Critique Viens là que je te tue ma belle, de Boris Bergmann

« Clac, clac, clac, clac,…

J’adore écouter le bruit du talon de mes boots sur le marbre blanc de mon hall d’entrée. Quand je passe devant le miroir, je croise mon doux reflet, glacé dans l’immensité argentée, qui se répète… Qui se répète… Jusqu’à l’infini. Je reste quelques secondes à me regarder. Puis, quand tout est parfait, quand mes cheveux brillent à la lueur des derniers rayons du soleil couchant, quand le khôl noir sous mes yeux fait disparaître les traces de cernes des nuits dernières…

Et seulement à ce moment… Je commence à m’admirer. Je dois être parfait. »

 

Viens là que je te tue ma belle est le premier roman de Boris Bergmann. En 2007, quand ce roman-tout-neuf reçoit le prix Flore du Lycéen, son auteur a seulement 15 ans. A l’époque, il paraît que la promotion du livre a vraiment tourné autour de cela, l’âge de l’auteur. Cet auteur si jeune et si… Bref. On disait qu’il était le nouveau Beigbeder. Sans rien savoir de ce livre, j’ai été attirée par le titre alors je l’ai acheté.

Viens là que je te tue ma belle est en partie autobiographique. Mais pas seulement puisque l’auteur précise bien qu’il s’agit d’un journal imaginaire. Soit. Peu épais, écrit gros avec des chapitres courts, très courts, Viens là que je te tue ma belle nous raconte l’histoire d’Isidore un collégien parisien de 13 ans qui découvre le rock et accessoirement, la vie. Isidore, le timide, le craintif, le mec effacé va devenir celui que l’on connaitra sous le nom d’Aldo. Aldo boit, baise, se bat et méprise le monde entier et n’a qu’un but : faire aux autres ce qu’il ne voudrait pas qu’ils lui fassent.

Le souci principal de ce roman est qu’il tourne en rond. Au final, Aldo ne nous parle que de ses soirées passées dans les salles underground de Paris. Musique, transe, alcool, filles-à-franges, mère-pas-contente, encore de l’alcool, encore des filles… Ok. Au final on comprendra une chose : à coups de répétitions sans intérêt qui semblent combler un vide immense, ce livre n’a aucun contenu et le peu qu’on nous propose sonne creux tant l’auteur semble vouloir se donner un style sulfureux.

S’il y a quand même un certain style qui pourra paraître intéressant aux yeux de certains lecteurs, voire prometteur, le tout est prétentieux, très cliché et j’imagine qu’à l’époque (il y a quand même 6 ans qu’il est sorti), son succès n’a été que le fruit d’un phénomène de mode.

A savoir malgré tout : l’auteur en est à son 3ème roman et apparemment, Viens là que je te tue ma belle va être adapté pour la télé.

4 comments

    • petiteconne says:

      « viens là que je te tue ma belle » est une phrase qui n’a guère de lien avec le contenu de l’histoire. C’est juste un truc qu’il murmure à une fille rencontrée dans un concert. Apparemment, la fille surkiffe la réplique et est toute émoustillée. Moi j’aurais juste trouvé ça flippant mais bon.

    • petiteconne says:

      En tous cas, ça sent surtout le mec qui voulait faire du Beigbeder je trouve. Donc même si personne ne l’a aidé, il s’est fortement inspiré d’une certaine littérature.

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