Critique Tonnerre

Sortie : le 29 janvier 2014

Le Naufragé (court métrage) et Un monde sans femmes (moyen métrage) m’avaient franchement donné envie de  découvrir le premier long métrage de Guillaume Brac : Tonnerre. Cela faisait des semaines que j’attendais sa sortie et hier, c’était enfin le jour J. A l’affiche, encore et toujours Vincent Macaigne dans le rôle principal. Dans Tonnerre, il campe Maxime, un personnage finalement assez proche de celui qu’il incarne dans les deux autres films du réalisateur.

Musicien en mal d’inspiration, Maxime a quitté Paris et est revenu dans la ville de Tonnerre où habite son père. C’est dans une chambre à la tapisserie vieillotte, au cœur d’une maison sous la neige qu’il essaie de composer son nouvel album. Mélodie, une jeune pigiste venue l’interviewer va le sortir de sa routine et lui inspirer des sentiments passionnés. Mais à Tonnerre, les histoires d’amour ne durent qu’un temps et la jeune femme, indécise, va imposer les pires tourments à ce trentenaire trop sentimental.

Tonnerre est un polar romantique qui se sépare en deux parties bien distinctes. Il y a tout d’abord l’histoire d’amour qui se met en place PUIS les problèmes qui s’ensuivent. La transition est annoncée de manières subtile. La différence d’âge soulevée par certains, les sentiments incertains, l’ombre de l’ancien petit ami qui plane font partie de ces petits détails qui amorcent la plongée dans un drame amoureux beaucoup plus sombre.

Tonnerre est un film qui me tient à cœur mais si je devais être vraiment honnête, je pourrais dire qu’à mon humble avis, son intensité faiblit beaucoup dans la dernière demie heure. La mise en scène semble moins inspirée et on se détache un peu des personnages, notamment de Maxime qu’on comprend sans vraiment comprendre. C’est moins prenant, c’est moins touchant, c’est presque plus impersonnel. Le virage entre les deux univers est-il raté pour autant ? Pas vraiment. Mais j’ai été plus touchée par la première partie qui fonctionne bien mieux à l’écran.

Finalement, ce n’est pas l’intrigue que j’ai préféré dans Tonnerre mais plutôt ces moments où il ne se passe rien de spécial. Comme dans ses œuvres précédentes, le réalisateur a su saisir ces petits moments que l’on pense sans intérêt mais qui nous touchent car ils ressemblent à notre vie quotidienne. Il y a un certain sens du détail et surtout, la création d’une ambiance particulière, d’une atmosphère romantique et mélancolique. Les images de cette petite ville de province sous la neige, glaçantes et belles, y sont sans doute pour beaucoup.

Le fait que Guillaume Brac ait mis en scène plein de personnages joués par des personnes comme vous et moi (autrement dit, pas des acteurs professionnels) donne également un côté naturel et authentique au film qui m’a particulièrement plu. Et encore une fois, j’ai trouvé Vincent Macaigne excellent, gauche et drôle puis plus brutal. Le duo qu’il forme avec son père, Bernard Menez est l’une des grandes forces du film. J’ai moins craqué sur la jeune Solène Rigot que j’avais déjà vu dans 17 filles. Je n’ai pas sa voix ni son jeu d’actrice et j’ai eu du mal à croire en son pouvoir constructeur dans un premier temps, puis à sa force destructrice.

Je n’ai pas du tout été déçue par Tonnerre même s’il n’est pas tout à fait le film que j’attendais. J’ai l’impression qu’il bénéficie d’une promo un peu plus conséquente que ce que j’aurais pu penser et j’espère que beaucoup de gens iront le découvrir en salles. Hier, nous n’étions qu’une dizaine de personnes…

3 comments

    • Audrey says:

      C’est un film qui n’est pas sans défauts mais qui vaut quand même le coup d’être vu, ne serait ce que pour « encourager » un réalisateur qui vaut la peine d’être connu je pense. J’espère qu’il passera dans ton coin !! J’avais qu’une peur, qu’il ne passe pas dans le petit ciné indépendant près de chez moi. Mais sinon, je serai allée sur Lyon !

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