Critique Sleeping Beauty

Sortie : 16/11/2011

Note : 7/10

 

Le résumé : Lucy est une jeune fille bien occupée. Etudiante, elle se prostitue à ses heures et accumule les autres petits boulots (serveuse, cobaye en labo…). De temps en temps, elle va voir Birdman, un homme solitaire, comme coincé entre les quatre murs de son appartement. Un jour, elle répond à une annonce étrange : on cherche de jeunes serveuses prêtes à faire le service à table… nues, ou presque. C’est donc en porte-jarretelles et soutien-gorge que Lucy commence son nouveau job. Particulièrement belle et appréciée par la (vieille) gente masculine présente en ces lieux, elle se voit proposer un nouveau statut de belle endormie. Droguée, elle se couche nue entre les draps d’un grand lit, et dort d’un sommeil de plomb. Pendant ce temps, des vieux rentrent dans sa chambre et lui font des choses. Le lendemain, elle ne se souviendra jamais de rien.

Ce que j’ai aimé : Sleeping beauty est un film franchement anxiogène avec, en plus de cela, une petite touche de morbide. Le quotidien de cette Lucy, plutôt sombre et sans la moindre petite touche d’espoir, est un monde auquel on n’a pas vraiment envie de se frotter. C’est pourtant un portrait de femme qui interpelle et qui fascine. Rien n’est jamais dit de manière très claire, on suggère, on fait comprendre, bref : on nous intègre directement dans le récit sans prendre la peine de faire la moindre introduction. Ça permet de faire fonctionner ses méninges.

Le ton est étrange, les plans sont extrêmement longs et peuvent provoquer, selon la sensibilité de chacun, le malaise ou l’ennui le plus profond. Le fait est qu’on se laisse passionner par l’histoire de cette jolie poupée qui ne semble pas consciente de ses dérives. Ici, pas de prise de tête, pas de questionnements existentiels : Lucy n’a pas le choix.

Ce que je n’ai pas aimé : Sleeping beauty est un film dépouillé ce qui a du bon, comme du mauvais. Paradoxalement, cette sobriété donne de l’intensité à certaines scènes mais en rend d’autres terriblement longues. Dans ce film, on parle finalement peu. Lucy ne parle pas avec ses clients mais les entraine dans sa chambre. Elle ne parle pas, ou très peu avec son ami/amant Birdman qu’elle vouvoie et à qui elle sert des bols de céréales à la vodka (les seuls moments tendres du film). Elle ne parle pas du tout quand elle se retrouve dans le rôle d’une belle au bois dormant désirable et intouchable à la fois : les hommes qui la visitent dans sa chambre n’ont pas le droit de coucher avec elle (mais à part ça, peuvent faire tout ce qu’ils veulent).

Je m’attendais à un film relativement érotique. Sleeping beauty reste sage, très sage, trop élégant pour être provoquant. Notons également qu’il ne met en scène que de vieux pervers et qu’il est assez dégoutant sur les bords de voir ces vieux corps se presser sur le corps jeune et ferme de Lucy. Voir de telles scènes laisse un goût amer en bouche mais cela étant, la jeune Emily Browning révèle ici qu’elle est bien plus qu’une petite minette vouée aux rôles d’évaporées. Avec son teint diaphane et ses grands yeux, elle est à la fois l’innocente et la trainée de service. Difficile de se faire un avis clair sur son personnage qui reste toujours très lointain, impalpable.

En bref : Sleeping beauty est un film aussi troublant que maladroit. Je pense qu’il aurait pu être une vraie réussite s’il avait été traité autrement. C’est un premier film, la réalisatrice aurait-elle eu peur d’aller un peu trop loin ? Je souligne quand même la qualité de la mise en scène, lente et froide, qui nous plonge dans un certain mal-être, voire un profond dégoût.

One comment

  1. Zofia says:

    J’en avais entendu parler il y a quelques mois et je croyais qu’il était déjà sorti. Je pense pas le voir au ciné, si jamais comme tu dis c’est un peu ennuyeux. Récemment, j’ai loué L’appollonide souvenirs de maison close, c’était incroyable lent et chiant alors qu’il y avait matière à faire quelque chose de bien.

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