Critique Le témoignage du pendu, Ann Granger

9782264066831L’histoire

Alors qu’il était sur le point de se mettre à table avec Lizzie, sa femme, l’inspecteur Benjamin Ross est appelé à la prison de Newgate. Mills, un condamné à mort (c’est pour le lendemain matin), veut à tous prix le voir.

Avant de mourir, il veut décharger sa conscience et lui raconter l’histoire d’un meurtre, un meurtre dont il a été le témoin 16 ans plus tôt et que, pour des raisons personnelles, il n’avait pas souhaité dénoncer sur le moment.

D’abord assez détaché (qui irait croire les paroles d’un homme sur le point d’être pendu ?) l’inspecteur se prend finalement au jeu… Mais peut-on encore enquêter sur une histoire aussi ancienne ?

Mon avis

Le témoignage du pendu est le 5ème opus des enquêtes de Lizzie et de Ben Ross mais notre chère Lizzie va rester assez inactive, à part au début de l’ouvrage : c’est elle qui lance les recherches avec Bessie et le cocher qu’elle a rencontré dans le tome 1. Et oui, ce n’est pas toujours facile de construire des histoires plausibles avec deux enquêteurs, surtout sur le long terme ! [Même Anne Perry met parfois Charlotte entre parenthèses dans ses récits !] Cela n’en reste pas moins dommage, très dommage car Lizzie reste inexploitée et, il faut bien le dire, le personnage n’est plus aussi intéressant qu’au début…

L’auteur nous sert malgré tout de quoi nous mettre sous la dent car nous avons affaire à une double intrigue : nous avons l’histoire avec Mills, le condamné à mort et une autre petite enquête, celle d’une femme et de son enfant, toutes deux disparues. de manière mystérieuse. Et le mari veut les récupérer !

Je ne vous cache pas qu’à un moment, les deux enquêtes vont se rencontrer, d’une manière que l’on pourrait trouver superficielle mais qui ne m’a, pour ma part, pas non plus choquée.

Disons que j’étais déjà chagrinée par l’idée de départ, donc je n’étais plus à une mauvaise surprise près. Voyez-vous, je ne brille pas toujours par mon esprit d’analyse mais parfois, je bloque sur des choses. Dans le cas de ce roman, je n’ai jamais pu adhérer à l’idée de départ, soit celle selon laquelle un inspecteur déjà débordé par les crimes du présent trouve le temps (et l’envie !) d’aller déterrer une histoire vieille de 16 ans. Je suis peut-être cynique mais après 16 ans, que peut-on bien faire ? Encore, si l’enquête avait été demandée par un membre de la famille concernée, quelqu’un qui ne s’était jamais remis de cette mort, j’aurais dit ok ! L’enquête aurait eu une dimension sentimentale, Ben aurait fait une bonne action en partant en quête de la vérité… Mais là… Y aller parce qu’un condamné à mort lui a demandé… Moi j’ai trouvé ça étrange.

On le sait, le style d’Ann Granger est simple, très fluide. J’aime bien généralement mais là, pour la première fois, je l’ai trouvé un poil trop simplet. Est-ce la faute de Zola que je prends en intraveineuse ces derniers temps ? La chose aurait encore été surmontable si je n’avais pas trouvé certains passages franchement relous. A bien des occasions, j’ai en effet eu l’impression qu’Ann Granger introduisait de manière quelque peu artificielle son savoir sur l’époque victorienne, notamment sur la condition féminine ou encore le sort des pauvres. Ai-je eu cette impression parce que j’avais déjà vu et revu ces thèmes chez Anne Perry ? Aucune idée.

En bref, une enquête un peu légère, trop facile, pas assez fouillée, une Lizzie complètement effacée et quelques soucis de crédibilité (du moins pour moi mais bon, je me connais, des fois je tique sur des choses qui passent très bien chez les autres) = une 5ème lecture en demie teinte. Cela ne m’empêchera pas de lire le tome 6. Je sais qu’il est sorti en anglais en juin, il finira bien par arriver chez nous et je serai au rendez-vous !

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6 comments

  1. sanasan says:

    Une longue série peut parfois se révéler très inégales. Et parfois non, on peut simplement être saoulé 😉 D’après mon expérience sur la lecture des séries, les 1er tomes sont toujours les meilleurs. Les auteurs s’obstinent parfois à nous pondre des saga à rallonge mais n’est pas Agatha Christie qui veut… (bon même elle à la fin c’était plus ou moins bof 😉 )

    • Audrey says:

      Oui t’as pas tort !
      Après, je pense que dans le domaine du polar, il est possible de tenir pendant pas mal de volumes, à condition de travailler également la vie perso des personnages récurrents. C’est ce que je reproche notamment à Ann Granger : Ben et Lizzie ne bougent pas, leur vie privée est presque pas évoquée et leur relation encore moins. Du coup je m’en détache de plus en plus.

      Anne Perry n’a pas ce défaut, ses personnages évoluent au fil du temps, ont des enfants, déménagent,… ça les rend plus « vrais ».

      Bon à côté de ça, il y aussi l’enquête qui est ici, bas de gamme.

      Mais bon, pour revenir encore une fois à Anne Perry, tous les tomes de sa série sur les Pitt ne se valent pas, c’est un peu pareil !

      Je ne pense pas que cette lecture mitigée provienne de moi et d’une possible lassitude car j’aime vraiment les polars victoriens… et ma lecture du dernier Ann Granger en date remonte à Février donc je ne risque pas l’overdose ! ^^

  2. A-Little-Bit-Dramatic says:

    J’ai beaucoup aimé ce tome-là ! Il m’a surprise… ! C’est vrai qu’on y voit moins Lizzie et c’est dommage mais j’ai aimé suivre deux enquêtes en parallèle…Et Ann Granger continue de nous faire un portrait fouillé de cette époque victorienne bien inégale… ! Pour moi, cette saga vaut vraiment le coup et j’ai déjà hâte de la poursuivre !
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