Critique Par le vent pleuré, Ron Rash

Traduit de l’anglais par Isabelle Reinharez et paru chez Seuil dans le cadre de la rentrée littéraire, Par le vent pleuré est le nouveau roman de Ron Rash. L’auteur n’est pas un petit nouveau sur la scène littéraire, il a même reçu le Grand Prix de littérature policière pour Une terre d’ombre, un livre que je pense m’offrir d’ici la fin de l’année tant il me semble attrayant !

Mais revenons à ce qui nous intéresse aujourd’hui, soit ce court roman à la couverture si jolie ! (je suis fan !).

De quoi ça parle ?

Fait divers dans une petite ville au cœur des Appalaches : des ossements humains viennent d’être découverts sur la grève d’une rivière. Ces restes, ce sont ceux de la jeune Ligeia qui avait disparu des décennies plus tôt et avec laquelle notre narrateur, Eugène et son grand frère, Bill, ont passé l’été 1969. L’été qui a précédé la disparition de la jeune femme…

Les temps ont bien changé depuis, les souvenirs de ce fameux été se sont estompés depuis longtemps. En somme, les deux frères ont beaucoup vieilli, ont suivi le cours de leurs vies mais le « retour » de Ligeia va soudainement les forcer à se confronter aux fameux fantômes du passé…

Mon avis

Par le vent pleuré, c’est un peu l’histoire de la collision entre deux mondes : celui d’Eugène et celui de Ligeia. 

Le premier vit sous l’influence conservatrice d’un grand-père particulièrement dur, dans une petite ville qui est tellement paumée qu’elle semble vivre dans un monde parallèle, à l’écart du reste du pays. Le monde d’Eugène est un monde où les rumeurs de la guerre du Vietnam n’arrivent presque pas, où personne n’écoute les groupes à la mode et où le mouvement hippie n’est qu’une chimère.

La seconde vient d’une grande ville sur la côte, c’est une fille dans la tendance, qui aime les drogues, qui aime boire du rosé et qui est sexuellement très libérée. Forcément, pour un jeune homme de 16 ans, elle incarne très rapidement tous les interdits et tous les plaisirs.

Mais si elle est merveilleusement déraisonnable et légère aux yeux d’Eugène, Ligeia est avant tout une fille libre comme l’air et dans la ville de Sylva, les gens trop libres on aime pas trop ça…

C’était ma première rencontre avec l’auteur et je dois bien avouer que j’ai été un peu décontenancée par la lenteur du roman qui oscille constamment entre passé et présent, le Eugène du présent (véritable épave accro au whisky) repensant constamment à son premier amour, aux circonstances de leur rencontre et de la disparition de sa belle naïade.

L’impression qui ressort de tout cela est celle d’un profond malaise. On comprend très vite que les deux frères ont un lien avec cette disparition mais encore faut-il savoir en quoi. Eugène a-t-il tout oublié ? N’a-t-il jamais rien su de l’affaire ? J’ai été intéressée par l’histoire et en même temps, je suis restée un peu extérieure à tout cela car je n’ai pas apprécié un seul personnage de ce roman. Ils ont tous quelque chose d’antipathique, ils sont ambigus, complexes, pas mauvais mais… ils ont quelque chose de dur. Sauf Eugène, quand il rencontre Ligeia, bien sûr… Du coup, j’ai manqué d’émotions en lisant ce roman mais j’ai malgré tout été happée par la plume de l’auteur, vraiment captivante.

En quelques mots,

Par le vent pleuré est un roman qui pourrait ne pas plaire à tous les lecteurs car il est lent et à la fois, plein de tension. Le décor est grandiose, les paysages naturels (et estivaux), omniprésents. On sent la chaleur, on s’immerge dans cette petite ville, on s’y croit. D’ailleurs, plus que l’histoire en elle-même ou les personnages, j’ai aimé l’ambiance de cette intrigue, cette Amérique profonde de la fin des années 60 a quelque chose de fascinant.Malgré tout, j’ai trouvé que l’histoire de cette tragédie avait quelque chose de très classique. J’en attendais un peu plus, j’avoue.

8 comments

    • Audrey says:

      « Par le vent pleuré » est une phrase tiré d’un texte de Thomas Wolfe, un auteur oublié sur lequel le personnage d’Eugène, devenu étudiant, voulait écrire son mémoire.
      Et en effet, c’est très beau 🙂
      Je suis vraiment contente d’avoir lu ce roman, même s’il n’a pas tenu toutes ses promesses. Du moins, il ne correspondait pas à ce que j’imaginais exactement.

    • Audrey says:

      J’espère qu’il saura te convaincre alors 🙂 Je ne doute pas que tu sois sensible à cette histoire ! Eugène est un personnage intéressant bien qu’un peu cliché d’une certaine manière, tu comprendras si tu lis le roman ^^

    • Audrey says:

      Merci ! (pour le fond ^^).
      Sinon oui, c’est un roman intéressant, pas à 100 % ma tasse de thé mais l’ambiance est vraiment bien rendue et je l’ai aimé pour ça !

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