Critique Le silence de Grey House, Deanna Raybourn

D’habitude, quand je pars en voyage, j’opte pour la liseuse pour des questions pratiques. Pour Rome, j’ai craqué et j’ai finalement opté pour 3 livres papier. Le silence de Grey House fut le 1er à passer entre mes petites mains impatientes.

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Un titre intriguant, une très jolie couverture, un prix mini (grâce à la promo à 2,99 euros qui est toujours d’actualité), un contexte qui me plaisait tout particulièrement (Londres, époque victorienne)… Il n’en fallait pas plus pour me faire craquer !

Résumé

1886, Londres. Lady Julia voit sa vie basculer au cours d’une réception qui avait pourtant commencé de manière classique : son mari, sir Edward Grey, de santé fragile, est victime d’une crise et meurt en quelques heures. Sa mort, assez brusque, n’étonne pourtant personne. Quelques jours après les faits, Nicholas Brisbane, détective privé, contacte Julia et lui fait comprendre que son mari aurait été assassiné… Julia l’envoie bouler.

Un an passe. Ou presque. En rangeant le bureau de feu son mari, Julia tombe sur un document qui lui met la puce à l’oreille : et si Brisbane avait raison ? Elle recontacte le détective dans la foulée et se lance dans l’enquête à ses côtés.

Le Silence de Grey House nous raconte une enquête bien particulière, autrement dit une enquête qui a lieu presque un an après les faits. La faute à Julia qui n’a pas cru le détective privé au moment où il aurait été encore temps d’enquêter correctement sur l’affaire.
Brisbane est clair : à ce stade, enquêter paraît presque vain !

Si Brisbane, qui connait bien son métier, se lance pourtant sur ses premières pistes, Julia est chargée d’enquêter de l’intérieur. Elle va, dès lors, observer sa maison, ses domestiques et ceux qui vivent à ses côtés et voir son quotidien d’un nouvel œil. En résumé, nos deux protagonistes cherchent à savoir qui a envoyé les fameuses lettres anonymes.

Les indices, difficiles à trouver, s’accumulent doucement et permettent de faire avancer progressivement une enquête qui semblait pourtant perdue d’avance.

Je vous passe les détails : l’idée n’est pas de vous raconter l’histoire mais j’avouerai simplement que j’ai trouvé cette enquête lente à démarrer (ne vous laissez malgré tout pas décourager par l’introduction à rallonge !) et assez longue à se terminer. Le livre fait plus de 500 pages et se perd souvent dans des détails un peu lourds et dans des répétitions carrément rébarbatives à la longue. Mais bon, je crois qu’en bonne lectrice de polars, j’avais des attentes un peu décalées de ce point de vue là.

  • Une romance qui en décevra plus d’un(e)

Quand tu ouvres un roman de la collection Milady, tu t’attends à lire de la romance pure et dure (enfin je me comprends). Le silence de Grey House n’appartient pourtant pas vraiment à cette catégorie d’ouvrages. Certes, il y a bel et bien les prémices d’une romance entre Julia et Brisbane mais ne vous emballez pas à l’avance, très chères lectrices, il n’y aura RIEN à se mettre sous la dent de ce point de vue là.

Même si c’était le côté polar qui m’intéressait le plus, j’ai été un peu déçue par la tournure des évènements… bien qu’on puisse s’attendre à en apprendre plus dans le tome 2.

Le point positif ? Au moins, on a pas sombré dans la romance facile avec une scène érotique toutes les deux pages !

En tous cas, si vous aimez les personnages masculins ténébreux, mystérieux et pleins  de talents (cachés), vous apprécierez certainement Nicholas Brisbane. Il ressemble à une sorte de Sherlock Holmes en plus exotique et plus sexy (drogué à ses heures, détective privé, violoniste… mais pas que !).

  • Une histoire d’émancipation avant tout

Passons cette fois à la dimension historique du roman qui nous permet avant tout de nous immerger dans la société victorienne en général et dans la vie d’une jeune veuve, en particulier.

Dans ce cadre, Deanna Raybourn décrit assez bien tout le processus qui suit un décès dans une famille : l’omniprésence du noir mais également la mise à l’écart de la veuve qui doit presque vivre confinée chez elle (au moins durant la 1ère année). Adieu soirées, dîners ou même réceptions familiales.

Ces histoires de convenance, de bienséances ne me sont pas inconnues (au vu de mes lectures habituelles) mais j’ai quand même apprécié de suivre Julia durant cette période-là.

Finalement, sous couvert de nous raconter un deuil et une enquête, ce n’est rien de moins qu’un nouveau départ dans la vie qui est évoqué dans ce roman. Lady Julia est décrite comme une femme effacée, cachée dans l’ombre d’un mari qui ne lui accordait peu d’importance et qui évolue dans un monde fermé et sage (elle est pourtant issue d’une famille excentrique où toutes les folies sont permises…)…. Mais bien sûr, elle va finalement apprendre à faire ses propres choix et à réfléchir à son avenir.

De spectatrice passive, elle devient actrice et ce regain d’assurance fait plaisir à voir (et donc, à lire).

Difficile de donner un avis tranché sur Le silence de Grey House. Je lui ai trouvé bien des défauts (une enquête noyée sous les détails, une modernité parfois gênante vu le contexte historique, des longueurs) mais je l’ai quand même lu avec un certain plaisir parce qu’il est tout simplement DI-VER-TI-SSANT. C’était le genre de livre idéal à ouvrir après une longue journée de marche. Je me procurerai donc avec joie le second tome… s’il est édité un jour en français !

12 comments

  1. sanasan says:

    Ce n’est pas la première fois que j’ai un telle reproche à faire à Milady. Je trouve qu’ils ne sont pas très regardant avec les anachronisme que ce soit dans les dialogues mais également dans le comportement des protagonistes. Une nana qui vit au 18eme siècle et qui s’exprime comme une jeune collégienne heuuuuuu
    sanasan Articles récents…L’étrangleur de Cater Street d’Anne PerryMy Profile

    • Audrey says:

      Dans le cas de ce roman, je pense qu’on a évité le pire malgré tout ! Mais tu verras, certains personnages ont des comportements et des pensées très modernes pour leur époque… On a beau souligner plusieurs fois que la famille March est une famille d’excentriques, ça fait quand même un peu bizarre parfois !

  2. bea285 says:

    Je l’ai acheté pour le prix mini aussi. Pour le moment, j’ai demandé aux éditeurs au Salon du livre, la suite n’est pas prévu en France. Je savais que la romance allait être secondaire. Et je trouve cela sympa. Plus qu’à voir si l’intrigue policière me plait! Pour répondre à ton commentaire sur mon blog, je viens tout juste d’ouvrir une chaîne YT, c’est hyper récent et j’ai encore du travail autant sur le fond que sur la forme, mais c’est sympa. Cela change un peu. ^^
    bea285 Articles récents…Bilan du mois: FévrierMy Profile

    • Audrey says:

      Oh merci de m’avoir donné cette info… même si elle n’arrange pas mes affaires ! J’aurais aimé la lire, cette suite ! ^^
      Oui j’ai vu que tu avais encore peu de vidéos à ton actif, j’ai donc compris que c’était récent ! Il faut que tu te laisses le temps de trouver tes marques et ton style, ça ira mieux avec le temps et tu as raison, un peu de changement c’est toujours sympa !

    • Audrey says:

      Je t’avoue que je suis plus polar que romance… mais j’aurais quand même apprécié qu’il y ait un peu plus de scènes romantiques…
      Je pense que Brisbane ne te laissera pas indifférente ! ^^

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