Critique Tuez qui vous voulez, Olivier Barde-Cabuçon

Environ deux semaines après l’intrigue contée dans Messe noire, nous retrouvons Volnay et le moine pour une nouvelle enquête. Nous sommes toujours au cœur de l’hiver 1759 et il fait toujours aussi froid. Alors que le feu d’artifice donné par le roi absorbe une grande partie de la population parisienne, un jeune homme est retrouvé égorgé et la langue arrachée. C’est la troisième victime à périr ainsi en très peu de temps. Le seul problème : cette fois, la victime est d’origine russe.

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Cette fois encore, Olivier Barde-Cabucon nous plonge dans un Paris où les tensions sont reines. Le peuple, de plus en plus usé et abusé, couve une révolte qui trouve, encore et toujours, écho dans le cœur de Volnay. L’approche de la fameuse Fête des Fous que craint tant Sartine, les rumeurs concernant le fameux Secret du roi (des espions commandités par Louis XV)  et la présence de ce très mystérieux Chevalier d’Eon aussi malin que menteur… vont également donner du fil à retordre à nos deux enquêteurs.

L’auteur profite de ce troisième volume pour reprendre deux personnages apparus dans le second volet, soit Hélène et L’Ecureuil. Mais il en profite surtout pour introduire un autre personnage historique, ce fameux Chevalier d’Eon. Différent mais tout aussi fascinant que Casanova, un personnage présent dans le premier volume, ce chevalier fut un diplomate et un espion connu pour s’être travesti en femme pendant des années. Très ambigu, très difficile à comprendre et à suivre, il n’est pas sur le devant de la scène mais suffisamment important pour que l’intrigue le croise et le recroise tout au long de Tuez qui vous voulez. A la fois avec et contre Volnay, il va véritablement compliquer l’enquête de ce dernier !

Tuez qui vous voulez nous permet de retrouver le fameux parti dévot qui avait (entre bien d’autres) occupé le devant de la scène dans Casanova et la femme sans visage. On y parle en effet de religion avec les fameux convulsionnaires, ces gens qui s’amusent à « rejouer » certaines scènes de la bible (et que ça se fouette, et que ça se crucifie). Le monde dépeint par l’auteur semble au bord du gouffre, mené par des croyances antiques alors que certains (philosophes, scientifiques) imaginent déjà un monde moderne.

A côté de cela, il y a toujours le peuple, la misère et la prostitution qui frappent par leur banalité dans le Paris du 18ème siècle. Volnay et le moine vont d’ailleurs récupérer deux petits garçons qui mendiaient pour en faire leurs mouches (leurs espions, leurs indics quoi) ce qui place toujours plus les deux héros du côté du peuple et des plus démunis.

J’ai dévoré Tuez qui vous voulez en quelques jours. Je l’ai adoré pour les mêmes raisons que les précédents même si j’ai un peu moins apprécié l’intrigue. Les personnages sont toujours aussi sympathiques, les enquêtes bien menées et le fond historique terriblement passionnant mais le panache de Casanova (premier volume) et l’ambiance glauque de Messe Noire m’ont manqués. J’espère sincèrement qu’Olivier Barde-Cabucon pense à une suite… J’aurais pu prendre mon temps pour lire les trois premières enquêtes du commissaire aux morts étranges mais il était impossible pour moi d’attendre !!

2 comments

  1. Zofia says:

    Tu as attendu combien de temps pour lire celui-là ?! 😉
    En tous les cas, je vais espacer un peu j’ai peur de me lasser. Par exemple, j’ai tous les Karine Giebel et quasiment tous les Camilla Läckberg, je vais attendre un peu pr tous les lire.
    Zofia Articles récents…Vu, Lu, EntenduMy Profile

    • Audrey says:

      J’ai enchainé direct après le 2ème ! Et s’il y en avait eu un 4ème, je l’aurais ouvert dès la fin du 3ème ! ^^ Heureusement pour mon compte bancaire, il n’y en a que trois pour le moment !

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