Critique série : La gifle

Ça vient d’où ? : La Gifle, The Slap en VO, est une mini série qui nous vient tout droit de l’Australie. Il s’agit de l’adaptation d’un roman de Christos Tsiolkas, un écrivain australien d’origine grecque.

Combien de saisons ? : une seule saison avec 8 épisodes de 55 minutes chacun environ. Ils ont été diffusés sur Arte en septembre 2013.

Ça parle de quoi ? : La Gifle est une série toute simple qui part d’un fait tout simple également, du moins en apparence. Ce jour-là, c’est l’anniversaire d’Hector. Avec sa femme, ils ont réuni quelques amis et de la famille pour fêter l’évènement. Au cours d’un barbecue qui se voulait festif, Harry gifle violemment le fils de Rosie. A partir de là, c’est la débandade : Rosie est du genre à faire des histoires et avec son mari, ils ne supportent pas le geste d’Harry. Coincées entre deux camps, les autres personnes présentes lors de l’évènement vont avoir du mal à faire la part des choses….et à prendre parti. A noter que chaque épisode suit le point de vue d’un des personnages par rapport à l’évènement et aux conséquences dans les semaines et mois qui suivent (Hector est le perso principal du 1er épisode, Anouk du second et ainsi de suite).

Les points positifs : je ne vais pas dire que j’ai littéralement a-do-ré cette série car ce serait mentir. Le sujet ne pouvait pas en faire une série coup de cœur, du moins pour moi. J’ai quand même avalé les 8 épisodes en très peu de temps, il faut bien le dire (à raison de 2 ou 3 par jour). J’ai aimé le fait que cette série soit suffisamment intelligente pour nous brouiller l’esprit, d’épisode en épisode. Toutes en nuances, elle permet de ne pas avoir une vision manichéenne de l’histoire. Elle soulève des points intéressants sur les agissements des individus quand ils appartiennent à un groupe, qu’il s’agisse d’un groupe d’amis ou d’une famille (voire les deux).

La solidarité, les tensions, les rapports de force entre les différents personnages sont vraiment au centre de la problématique. Le fait qu’Hector, Manolis (son père) et Harry (son cousin) soient issus de la communauté grecque et donc, d’un clan aux racines très fortes renforce d’ailleurs encore plus ces tensions car la famille avec un grand F est omniprésente. Le racisme est également de rigueur : on se moque gentiment du couple musulman qui ne boit pas d’alcool et qui parle tout le temps de dieu, la mère d’Hector critique Aisha, sa belle fille, pour la simple et bonne raison que cette dernière est issue du métissage… On se donne bonne conscience en apparence mais on est beaucoup moins politiquement corrects en privé…C’est pas joli joli. Enfin, la question de l’éducation est également brûlante et rappelle un certain débat sur la fessée… Cette gifle était-elle méritée ou est-elle tout simplement impardonnable ? A vous de décider…

Les points négatifs : je regrette une certaine mollesse dans la mise en scène. Les séries ou les films lents ne me dérangent pas mais dans La Gifle, cette lenteur s’apparente à un certain flegme que j’ai trouvé plutôt lourd en définitive. Les temps de pause sont longs, le montage m’a paru laborieux par moment. En gros, dans la forme cette série m’a paru un peu terne, un peu trop lisse. Heureusement qu’elle n’est pas plus longue.

Les problèmes évoqués dans cette série ressemblent à ceux que l’on rencontre dans « la vraie vie ». Il y a les mensonges, les problèmes d’ego, les vieilles rancœurs. Tout ça, tout ça. Au bout d’un moment, j’avoue, j’en ai eu marre de voir tous ces personnages se prendre la tête pour pas grand-chose au final. Je sais bien que c’était l’idée de la série mais quand même, la moralité de l’histoire c’est qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre et le constat est, à mes yeux, plutôt amère. Impossible de ne pas se dire « si ce putain d’Hugo n’avait pas été si mal élevé et ne s’était pas pris la baffe de sa vie, rien de tout cela ne serait arrivé et les apparences auraient été sauvées ». Mais non.

