Critique Une vie entre deux océans

Il était HORS DE QUESTION que je laisse passer l’occasion de voir ce film au cinéma. J’ai acheté le livre juste avant la séance puis je me suis engouffrée dans la salle obscure.

L’histoire me tentait beaucoup mais j’étais également intéressée par le casting (forcément !) mais j’avais aussi toute confiance en le réalisateur, Derek Cianfrance à qui l’on doit Blue Valentine ou encore The Place Beyond the Pines deux films qui, s’ils n’avaient pas été des coups de cœur pour moi, m’avaient quand même éblouis par leur beauté.

116614-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxL’histoire

Quelques années après la Première Guerre mondiale en Australie. Tom Sherbourne, ancien combattant encore traumatisé par le conflit, vit en reclus avec sa femme Isabel, sur la petite île inhabitée de Janus Rock dont il est le gardien du phare. Mais leur bonheur se ternit peu à peu : Isabel ne peut avoir d’enfant… Un jour, un canot s’échoue sur le rivage avec à son bord le cadavre d’un homme et un bébé bien vivant. Est-ce la promesse pour Tom et Isabel de fonder enfin une famille ?
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 Mon avis

 Une vie entre deux océans est un drame. Une histoire d’amour. Une histoire d’enfant et de maternité. Mais surtout, c’est un drame. Alors si vous n’allez pas pleurer pendant 2h13, vous ne sortirez pas forcément de la séance dans la joie et la bonne humeur. Vous êtes prévenus !
Pour aimer ce film, il ne faut pas avoir peur des grands sentiments. Il ne faut pas détester le romantisme, le romanesque. Autant de choses à ne surtout pas confondre avec la sensiblerie facile ou le larmoyant. Ce long métrage n’est pas là pour vous tirer des larmes faciles, disons que c’est l’histoire en elle-même, et non les procédés narratifs, qui viendront vous soutirer quelques grandes émotions.
Voilà pour le fond.
Pour ce qui est de la forme, je reconnais que Une vie entre deux océans est un film très académique, avec une trame prévisible. Cela dit, c’est une recette qui marche et qui, à mon sens, fait la qualité de ces films dramatiques que l’on aime voir et revoir, année après année. J’aime les films originaux et très modernes et en même temps, je suis persuadée que ce sont les films dits « classiques » qui vieilliront le mieux. Et puis de toute manière, l’époque et le sujet ne se prêtent absolument pas aux délires cinématographiques.
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Je ne pourrais pas dire qu’Alicia Vikander m’a bluffée dans ce rôle… parce que je sais déjà qu’elle est extraordinaire. Et c’est peu dire. Je l’avais adoré dans Mémoires de jeunesse, dans The Danish Girl et son interprétation d’Isabel est dans la même lignée. Elle est tellement touchante, tellement juste dans tous les scènes, des plus intenses aux plus banales… Cette fille est absolument prodigieuse. J’espère qu’elle ne se perdra pas en route et qu’elle continuera à choisir de beaux rôles.
A ses côtés, Michael Fassbender incarne un Tom d’abord torturé par les horreurs de la guerre puis grandement perturbé par le mensonge auquel il accepte de participer… pas vraiment par lâcheté, juste pour le plaisir de voir sa belle enfin heureuse. L’acteur est lui aussi impeccable, comme toujours mais la personnalité de son personnage le rend moins attachant que celui d’Isabel. Il reste en réalité très mystérieux, on ne sait pas trop par quel type d’épreuves il est passé et surtout, il n’a ni famille, ni amis.
Autour d’eux, finalement très peu de personnages, un « vide » que l’on doit évidemment à leur isolement géographique. Rappelons quand même qu’ils vivent sur une île vraiment loin loin de tout, leur vie sociale étant rythmée par les ravitaillements ou, très rarement, par les visites qu’ils font à leurs proches.
Je n’aime pas trop sombrer dans les analyses faciles selon lesquelles je pourrais clamer que l’île et le phare sont certainement le troisième personnage principal de l’intrigue… Mais ça ne parait finalement pas si bête de le préciser. C’est vrai, ils sont omniprésents et tout comme nos personnages, passent par toutes les émotions possibles et imaginables avec les merveilleux couchers de soleil, la beauté des journées estivales mais également par les plus terribles tempêtes. J’ai beaucoup aimé le lieu, le phare et même la maison de Tom sans parler de l’omniprésence de l’eau autour d’eux qui rend le site aussi sublime que, il faut bien le dire, légèrement oppressant.
[J’ai beau avoir le rêve de vivre un temps dans ce genre de lieu, isolée du monde, je me connais : au bout d’un mois, je deviendrai totalement folle]
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En bref,

Une vie entre deux océans a été totalement le film que je pensais voir. Un duo central magistral, des paysages magnifiques, une histoire aussi prenante que douloureuse… Bien sûr, je regrette un peu la fin, pour plusieurs raisons mais aussi parce que j’ai trouvé que dans les dernières minutes, le réalisateur forçait un peu trop sur la corde sensible. Mais c’était bref. Et vu de l’histoire racontée, pas si incohérent que ça.

Maintenant, pour poursuivre le plaisir du visionnage, il me reste à lire le livre !

9 comments

    • Audrey says:

      Michael Fassbender est un excellent acteur, ça c’est clair !
      Et il le prouve encore une fois ici ! Après, j’ai été plus bluffé par son travail dans Macbeth ou, il y a un peu plus longtemps, dans Shame. Il m’avait plus captivée ce qui ne veut pas dire qu’il a raté son coup avec le rôle de Tom 🙂 Mais peut être aussi que j’étais plus concentrée sur Alicia ^^

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