Critique Le seigneur de Charny, Laurent Decaux

Le Seigneur de Charny est paru aux éditions XO le 7 septembre 2017. Il est écrit par Laurent Decaux et il s’agit d’un premier roman particulièrement abouti.

De quoi ça parle ?

Nous sommes en Champagne, en 1382. Jacques de Charny revient sur ses terres après six années de croisade et découvre que tout a changé pendant son absence. Pour subvenir aux besoins de sa famille, sa mère a décidé d’exposer le saint suaire, ce tissu où apparaît le corps martyrisé du Christ et devant lequel des pèlerins de toute l’Europe viennent à présent prier. Entre la proximité de cette foule, les reproches de sa mère qui lui en veut d’être parti si longtemps, la pression qu’exerce Pierre d’Arcis, évêque de Troyes, qui veut interdire l’exposition du drap sacré et le fait que sa promise, Hélène, se soit mariée entre temps à un vieil homme : le retour de Jacques ne ressemble pas vraiment à ce qu’il avait espéré. Heureusement ses amis fidèles seront là pour lui permettre de reprendre sa place et sa vie en mains.

Mon avis

En lisant ce roman, je suis sortie de ma zone de confort car ce n’est, a priori, pas mon époque ni mon genre de prédilection. Néanmoins, cela n’a pas rendu ma lecture moins agréable, bien au contraire ! Même si je suis plutôt inculte quant à l’histoire de France du 14ème siècle, j’ai vite été charmée par la plume de l’auteur et par sa manière, à la fois simple et très complète, de nous donner un aperçu du pays tel qu’il était en cette période mouvementée. L’immersion est totale et rapide puisqu’à la suite d’une rapide mais non moins instructive mise en contexte, l’auteur nous place dans les pas d’un chevalier qui rentre chez lui. En route, il a perdu son fidèle et valeureux valet mais on lui a également volé sa bourse ce qui rend la fin du voyage particulièrement difficile. Puis paf ! Le voilà sur ses terres au milieu de cette foule de pèlerins !

S’il est une fiction, ce roman historique a la particularité de s’appuyer sur un fait historique : avant d’être amené et conservé à la cathédrale de Turin, le Saint Suaire se trouvait en France et plus précisément, en Champagne. La famille de Charny l’a exposé, profitant alors d’un climat particulièrement favorable au commerce et à l’exposition de reliques en tous genres, les français étant alors très très superstitieux ! Le succès du fameux suaire est tel qu’on envie cette possession, rien d’étonnant alors à ce que ce roman porte, entre autres, sur les rivalités et les convoitises de l’entourage des Charny.

Mais Le Seigneur de Charny, c’est également un roman très vivant, porté par des personnages charismatiques, merveilleusement bien décrits et dont les dialogues sont toujours extrêmement agréables à suivre. Oui, il s’agit bien d’un roman sur le Moyen Age, d’un roman bien documenté mais qui n’en est pas moins moderne. Attention, je ne suis pas en train de vous dire que le style d’écriture est décalé par rapport à l’époque ou qu’il y a des anachronismes, je voudrais juste souligner que ce roman de chevalerie est tout sauf poussiéreux ou ennuyeux.

Mais je ne peux vous en dire plus, à vous découvrir son intrigue à présent ! 🙂

En quelques mots,

Le Seigneur de Charny est un roman d’aventures aux 1001 facettes que je conseillerais, en premier lieu, aux fans d’Histoire. Néanmoins, il peut bien évidemment convenir aux fans de romans de capes et d’épées, à ceux qui ont envie d’un peu d’aventure ou aux lecteurs curieux qui veulent découvrir un premier roman ambitieux !

Pour finir, un petit extrait de l’interview de l’auteur, réalisée par les éditions XO :

Les Charny étaient des gens pieux, courageux, attachés à leur terre et à leur roi. L’époque où ils ont été les propriétaires du saint suaire a été sombre pour le royaume. On venait de traverser la plus grande épidémie de tous les temps, la guerre avec la couronne d’Angleterre durait depuis cinquante ans, et l’Église venait de se séparer en deux, ce qu’on appelle le Grand Schisme d’Occident, avec un pape à Rome et un antipape en Avignon. Bref tout concordait : un fil conducteur teinté de mystère, des héros magnifiques, un contexte religieux et politique sans précédent. Pouvais-je trouver meilleure intrigue pour un premier roman ?

9 comments

  1. A-Little-Bit-Dramatic says:

    Tu le sais, tes avis comptent beaucoup pour moi et j’avais découvert ce roman depuis un moment déjà sans pour autant l’ajouter à ma WL…après avoir lu ta chronique, il va peut-être passer directement dans ma PAL. 😉 Personnellement, je suis une fan de romans historiques et j’adore le Moyen Âge, alors…que demander de plus ? 😉
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