Critique Une vie meilleure, Rachel Rhys

Publié aux Éditions Denoël le 18 janvier 2018 et traduit de l’anglais par  par Mélanie Trapateau, Une vie meilleure est un roman de Rachel Rhys (le pseudo qu’utilise l’auteure Tammy Cohen, connue pour ses thrillers psychologiques).

Résumé éditeur

Mon avis

Alors que la seconde guerre mondiale est sur le point d’éclater, nous quittons l’Europe à bord de l’Oronte aux côtés de notre chère Lily. Jeune, pleine de projets, elle oscille entre son besoin d’indépendance, son envie de voir le monde et la peur de partir loin de ses parents et de son frère, qui restent évidemment à quai. Si les passagers qu’elle va côtoyer pendant 5 semaines de voyage ne remplaceront évidemment pas sa famille, au moins a-t-elle la chance de ne pas se retrouver esseulée : entre ses deux camarades de cabine et ceux qu’elle croisera chaque jour (notamment à table), elle ne risque pas de s’ennuyer. Il y a les sympas, comme Audrey (avec un prénom pareil, elle ne pouvait que l’être, sympa !), les moins sympa (comme Ida, complètement aigrie), les bizarres et difficiles à cerner (Edward et Helena) et les fascinants/dangereux (comme Eliza et Max Campbell qui eux, ne voyagent pas en classe économique mais qui n’ont de cesse de quitter le pont des riches pour se mêler à la petite troupe). Et j’en passe ! Une belle galerie de personnages tous autant agréables à découvrir les uns que les autres. On comprend vite qu’ils ont (presque) tous des secrets, des choses à cacher coûte que coûte…

…ne sont-ils justement pas tous en route vers une vie meilleure, grâce à laquelle ils pourront oublier leur passé ?

Très vite, le roman nous plonge dans la vie à bord du bateau. Rythmée par les nuits, les repas, les activités à bord et bien entendu, les escales, cette dernière s’écoule lentement, dans une ambiance que je qualifierai de surannée et qui qualifie d’ailleurs très bien l’œuvre dans son intégralité. Ce n’est pas un reproche, loin de là, juste un constat plutôt agréable à faire puisque j’ai justement aimé ce côté un peu désuet. L’œil de Lily, par lequel nous voyons les différents pays, est d’ailleurs très naïf et renforce cet aspect « sorti d’un autre temps ». Il est vrai que la jeune femme n’a jamais quitté le Royaume-Uni et nous sommes dans les années 30 : imaginez un peu ce que ce voyage représente pour elle ! C’est une ouverture sur le monde ! Et c’est passionnant à suivre !

Le contexte historique (rappelons que les passagers sont à bord d’un bateau et qu’ils n’ont que peu accès aux nouvelles du monde) n’est qu’une toile de fond mais n’en est pas moins important. Les tensions qui se font sentir sur le bateau sont en partie liée à ce contexte. Les juifs sont évidemment au cœur des problèmes et bien peu considérés par la plupart des passagers… Lily, qui se lie justement avec Maria, va forcément s’attirer quelques ennuis….

Ce que je regrette ?

Justement, la naïveté de Lily ! Parfois, elle m’a semblé bien bête et surtout, j’ai trouvé qu’elle manquait de caractère. C’est une gentille fille et une fille normale, si on remet les choses dans le contexte de l’époque mais bien souvent, je l’ai trouvée lâche et sans panache. J’avais envie de la secouer. Puis j’ai peu apprécié que les deux personnages « méchants » de l’histoire soient présentés comme des gens laids et repoussants. Certes, il arrive que les gens les plus mauvais soient également laids mais je trouve toujours que c’est une facilité un peu bête d’associer laideur et agressivité. À moins que, rebutée par leurs caractères, Lily ne se focalise sur leurs défauts physiques… N’empêche que c’était un peu agaçant.

En quelques mots,

J’ai beaucoup aimé l’ambiance de ce roman. Si je lui ai trouvé quelques petites longueurs dans sa dernière partie, j’ai aimé que l’auteure joue avec nous (qui est la femme qui se fait arrêter dans le prologue, alors que le bateau vient d’accoster en Australie ?) mais également qu’elle nous présente une belle galerie de personnages. J’ai aimé les thèmes du roman, les tensions qui grandissent au fur et à mesure du voyage, j’ai aimé l’exotisme des escales que j’ai vécu par les yeux de notre héroïne. Il me semble pourtant important de terminer cette critique en vous précisant qu’Une vie meilleure n’est absolument pas un thriller. Son rythme est lent, il y a certes pas mal de secrets et et de choses à découvrir mais, contrairement à ce que laisse entendre le prologue, il n’y a pas d’enquête. Nous ne sommes pas chez Agatha Christie. Une fois prévenus, nous pourrez vous plonger avec délices dans cette histoire au charme certain. Une chose est certaine : après cette traversée, Lily ne sera plus jamais la même ! … et vous n’êtes pas au bout de vos surprises !

7 comments

  1. A-Little-Bit-Dramatic says:

    Je ne connais pas ce roman mais il me tente bien. La couverture au premier abord ne laisse pas du tout présager un roman historique, surtout avec une intrigue relativement peu légère, d’après ce que j’ai pu comprendre à la lecture de ton billet. 😉 Je ne sais pas pourquoi mais en lisant le résumé, j’ai pensé tout de suite au Jardin des Secrets, le roman de Kate Morton où une petite fille embarque, en partance pour l’Australie. Ce n’est pas du tout la même chose mais c’est cela que ça m’a évoqué aussitôt et je pense vraiment que ce roman pourrait me plaire. Il faut que je me le note quelque part pour ne pas l’oublier ! ! 😉
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    • Audrey says:

      Je pense qu’en effet, tu pourrais trouver de l’intérêt à cette lecture. Ce n’est pas un thriller donc ça pourrait te correspondre. Le thème du voyage est intéressant et les personnages, assez attachants dans l’ensemble.
      Je vois tout à fait ce que tu veux dire, au sujet de Kate Morton même si en effet, les deux romans n’ont guère de points communs. Je suis d’ailleurs plus fan de Kate, pour tout te dire ^^

    • Audrey says:

      Il ne faut pas mettre de côté cet ouvrage juste à cause de ma réflexion au sujet de l’héroïne 🙂 Elle n’a pas beaucoup d’expérience de la vie et se fait facilement embobiner.. Ajouté au fait qu’elle manque de confiance en elle. Bien souvent, elle ne fera pas les bons choix par légèreté (plus que par méchanceté ou égoïsme) mais elle est terriblement humaine en cela. Sa qualité est finalement d’être assez lucide sur son propre comportement.

    • Audrey says:

      Mais tu pourrais regretter un manque de rythme par contre, surtout que l’historique n’est pas vraiment ton genre de prédilection, même si tu en lis.

      • zofia says:

        Oui je comprends ce que tu as voulu dire mais je me connais, au vu de ce que tu en dis, je pense que j’aurais du mal avec l’héroïne, malheureusement…
        Et comme tu le dis, vu que l’historique n’est pas mon genre de prédilection, à cause de l’héroïne, ça risque de m’empêcher d’apprécier totalement l’histoire.
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        • Audrey says:

          Oui c’est sûr. Après, ça reste quand même un titre très intéressant à lire… si on aime ce genre 🙂 C’est assez riche en surprises, disons que j’ai été étonnée pendant ma lecture, preuve que l’auteure a vraiment fourni un roman de qualité.

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