Critique Un monde sans femmes (moyen métrage)

Sortie : 8 février 2012

Durée : 54 minutes environ

Un monde sans femmes a été projeté au cinéma avec le court métrage Le naufragé. Les deux histoires, complémentaires, formaient alors un ensemble dont la durée, 1h24, était à peu près équivalente à celle d’un long métrage classique. A noter que le réalisateur, Guillaume Brac, a récemment tourné son premier long métrage : Tonnerre. Ce dernier sort à la fin du mois de janvier avec encore une fois Vincent Macaigne dans l’un des rôles principaux (bande annonce ici ).

L’histoire se passe durant la dernière semaine d’août. Nous retrouvons la côte picarde et Sylvain. Ce dernier vient d’accueillir Patricia et Juliette, la mère et la fille, dans un appartement qu’il propose à la location. Aussi charmantes l’une que l’autre, elles lui font une petite place dans leur programme de vacances. Sylvain va profiter de cette aubaine pour oublier, ne serait-ce que quelques jours, sa profonde solitude.

Un monde sans femmes est un film d’une grande finesse. Drôle et mélancolique à la fois, il est vraiment tout simple mais a quelque chose de vraiment touchant. Il confronte une adolescente plutôt mature et une maman un peu délurée à un mec du coin, généreux mais maladroit, effacé et surtout, plus vraiment habitué à côtoyer la gente féminine. Ce personnage pourrait vite basculer dans le ridicule et devenir un vrai looser pathétique à nos yeux mais la prestation de l’acteur et l’intelligence du réalisateur lui donnent une toute autre aura.

Dans Un monde sans femmes, il est de toute manière question de solitude. Celle de Sylvain qui raconte qu’il a plein de copains mais qu’on voit rarement accompagné, celle de Juliette qui, sans détester sa mère, a du mal à la comprendre et celle de Patricia, celle qui ne trouve jamais chaussure à son pied mais qui est irrésistiblement attirée par les connards. Tout s’articule autour de ces trois personnages qui amorcent des tentatives de séduction avec une certaine gaucherie pour les uns, un peu d’innocence pour les autres… Les dialogues et les regards sonnent vraiment justes et nous permettent d’éprouver une empathie immédiate avec tous les personnages.

Un monde sans femmes est un film léger et grave à la fois que j’ai regardé avec beaucoup de plaisir. Cette chronique douce-amère nous conte un amour de vacances contrarié avec tout ce qu’il a de beau et de désespérant. C’est l’histoire d’une sorte de parenthèse ayant lieu à la toute fin de l’été mais qui n’est plus vraiment enchantée. Je serai bien restée quelques dizaines de minutes de plus avec les personnages mais l’histoire, finalement assez courte, n’a pas l’occasion de perdre en intensité et il aurait peut être été dommage de jouer les prolongations.

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