, finalement, me laisser sur la touche dans sa dernière partie.

Après avoir découvert Le portrait du Mal, j’avais envie de partir à la découverte d’un autre roman de l’auteur mon choix s’est tout naturellement porté sur cette histoire de maison hantée. Pourquoi ? Tout simplement parce que j’adore ça !

Le récit se présente plus ou moins en deux phases : la première est consacrée à Craig qui peut alors être considéré comme LE personnage principal. Il est littéralement appelé vers cette maison qu’il décide d’acheter et de restaurer bien qu’elle soit en très mauvais état en plus d’avoir une très mauvaise réputation. C’est cette partie que j’ai trouvé la plus intéressante car on fait vraiment connaissance avec la maison et ses étranges particularités. J’étais pas vraiment rassurée pendant ma lecture, l’auteur a un talent certain pour foutre la trouille, on ne peut pas le nier !

Dans la seconde partie, Craig disparait un peu au profit de sa femme, Effie qui, tout en étant toujours plus soumise à son mari, cherche à comprendre ce qui se passe. Parce que oui, notre petite dame commence à en avoir marre des lubies de son mari. Elle va s’allier avec Pepper, une originale et sans doute l’un des personnages les plus intéressants avec son grand fils, Norman… Dommage qu’en parallèle de cette quête de vérité, le récit se fasse moins mystérieux, moins flippant.

Jusque là, ce qui m’avait tenue en haleine, c’est l’ambiance malsaine, la folie qui semblait envahir Craig et l’impression que tout allait dégénérer sous peu. Passer du côté d’Effie a donné une dimension plus « froide » au récit et je me suis donc reconnectée à une ambiance plus réaliste. J’ai alors découvert qu’en réalité, je n’aimais pas trop Craig et Effie. S’il va en empirant, j’ai de toute manière trouvé le premier antipathique dès le départ et la seconde, franchement fade. T’es franchement une cruche Effie, laisse moi te dire qu’à ta place, tout le monde se serait fait la malle bien plus tôt !

Et puis ce roman est vraiment trop généreux en scènes de sexe bien explicites. Elles ont un rôle, certes et ne sont pas gratuites mais quand même, c’est franchement vulgaire.

Des personnages pas franchement charismatiques, une histoire qui met quand même beaucoup de temps à décoller, des passages que j’ai jugé parfois un peu brouillons ont peu à peu gâché le plaisir de ma lecture. En somme, je ne sais pas si la qualité du début m’a poussée à avoir des attentes trop hautes pour la fin mais mon intérêt est allé en décroissant, contrairement au Portrait du Mal du m’avait plu de A à Z !

11 comments

  1. sanasan says:

    Le début de l’histoire ressemble beaucoup à Amityville…
    La maison, chelou, le type qui perd les pédales… Ici la nouveauté se sont les voisins 😉
    Concernant les scènes de sexes, on en discutait hier avec une bloggeuse et une auteur de romance s’est greffée à la discussion…
    Trop c’est trop ! Ils nous en foutent partout, à toutes les sauces et c’est de plus en plus cru et vulgaire…
    A croire que les nouvelles lectrices de romances ne cherchent que ça…
    Honnêtement ça me désole.
    Tu sais que j’en lis depuis plus de 20 ans et franchement cette évolution n’est pas rassurante.
    Je lisais la dernière fois un article qui disait que le nouveau fantasme n’était pas la position de ouf mais tout simplement l’amour… Ce en quoi j’étais complètement d’accord…
    sanasan Articles récents…Throwback Thursday livresque !!My Profile

    • Audrey says:

      Bon, là en l’occurrence les scènes de sexe sont justifiées dans le sens où elles participent clairement à l’évolution (et même à la transformation) du personnage masculin. Mais elles sont vraiment crues et en détailler une aurait suffit, je crois, pour qu’on comprenne vraiment. Enfin c’est un « détail » qui m’a quand même interpelée j’avoue ! Y avait une certaine complaisance toute masculine dans l’écriture de ces passages.

