Critique Suzanne

Sortie : le 18 décembre 2013

Aller voir Suzanne le jour de sa sortie n’était pas non plus une priorité mais j’avoue que j’étais intriguée par ce film et que j’avais hâte d’en savoir plus. Le thème, soit le portrait d’une femme amoureuse et passionnée, m’intéressait mais j’avais également envie de voir François Damiens dans un nouveau rôle à contre emploi (même si ce n’est pas son premier rôle « sérieux », on le sait).

L’histoire ? C’est celle de Suzanne. Elle a grandi sans sa mère et durant son enfance, avec sa sœur et son père, elle a passé de longues heures sur la tombe de celle qui lui a donné la vie. Devenue ado, elle tombera enceinte, gardera l’enfant et cherchera par tous les moyens à combler ce terrible manque d’amour qui la ronge.

Vous avez peut-être lu, vous lirez et vous penserez sans doute beaucoup de bien de ce film et c’est vrai que d’une certaine manière, il le mérite. Les relations familiales qui sont évoquées dans ce film, celles de deux sœurs inséparables et de leur père, aimant mais un peu trop maladroit sont vraiment touchantes et à mes yeux, elles donnent tout son intérêt à Suzanne. Les acteurs sont tous géniaux, des enfants aux plus grands. J’ai beaucoup aimé les personnages mis en scène même si finalement, j’ai eu plus d’affection pour le père et la sœur de Suzanne que pour l’héroïne elle-même. Pourtant Suzanne a quelque chose de touchant, de vrai. Elle recherche un idéal, a des envies d’absolu et va toujours jusqu’au bout de tout. Oui mais voilà, elle reste bien trop mystérieuse.

Néanmoins, le plaisir de voir ce film a été pollué par un bémol plus qu’agaçant : les ellipses temporelles nombreuses et longues. Je savais, à la base, qu’on allait franchir plusieurs années le temps d’1h34 de film mais je ne pensais pas qu’on nous catapulterait de 5 ans en 5 ans (pas toujours, certes, mais les années passent souvent vite !) sans jamais rien nous expliquer de ce qui se passe entre temps. Bien sûr, cela fait rêver, cela fait fonctionner ses méninges mais à mes yeux, cela a été trop frustrant et je suis bel et bien restée sur ma faim.

J’ai limite envie de dire que réaliser un tel film, c’est choisir la facilité. C’est facile d’écrire des petites scénettes intenses et lourdes de sens puis de couper dans le vif et de situer la suite des années plus tard. C’est paresseux. C’est beaucoup plus dur de mettre en scène une histoire de A à Z en la rendant logique et intéressante. Je fais partie de ceux qui, sans avoir besoin d’une histoire linéaire pour autant, aiment tisser des liens lents avec les personnages. Et là, les choses allaient trop vite. C’est une course dont on ressort un peu fatigués. A de nombreux moments je me suis dit « et merde, en fait t’es en train de voir le résumé d’un très long film ou une très longue bande annonce, au choix » d’où une impression de superficialité, de ne jamais aller au fond des choses. Bref, ces choix artistiques m’ont vraiment gênée, on l’aura compris.

Ce n’est que mon avis et il vaut ce qu’il vaut mais je suis déçue par Suzanne qui ne restera pas un film mémorable pour moi. J’ai aimé son réalisme, la famille et les femmes qu’il met en scène, j’ai adoré les interprétations des acteurs qui y sont au top mais je trouve que les sauts dans le temps brisent l’intensité que l’histoire aurait méritée.

One comment

  1. auroreinparis says:

    Je suis tout à fait d’accord sur le fait que ellipses narratives qui sont la force du film en sont aussi la faiblesse car pas bien exploitées à mon sens. J’ai aussi adoré François Damiens mais impossible de m’attacher à Suzanne et encore moins à son mec qui manque clairement de charisme.

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