En bref : La Gifle est une série vraiment sympa qui nous livre un portrait tout en finesse, celui de la classe moyenne australienne de nos jours. Angoisses de la quarantaine, adolescence paumée, usure du couple, tensions familiales et amitié fidèle font partie des nombreux thèmes d’une série que j’ai trouvé très réaliste, très honnête. J’ai particulièrement été touchée par l’épisode consacré à Manolis, le grand-père, un homme qui ne supporte plus sa femme, qui rêve de rentrer en Grèce et qui réalise à peine que sa vie est déjà derrière lui… Tout un programme !

8 comments

  1. zofia says:

    Pour répondre à ta question, oui j’ai vu La Gifle 🙂 que j’ai beaucoup apprécié. Je l’ai trouvée très bien jouée, originale car elle n’est ni policière ni américaine. J’ai adoré les personnages et le fait que chaque épisode nous fasse changer d’avis sur chaque personnage du groupe. Au départ, j’étais tout à fait du côté d’Harry car Hugo m’avait insupporté mais tout n’est pas aussi simple que ça. Ca m’a vraiment plu et je n’ai pas ressenti cette mollesse dans la réalisation, peut-être est-ce parce qu’on regardait une fois par semaine sur Arte et pas plus.
    zofia Articles récents…DésorganisationMy Profile

    • Audrey says:

      Oui faut dire que je l’ai avalée en quelques jours (3, pour être précise) donc mon rythme était beaucoup plus dynamique. C’est l’avantage, ou l’inconvénient, d’arriver après la bataille ! ^^

      Oui cette série est vraiment intelligente et nous fait évoluer tout au long des épisodes. J’ai bien aimé les changements liés au personnages de Rosie qui apparait comme une mère hystérique, puis comme une femme douce et aimante pour enfin, devenir la victime d’un secret imposé…

  2. Clownface says:

    Excellente série ! Certains épisodes sont plus ou moins réussi, suivant l’affection qu’on a pour le personnage central mais il faut bien admettre que les derniers sont plus faibles, à mon avis. Après, comme le dit l’accroche chacun choisit son « camp ».
    Mais le vrai tour de force c’est de montrer comment chacun est « bloqué », contraint par un cadre, une éducation, le regard des autres. En définitive, excellente série.
    Je suis assez d’accord, la mise en scène aurait pût se permettre plus de fantaisie par moments, mais ça ne m’a pas gâché le visionnage.

    • Audrey says:

      Je suis d’accord pour dire que c’est une bonne série mais je ne la qualifierais pas d’excellente pour autant car elle est peut être un peu trop réaliste pour moi. Il manquait quelque chose pour qu’elle reste un bon souvenir dans ma petite tête. Mais ce n’est que ma vision des choses et je sais que beaucoup de gens l’ont vraiment aimée.

      Et puis faut avouer que ça traine un peu en longueur sur les derniers épisodes. Quand la fin est arrivée, j’étais contente et je n’aurai pas avalé un épisode de plus. Mais comme je l’écris à Zofia, c’est peut être parce que j’ai regardé les épisodes en un temps record.

      Mais bon, quand on kiffe une série, on va jamais trop vite dans son visionnage je pense…

      • Clownface says:

        C’est une des très rare série qui ne soit pas polar ou fantastique qui m’ai autant plu, c’est pour ça que je me suis permis l’adjectif « excellente ». Mais c’est vrai que la fin n’a pas la qualité des premiers épisodes.

        • Audrey says:

          C’est vrai que ça m’étonne presque que tu aies regardé et aimé, d’ailleurs ! 😉 A première vue, ce n’est pas le genre de séries que tu (du moins à mes yeux) serais susceptible d’aimer mais comme quoi, il ne faut jamais mettre les gens dans des cases !

  3. Zofia says:

    Non mais le fait de la visionner chaque semaine permet d’éviter l’overdose. En tous les cas, le couple Hector et Aïsha m’a fasciné car ils sont véritablement pris en sandwich dans cette affaire, plus que tous les autres peut-être.
    Zofia Articles récents…DésorganisationMy Profile

  4. Audrey says:

    Oui c’est clair !!

    Je dirais même que c’est Hector qui est le plus dans la merde car il doit gérer la pression que lui fait supporter sa femme, sa famille et ses différents amis… C’est plutôt difficile de composer avec tout ça je trouve ! Il est plus indécis sur le comportement à adopter qu’Aïsha qui reste assez fidèle à elle même.

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