Critique Shame

Sortie : 7 décembre 2012

 Il y avait un moment que je voulais voir Shame mais pour des raisons obscures, il était passé entre les mailles du filet jusque là.

Ce film évoque l’addiction sexuelle de Brandon. Homme responsable et équilibré en apparence, il a la trentaine et vit à New York. S’il travaille beaucoup, il fait également beaucoup travailler les prostituées en tous genres car il aime le sexe plus que tout. Porno, masturbation, orgie sexuelle sont son quotidien et il est évidemment incapable de mener une relation sentimentale « normale » plus de quelques semaines. Quand sa sœur Sissy débarque chez lui, Brandon cherche à dissimuler sa vraie vie… mais ne parvient pas à calmer ses pulsions pour autant.

Shame est un film étrange, un film troublant et presque tout entier porté par son acteur principal, Michael Fassbender (qui est décidemment vraiment sexy). Il incarne un homme aux nombreux vices qui recherche uniquement des relations rapides et entièrement portées sur le cul. Il faut bien avouer que sa beauté froide et les mots crus qu’il emploie pour séduire les femmes ont quelque chose de bestial et de tentant… mais son comportement le pousse toujours plus vers la solitude.

L’arrivée de sa sœur, jouée par la charmante Carey Mulligan vient bousculer un peu les choses. Déjà forcé de jouer la comédie au travail, notamment lorsque le service informatique récupère son ordi et s’étonne de le voir blindé de films pornos, Brandon va devoir faire croire à sa sœur qu’il est tout à fait normal. De son côté, cette chanteuse paumée et fille facile semble avoir elle aussi quelques soucis avec sa sexualité. Elle apporte une touche féminine fraîche et lumineuse au film. Mais aussi une nouvelle touche de désespoir.

Dans ce film, le traitement de l’addition sexuelle est frontal mais sans être provocant pour autant. Il y a certes des dialogues très osés, des scènes de sexe par ci, par là mais je n’ai pas eu l’impression de voir un film racoleur ou vulgaire pour autant (et c’est un sacré exploit car vu le thème, on aura pu très vite sombrer dans le sordide). Peut être parce que la vision du réalisateur reste clinique et distancée. Avec Brandon, c’est toujours du sexe froid et mécanique. Sans envie, juste par besoin.

C’est là que la prestation de Michael Fassbender donne tout son sens au film car sans son talent, Shame ne serait que l’histoire d’un mec qui change régulièrement de partenaires et qui regarde du porno. J’imagine qu’il est loin d’être le seul homme à avoir ce genre de préoccupations… Michael Fassbender arrive à donner suffisamment d’humanité à son personnage pour que ses combats et ses chutes nous atteignent de plein fouet. Il donne une autre dimension à ce sujet délicat.

Shame est un film certainement dérangeant mais j’ai plus été peinée et touchée par son personnage principal que vraiment dégoutée par son comportement. Il y a beaucoup de mélancolie là dedans. J’y ai donc surtout vu le portrait d’un homme moderne et complètement paumé dans sa vie, dans cette ville immense qu’est New York, un homme voué à la solitude et au dégoût de soi même.

3 comments

  1. Audrey says:

    Comme je l’ai écrit, ce n’est pas racoleur. Mais tu t’en doutes, il y a quand même des scènes de sexe ^^ Mais c’est loin d’être sordide… j’ai trouvé l’histoire vraiment intéressante et d’une certaine manière, touchante. Après,peut être que j’ai des réactions bizarres mais je l’ai pris comme ça 😉

  2. auroreinparis says:

    Je l’ai vu au ciné et j’en ai pensé sensiblement la même chose que toi. C’était triste à mourir, ces solitudes, ces gens paumés. Il y a une question d’inceste entre le frère et la soeur aussi il me semble, même si ça n’est pas clairement exposé.
    Un film perturbant et bouleversant.

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