      Comme tu le sais, je n’ai pas beaucoup de goût pour de telles scènes dans la romance, c’est même un blocage pour moi (à quelques exceptions près, je les trouve vraiment nulles en fait… elles me feraient presque rire) mais je te crois en tous cas sur parole, en tant que lectrice invétérée de romance depuis ton adolescence, tu as le recul nécessaire pour noter cette triste évolution ! Bon, ce qu’on peut espérer, c’est que cette tendance finisse, justement, par s’inverser. Une fois qu’elles auront bien usé le filon, les auteures reviendront peut être à des choses plus soft ! 😀

    • Le Vampire Aigri says:

      Hop, je me permets de répondre également 😀

      Il faut bien distinguer deux détails pour les scènes de sexe dans ce roman : Walhalla est sorti en 1994, donc il y a plus de 20 ans, donc le roman de Masterton ne s’inscrit pas du tout dans la lignée des E. L. James et compagnie (mais je comprends les arguments, cette littérature me tape sur les nerfs et je suis entièrement d’accord pour dire que c’est l’amour et pas les interdits sexuels qui est devenu tabou).

      Ensuite, pour prendre la défense de Masterton mais aussi du genre : c’est du splatter-punk, il y aura forcément du sexe cru, voire à répétition. Chez Clive Barker, il y en a, tout comme chez James Herbert, Graham Masterton, Poppy Z. Brite, et plutôt violentes chez cette dernière; même chez Stephen King même s’il reste plus inscrit dans l’horreur et moins dans le cru. C’est le genre (proche des films d’horreur des années 80/90) qui veut ça mais curieusement, on peut avoir des scènes bien crues et dérangeantes (c’est le but) ou au contraire, pleines d’amour et de passion (Dans La Conspiration des Fantômes de Herbert, y a un viol d’un fantôme sur une vivante franchement dérangeante et y a une scène entre l’enquêteur et la fille du prêtre qui est pleine d’amour et s’inscrirait parfaitement dans un Arlequin un peu osé).
      Il y a vraiment la volonté de susciter le malaise pas seulement dans des scènes d’horreur. Et aussi peut-être la volonté à l’époque, dans les années 80-90 de dire « mais le sexe fait partie de la vie, mes aïeuls, débridons-nous ! », faut dire que Madonna s’en donnait à cœur joie de choquer avec ses soutiens-gorge pointus.
      Dans le fond, c’est peut-être de leur faute si on a Cinquante Nuances de Grey aujourd’hui ? xD

      Enfin, c’était vraiment pour défendre le genre car je suis une grande fan et pour bien distinguer ces romans de cette littérature naissante qui fait d’ailleurs rougir personne… à part de honte, mais c’est que j’ai mal à ma littérature…
      Le Vampire Aigri Articles récents…Sherlock Holmes contre Frankenstein, de David Whitehead,My Profile

      • Audrey says:

        Je n’ai pas répondu à Sanasan que le roman était de 1994 mais je connaissais bel et bien sa date de parution 🙂 D’ailleurs, je ne pense pas qu’elle accusait directement ce roman d’être dans la tendance actuelle du sexe explicite et redondant. Je pense que le petit passage où j’en parle a juste fait écho en elle car elle est directement touchée par ce « souci » d’écrire des scènes explicites ou non ! (bien que pas du tout dans le même genre que Masterton ^^).

        Je voulais aussi préciser (au cas où) que je ne suis pas une créature prude et cul serré hein ! ^^ Bon, je passe pas ma vie sur le sites de cul non plus hein mais c’est vrai que l’érotisme en littérature ne m’a jamais intéressée. C’est comme ça.

        Après voilà, ma volonté de lire des genres très différents (je me fais pas une séance d’auto-promotion de ma grande ouverture culturelle hein, loin de là). me pousse forcément à lire des livres appartenant à des univers que je ne connais absolument pas. Et à ce titre, je te remercie pour tes précisions des plus pertinentes car je ne connaissais pas le splatter-punk et donc, encore moins ses codes. Pour tout te dire, avant de me forcer à ouvrir Le portrait du mal, je ne connaissais pas cet auteur. Pour moi c’était un vieux gars que personne ne connaissait. (oui oui ^^).

