Critique Respire

Sortie : 12 novembre 2014

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Même si je n’avais pas beaucoup aimé le premier film de Mélanie Laurent, Les adoptés, que j’avais trouvé vraiment trop trop trop larmoyant (bien que beau, par la forme) j’avais très envie de voir Respire, sa seconde réalisation. Je l’attendais donc au tournant, et plus encore. Je vais vous éviter une trop longue description de l’histoire : disons qu’il s’agit d’une fille assez sage et douée qui rencontre une autre lycéenne. Cette amitié fusionnelle va tomber à l’eau à cause de la personnalité perverse de l’une d’entre elles. Vous l’aurez compris, on parle ici d’une relation toxique, d’une amitié déçue et terriblement douloureuse où la manipulation est élevée au rang de véritable art.

Respire dure 1h30 à peine et pourtant, je l’ai trouvé longuet. Je dirais que sa seconde partie (à partir du moment où les hostilités deviennent concrètes) est bien meilleure que la première partie qui, tout en distillant une certaine tension (je veux bien le reconnaître), est quand même relativement longuette. Sincèrement, voir des adolescentes parler tampon, cheveux et se maquiller, ça ne m’intéresse pas (même si ces scènes ont un but : montrer à quel point ces deux filles vivent l’une pour l’autre). J’attendais que les choses dérapent vraiment et à partir de là, j’ai apprécié le film.

Ce que je reproche à ce long métrage, c’est d’enchaîner sans cesse les petites scénettes superficielles qui manquent finalement beaucoup de profondeur, de recherche. Ce procédé n’est pas la marque de Mélanie Laurent, d’autres réalisateurs s’y prêtent et si des fois ça peut passer, à d’autres moments ça nuit un peu trop à l’histoire. Passer sans cesse du lycée, à la classe, puis à la cantine, avec un crochet par la chambre de l’une, les soirées chez machin… et on recommence, ça m’a un peu fatiguée.

Très peu d’hommes dans Respire mais une brochette d’actrices excellentes, mention spéciale pour les deux interprètes principales qui incarnent merveilleusement bien leurs rôles respectifs. Rien à redire de ce côté-là franchement… j’imagine qu’elles ont toutes été très bien dirigées par une actrice qui a pas mal d’expérience du métier. D’un point de vue esthétique, le film est également parfait et certaines images d’une grande beauté.

A mes yeux, Respire est malgré tout un film globalement surnoté par la majorité. Contrairement à ce que j’ai lu dans certaines critiques, l’histoire ne m’a pas vraiment renversée ni passionnée. Mais c’est un sentiment que j’avais déjà ressenti en matant La prochaine fois je viserai le cœur. Ces deux films sont tout à fait regardables mais ils sont anecdotiques pour moi. Agréables, honnêtes et corrects donc mais absolument pas inoubliables.

[Le film évoque pourtant un thème terriblement intéressant, celui de l’amitié toxique entre deux adolescentes. Si vous ne les avez pas vu, je vous conseille vraiment chaudement My summer of love (2004) avec Emily Blunt et Thirteen (2003) avec Evan Rachel Wood qui sont vraiment excellents tous les deux et que j’ai vu plusieurs fois depuis leur sortie].

2 comments

    • Audrey says:

      Franchement Les adoptés avait un thème beaucoup moins intéressant…

      J’ai été moins emballée que toi mais j’ai repensé au film pendant plusieurs jours, notamment à la fin. Preuve qu’il a quand même eu un impact !

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