Critique Terminus Elicius, de Karine Giebel

Quand j’ai lu la critique de Zofia, j’ai eu immédiatement envie de me plonger dans cette histoire. Bizarrement, ce n’est pas le premier Giebel que j’ai ouvert pour autant… Je sais également que c’est le 3ème de cette auteure que je lis en peu de temps mais promis, j’ai deux mangas à lire ainsi que le dernier Tracy Chevalier à découvrir alors je vais laisser tomber les polars pendant quelques jours.

Terminus elicius, c’est quoi ? C’est l’histoire de Jeanne. De la pauvre Jeanne. 28 ans, pas de mec, pas d’amis, vit encore avec sa mère à Istres et vit un quotidien maussade, rythmé par les aller retours ferroviaires quotidiens entre Istres et Marseille. Si elle bosse dans un commissariat, c’est en tant que simple secrétaire. Pas vraiment causante, ni vraiment affable, elle n’attire pas vraiment le regard de ses collègues féminines et encore moins celui du capitaine Esposito alors qu’elle le trouve si beau… Il faut dire que ce dernier est plutôt occupé en ce moment : un serial killer sévit à Marseille ! Tout aurait pu continuer ainsi si Jeanne n’avait pas trouvé une lettre pour elle, sur son siège habituel dans le train. Une lettre d’amour. Une lettre d’Elicius, le fameux serial killer que tout le monde recherche !

Jeanne est, pourrait-on dire, une anti-héroïne. Presque antipathique, elle nous est tout d’abord dépeint sous son jour le plus noir : effacée, fade, mal fagotée, peureuse, maniaque. Pas vraiment le genre de fille que tu as envie d’avoir pour amie. Néanmoins, j’avoue que je n’ai pas pu la détester car j’ai immédiatement senti sa solitude immense, sa douleur, ses névroses et si, bien entendu, je n’ai pas grand-chose de commun avec elle (enfin j’espère), j’ai toujours tendance à m’attacher aux personnages les moins gâtés par la nature.

Autant vous le dire tout de suite : j’ai adoré ce roman. Relativement court, très prenant, il nous chamboule à chaque page et, chapitre après chapitre, je n’y tenais plus : j’attendais la prochaine lettre d’Elicius avec autant d’excitation que de peur…un peu comme Jeanne, en fait. La relation étrange qui se tisse entre les deux, le mystère qui plane sur le personnage d’Elicius, les crimes qui s’accumulent… autant d’éléments qui nous font nous accrocher à cette lecture. A cela il faut bien entendu ajouter l’espèce de « double jeu » que joue Jeanne. Si elle bosse dans le commissariat chargé de l’enquête, elle dispose des informations qui pourraient changer la donne mais qui choisir ? Aider Esposito et trahir Elicius ? Ou rester fidèle au tueur et dire adieu à la belle gueule d’Esposito ?

Karine Giebel prend plaisir à semer le trouble, à nous amener sur de fausses pistes pour nous y abandonner, elle prend son temps tout en imposant un rythme haletant à son histoire et plus la relation trouble (aussi romantique que dangereuse) évolue, plus on prend peur pour Jeanne. C’est vraiment…oppressant. Le style est toujours bref, tranchant, les phrases sont courtes mais pas moins lourdes de sens pour autant… je me suis laissée porter jusqu’au bout sans jamais trouver de longueurs, sans jamais trouver telle réplique ou telle scène ridicule. Bref, encore une très belle surprise et j’ai bien hâte de lire Jusqu’à ce que la mort nous unisse, le seul Giebel que j’ai encore en stock dans ma bibliothèque !

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