Critique La Sonate oubliée, Christiana Moreau

Artiste belge, Christiana Moreau peint et sculpte. La sonate oubliée est son premier roman. Publié aux éditions Préludes en janvier 2017 il a, depuis, connu un beau succès auprès des lecteurs.

De quoi ça parle ?

La sonate oubliée s’articule entre deux époques. Celle de Lionella et celle d’Ada. Elles ont le même âge, ont pour passion le violoncelle mais ne vivent pas à la même époque.

Lionella, qui vit à notre époque, cherche un morceau capable de lui permettre de s’illustrer au prochain grand concours Arpèges. Quand son meilleur ami Kevin lui rapporte un coffret en métal, trouvé en brocante, elle sait qu’elle est une piste. Car le coffret contient en effet un journal intime, une médaille coupée et une partition pour violoncelle dont le style ressemble étrangement à une sonate de Vivaldi.

Ces documents lui permettent alors de se plonger dans la vie d’Ada, jeune orpheline du XVIIIe siècle, pensionnaire de l’Ospedale della Pietà, à Venise, établissement réputé dans lequel Antonio Vivaldi enseignait la musique.

Mon avis

Pour parler correctement de La sonate oubliée, il faudrait prendre le temps d’expliquer en détails le fonctionnement de l’Ospedale della Pietà, soit de cette institution italienne qui récupérait les enfants orphelins, illégitimes ou abandonnés. Sur place, il n’y avait que des filles, ces dernières grandissant et vieillissant derrière les murs de l’établissement, cloitrées comme des nonnes. Celles qui montraient des dispositions particulières pour la musique ou le chant bénéficiaient d’une éducation très poussée dans ce domaine et se produisaient lors de concerts dont la réputation était immense. Il y avait plusieurs ospedale à Venise mais celui où évolue le personnage d’Ada était parmi les plus renommés. Parmi les maîtres à y avoir enseigné et composé, on peut citer Antonio Vivaldi. Il enseigna à l’Ospedale della Pietà de 1713 à 1740 et évolue parmi les personnages fictifs créés par l’auteure.

Je ne reviendrai pas sur l’histoire d’Ada car une critique n’a pas pour fonction de raconter à nouveau l’histoire mais sachez que j’ai trouvé passionnants tous les passages qui traitent des premières années de sa vie, de son apprentissage et de ses rapports avec Vivaldi, sa romance avec un bel inconnu m’ayant moins captivée. C’est grâce au développement de ce personnage que l’auteure m’a appris beaucoup beaucoup beaucoup de choses, notamment sur Vivaldi dont j’ignorais le parcours. J’en suis reconnaissante et je sais que je vais approfondir mes premières connaissances sur le sujet par le biais de d’autres lectures.

Le décor du roman, le Venise du 18ème siècle est également d’une grande beauté, bien rendu, immersif. L’auteure intègre beaucoup de mots d’italien dans son récit ce qui donne un côté très authentique à l’histoire.

Oui mais voilà, tout cela intervient dans les passages du roman qui traitent d’Ada. Dès que l’auteure revient à Lionella, j’ai été moins emballée par l’histoire, pour tout vous avouer. Déjà, parce que le style d’écriture change et devient un peu trop simple, presque familier par moment, sans doute pour contraster avec la partie historique. Puis finalement parce que l’histoire, en tant que telle, n’a finalement de l’intérêt que parce qu’elle évolue au rythme des découvertes que Lionella fait sur Ada. Du moins, c’est mon avis personnel sur la question, il est donc loin d’être universel ! Une chose est certaine, Lionella en elle même ne m’a pas touchée ni intéressée. Peut-être suis-je passée à côté du personnage ? Je me serais volontiers contentée d’un roman entièrement axé sur Ada car je l’ai trouvé intéressante et j’aurais adoré en savoir plus sur elle, sur son parcours, sur son époque !

En quelques mots,

La sonate oubliée m’a permis de voyager dans le temps et pour cela, je l’ai apprécié. Christianna Moreau parle très bien de la création musicale, de l’amour de la musique mais également de l’effort et des sacrifices qu’une telle pratique exige chez ceux qui s’y adonnent. Si leurs parcours sont différents, nos deux héroïnes se caractérisent, je crois, par leur passion qui va de pair avec une certaine solitude. Si ce roman est un roman doux et musical qui se lit rapidement, je regrette de ne pas avoir accroché avec le personnage de Lionella. De son attitude à ses conversations avec son ami Kevin, elle m’aura un peu ennuyée. Heureusement Ada ne manquait pas d’intérêt.

12 comments

  1. A-Little-Bit-Dramatic says:

    J’avais déjà croisé ce roman et j’avais remarqué qu’il avait été publié chez Préludes, la même maison d’édition que Les mots entre mes mains, lu l’an dernier et que j’avais beaucoup aimé ! Vu qu’il avait été une bonne surprise, je m’étais dit que j’allais guetter les bouquins de ces éditions et j’avais donc croisé La sonate oubliée. Le lirais-je ? Je ne sais pas encore. Ta chronique me permet cependant de mieux appréhender le livre, peut-être de m’en faire une idée plus précise qu’avec le seul résumé. Je l’ajoute à ma WL et je verrai par la suite, mais le fait qu’il se passe au XVIIIème siècle m’attire indéniablement. ^^
    A-Little-Bit-Dramatic Articles récents…La Thé Box, Septembre 2017 : Dans les NuagesMy Profile

    • Audrey says:

      J’ai adoré toute la partie historique du roman et je suis certaine qu’elle pourrait t’intéresser bien que j’aurais aimé qu’elle soit plus approfondie 🙂
      je suis plus partagée pour les scènes qui se passent au présent mais c’est un bémol que tout le monde n’a pas !
      J’ai moi aussi lu Les mots entre mes mains et je l’avais également beaucoup aimé. Je l’avais trouvé vraiment touchant en fait.

    • Audrey says:

      Comme beaucoup 🙂
      Faut croire que je n’ai pas la même sensibilité car je l’ai trouvé agréable, sans pour autant me sentir « folle » de ma lecture. Il faut dire aussi que j’avais des attentes énormes vu certains avis de lecteurs. Mas vraiment énormes. Mais j’ai quand même fait des compliments sur l’oeuvre, ma critique n’est pas négative.

    • Audrey says:

      Oh bonjour Christiana 🙂 Je suis ravie que vous soyez passée par ici ! J’espère avoir le plaisir de vous relire prochainement, si jamais vous travaillez sur un autre roman !

    • Audrey says:

      Je suis allée te lire 🙂
      Il est vrai que c’est un premier roman, c’est à prendre en compte. Cela reste un roman très agréable à découvrir et je vais le prêter autour de moi pour le faire découvrir, notamment à ma mère et ma grand mère auprès desquelles je fais un peu bibliothèque ^^

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