        Je comprends tout à fait ta réaction, c’est toujours agaçant de voir des « incultes » faire des contre sens sur un univers qu’on connait et je dis ça sans agressivité et sans ironie aucune ! Raison pour laquelle je ne te conseille pas de revenir lire ma critique quand tu auras lu le livre car je ne pense pas que je t’apporterai quoi que ce soit sur le sujet, loin de là ! Au contraire, j’irai lire la tienne et on en discutera chez toi ! (enfin sur ton blog, je vais pas sonner à ta porte, je te rassure ^^)

        • sanasan says:

          Je n’avais pas vu toutes vos réponses…
          Je me suis mal exprimée et je n’ai pas été clair dans ma réponses… au temps pour moi !! 😉
          Audrey a tout résumé, j’aurais dû développer le fond de ma pensée… je parlais surtout de romances… La romance actuelle qui prend un chemin auquel je n’adhère pas du tout…
          Ensuite, je lis du ‘Splatter punk » (En revanche, je ne savais pas du tout que cela se nommait ainsi…merci pour l’info) depuis l’âge de 14 ans je crois… Les Stephen King et autres Clive Barker n’ont aucun secret pour moi. Mon premier roman de ce genre fut d’ailleurs « différentes saisons » de Stephen King.. A 14 ans donc 😉
          Le sexe parfois violent dans ces romans (et leurs nombreuses adaptations) ne me gêne pas du tout, bien que je n’en sois pas forcément adepte… C’est cru, cruel, pervers, dérangeant mais comme il s’agit d’un thriller et non d’une romance… à mes yeux bien plus acceptable. Le contexte justifie tout ceci 🙂
          sanasan Articles récents…Throwback Thursday livresque !!My Profile

          • Le Vampire Aigri says:

            Aaaah ! Oui, en effet ! Comme c’était sur cette critique, je me demandais s’il n’y avait pas un avis confondu ! Désolée aussi xD
            (après, c’est un sujet qui me tient aussi à cœur que de « philosopher » sur les variantes des romances dans les romans)

            Parce que autant Cinquante Nuances de Grey, les scènes de sexe sont justifiées parce que… Parce que c’est le genre qui se résume à ça, je dirais ? (et il n’y a aucune émotion pour la plupart… enfin, j’ai lu de grands extraits mais ça s’est arrêté là, il faut accompagner avec un grand investissement émotionnel pour s’attacher… Dans les romans plus classiques, on a le temps d’apprécier les personnages et vouloir leur bonheur, mais avec un peu de malheur, ça serait trop facile, tient !)
            Autant pour ce genre horrifique, c’est vraiment le sentiment de malaise qui est induit et on traîne plus dans le thriller, oui ! Et à côté, on a des scènes aussi étonnement belles (il y en a chez Stephen King où on sent le sentiment amoureux)

            Audrey, ne t’en fais pas, je ne voyais pas de créatures prudes et cul serré xD (tu n’aurais pas lu un second Masterton, sinon !… Ou alors une prude maso ? *sort*)
            Le Vampire Aigri Articles récents…Witcher 3 : Hearts of Stone,My Profile

  2. Le Vampire Aigri says:

    Mais ! J’ai cherché ce roman et je ne l’ai trouvé qu’en occasion en me disant qu’il était tombé dans l’oubli, je l’ai pour Noël et toi, tu postes une chronique aujourd’hui : quel est ce complot ?! xD
    (en recevant le mail de notification, je me suis même dit « bah non, j’ai mal lu, je suis encore en train de dormir… »)

    Bon, ça me fait plaisir de voir deux chroniques de Masterton limite enchaînées : c’est que l’auteur fait ses preuves, il s’est fait connaître du « public plus récent » avec le Portrait du Mal mais je voulais repousser cette lecture.

    J’ai lu un peu en diagonal pour que ma lecture soit une totale découverte mais je repasserai voir ton avis une fois le roman fini !

    PS : Bonne année ! Une excellente santé, de la joie, de l’amour mais surtout, des lectures positives !
    Le Vampire Aigri Articles récents…Sherlock Holmes contre Frankenstein, de David Whitehead,My Profile

    • Audrey says:

      J’aime beaucoup le style de Masterton 🙂

      J’ai moins accroché à celui là qu’au Portrait du Mal. Peut être parce que je l’ai lu dans un état de grande fatigue et que ça aide pas forcément à s’extasier sur un bouquin. Peut être qu’enchainer deux romans du même auteur n’est pas malin. Ou alors peut être que le Portrait du Mal est plus accessible aux néophytes, c’est peut être la raison pour laquelle il a été réédité ?

      C’est vrai qu’on ne trouve plus Walhalla en neuf, pour ma part je l’ai emprunté à un ami (qui ne l’avait jamais lu).

      Une trèèèèèèèèèès bonne année à toi aussi ! 😀

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