Critique Satan était un ange, Karine Giebel

satan-etait-un-ange-502520Résumé

François, la bonne quarantaine, avocat friqué, a pris la route. Il fuit. En chemin, il croise la route de Paul, la vingtaine, pas une thune, sans éducation ni repères familiaux… mais qui fuit aussi. L’un n’a plus rien à perdre. L’autre a besoin d’un soutien.

Les deux hommes, que tout oppose, sont réunis au cœur d’une road story sanglante et meurtrière. Ensemble, ils vont vivre des choses folles.

Mon avis

Vous savez (ou pas) l’amour immodéré que je porte à cette auteure. Généralement, Karine Giebel propose des thrillers-coup-de-poing qu’on a du mal à lâcher en cours de route et qui nous laissent toujours groggy à la fin. C’est toujours très noir et sans concessions. Et très efficace.

Satan était un ange est peut-être un peu moins marquant que les autres (même si je n’ai pas encore tout lu de Giebel). Il a ses qualités et l’auteure a l’avantage d’innover en nous proposant une histoire en mouvement. Du début à la fin (malgré quelques escales), nos deux personnages principaux ne font que bouger, circuler. Le récit s’intensifie de page en page et on sait d’avance que les choses vont se corser jusqu’à l’affrontement final.

Le gros point positif de ce roman, c’est la relation entre Paul et François. Ils ont chacun leur raison de fuir, chacun leur épée de Damoclès mais force est de constater que cette rencontre fortuite va déboucher sur une belle amitié. Voire une relation père/fils construite par les épreuves, éphémère mais non moins sincère. J’ai vraiment été très très touchée par leur parcours et leurs relations pourtant à l’origine, l’un comme l’autre m’avaient paru assez antipathiques. L’avocat blindé et arrogant et le petit malfrat infréquentable se révèlent finalement assez émouvants.

C’est la force de Giebel : proposer des personnages à la psychologie complexe ! Ici, Paul est le plus ambigu des deux. Satan ? Ange ? Un peu des deux ? D’une scène à l’autre, il a provoqué des sentiments ambivalents chez la lectrice émotive que je suis.

Dans Satan était un ange, il est question de rédemption. Mais aussi du Bien et du Mal. Si elle est sans temps morts et efficace, l’intrigue n’est peut-être pas du niveau des autres Giebel qui m’ont semblé plus prenants. J’ai pourtant beaucoup aimé ce voyage à la fois violent, stressant et plein d’humanité.

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8 comments

    • Audrey says:

      Ah ! Moi aussi je n’ai pas encore lu Juste une ombre 😉 . Il me manque aussi Purgatoire des innocents. Mais je n’ai pour le moment ni l’un ni l’autre dans ma PAL !

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