Critique Le sabotage amoureux, Amélie Nothomb

En septembre, il y eut l’école.
Pour moi, ce n’était pas nouveau. Pour Eléna, ce fut la première fois.
Mais la petite Ecole française de Pékin n’avait pas grand chose à voir avec l’enseignement.
Nous autres, enfants de toutes les nations – hormis les anglophones et les germanophones -, eussions été très étonnés si l’on nous avait révélé que nous fréquentions cet établissement dans le but d’apprendre.
Nous n’avions rien remarqué.
Pour moi, l’école était une grande fabrique de petits avions en papier.
A tel point que les professeurs nous aidaient à les construire. Et pour cause : comme ils n’étaient ni professeurs, ni instituteurs, c’était à peu près tout ce qu’ils pouvaient faire.

9782253139454-001-TDe 1972 à 1975, Amélie Nothomb et sa famille ont vécu au cœur de la Chine communiste. Son père, diplomate belge, avait en effet été nommé à un autre poste, raison pour laquelle les Nothomb ont quitté le Japon où Amélie a vécu les plus belles années de sa vie. En comparaison, la Chine de Mao est le pays de la saleté, de la mocheté, de la souffrance du peuple chinois… rien à voir avec cet idéal nippon qui avait été leur quotidien jusqu’alors.

Le sabotage amoureux est le second roman d’Amélie Nothomb et il est d’une jolie originalité puisqu’il nous parle de ces années chinoises à travers les yeux d’une petite fille de 8 ans. Parqués avec leurs parents dans un ghetto d’immeubles réservés aux étrangers, (San Li Tun, le quartier des ambassades) des enfants de différentes nationalités (et tous fils et filles de diplomates) se vouent une guerre sans merci.

Le sabotage amoureux est un livre loufoque dans lequel j’ai eu du mal à me replonger car il faut quand même quelques temps pour se « faire » au ton adopté par l’auteur. Nous sommes dans la tête d’une petite fille qui voit le monde avec ses yeux de petite fille, justement. Dans ce monde, totalement épique et démesuré, les vélos sont des chevaux, l’autre armée à écraser est formée de jeunes enfants (et pas de soldats sanguinaires comme Amélie le croit) et les parents sont d’emblée désignés comme ennuyeux à mourir.

C’est également en Chine que va apparaître la fameuse Elena, une petite italienne snobe et désagréable pour laquelle Amélie va se prend d’affection. Elle est fan, elle l’adore mais Elena ne la regarde même pas… Tout un programme que je vous laisse découvrir en ouvrant ce court roman !

… en 1975, les Nothomb ont quitté la Chine pour New York. Elle en parle notamment dans Biographie de la faim, un de mes préférés !

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