Critique La vie domestique

Sortie : le 2 octobre 2013

 J’avais bien aimé D’amour et d’eau fraîche, le précédent long métrage d’Isabelle Czajka. Cette chronique douce amère sur une jeune femme tentant de se faire une place dans le monde du travail m’avait marquée même si je n’avais pas tout à fait adhéré pour autant, notamment à cause d’une certaine lenteur. J’ai trouvé cette ambiance particulière, cette touche très personnelle dans La vie domestique.

Mariée à un proviseur, Juliette était prof mais attend à présent une réponse pour un poste important dans une maison d’édition. Après des études aux quatre coins du monde et deux grossesses, elle vit à présent dans une banlieue résidentielle assez aisée qu’elle n’est pas certaine d’apprécier. Ici, les femmes ont la quarantaine. Elles ont quitté leur travail pour vivre dans des maisons au décor soigné. Leurs maris rentrent tard et elles passent la journée à entretenir la maison et à élever leurs enfants.

La vie domestique est, a priori, un petit film français plutôt modeste mais c’est sans souci qu’il m’a embarqué avec lui tout au long de ses 1h33. J’ai beau avoir moins de 30 ans et pas encore d’enfants, l’histoire de cette femme qui se bat contre cet engluement auquel elle semble prédestinée a quelque chose de drôle et de touchant à la fois. Emmanuelle Devos incarne l’héroïne principale à la perfection  (j’ai envie de dire : comme toujours !).

Sans être ultra féministe pour autant (vous ai-je déjà dit que je déteste les féministes ?), La vie domestique envoie un message assez fort quant à la condition féminine dans la vie d’aujourd’hui. Alors évidemment, la vie de ces bourgeoises de banlieue est bien belle à côté de celle que vivent d’autres femmes, dans le monde entier. Mais toutes proportions gardées, ces  vivent une aliénation qui ne leur laisse guère de liberté. Rythmée par les horaires (ceux des repas, des sorties d’école, des rendez vous avec les copines qui, elles aussi, n’en branlent pas une de la journée…), leur vie m’a parue bien triste, voire oppressante. Le constat est amer, peut-être un brin cynique. C’est sans doute un parti pris car la réalisatrice nous montre UNE journée parmi tant d’autres et mère de famille ou non, on ne vit pas forcément des journées palpitantes 7 fois par semaine…

La vie domestique est donc un très bon film à mes yeux.  Jamais triste et pourtant assez pesant, il est d’une grande justesse. On suit ces Desperate Housewives le temps d’une journée mais des faits, a priori sans intérêt, deviennent carrément captivants grâce au talent d’une réalisatrice que j’apprécie tout particulièrement. Le seul bémol ? Peut-être la fin qui n’en est pas vraiment une. On quitte Juliette à la fin d’une soirée qui l’a déçue. A chacun d’imaginer ce que sera son lendemain…On pourra également reprocher au film d’être un peu trop féroce avec les hommes qui apparaissent soit comme des gamins égoïstes, soit comme des misogynes en puissance. Trop impitoyable, La vie domestique frôle parfois un peu la caricature…

2 comments

    • Audrey says:

      C’est un film très simple mais le thème m’a parlé… Si l’histoire ne te plait pas, tu passeras quand même un moment correct grâce aux actrices !

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