Critique Rebecca, de Daphné Du Maurier

Année de sortie : 1938

Note : 18/20

Extrait : Il ne m’appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca. Elle était toujours dans la maison, comme Mrs Danvers l’avait dit, elle était dans cette chambre de l’aile ouest, elle était dans la bibliothèque, dans le petit salon, dans la galerie au-dessus du hall. Même dans le petit vestiaire où pendait son imperméable. Et dans le jardin, et dans les bois, et dans la maisonnette en pierre sur la plage. Ses pas résonnaient dans le corridor, son parfum traînait dans l’escalier. Les domestiques continuaient à suivre ses ordres, les plats que nous mangions étaient les plats qu’elle aimait. Ses fleurs préférées remplissaient les chambres. Rebecca était toujours Mme de Winter. Je n’avais rien à faire ici.

Le résumé : Nous sommes à Monte Carlo. La narratrice, très jeune, a à peine la vingtaine. Elle est en voyage en France avec Mme Van Hopper, une femme mondaine et désagréable qui la forme afin qu’elle devienne demoiselle de compagnie. Sans famille et sans le sou, la narratrice n’attendait pas grand-chose de la vie…enfin, jusqu’à ce qu’elle rencontre le mystérieux Maximilien de Winter, âgé d’une quarantaine d’années et veuf depuis un an. Visiblement affecté par un drame, Maximilien retrouve le goût de vivre auprès de la narratrice et finit par la demander en mariage. Après un long voyage de noces en Italie, il la ramène en Angleterre et plus précisément dans sa propriété de Manderley. Là-bas, plane encore le souvenir de Rebecca, la première femme de Maximilien, morte tragiquement et retrouvée noyée deux mois après sa disparition…

Ce que j’ai aimé : Je connais peu de personnes, dans mon proche entourage ou non, ayant lu du Daphné du Maurier et cela m’a toujours attristé tant j’ai aimé les quelques romans que j’ai lu d’elle. Des histoires mystérieuses, des personnages attachants et une écriture addictive…voilà la manière dont je définirais ses romans. Daphné du Maurier n’est pas une inconnue pour autant. Décédée dans les années 80, elle a vu plusieurs de ses œuvres être adaptées par Hitchcock (dont Les Oiseaux et Rebecca, dont il est question ici).

J’ai lu Rebecca quand j’étais ado et si l’histoire m’est revenue au fil de la lecture, j’avais oublié de nombreux détails de cette histoire dramatique et pleines de secrets. C’est avec un certain plaisir que j’ai retrouvé cette narratrice jeune, un peu fade et timide, forcément bien empêtrée dans son nouveau rôle de maîtresse de maison. Partout, rôde le souvenir de Rebecca. Son écriture, son parfum, les objets qu’elle aimait… La narratrice, elle, restera sans prénom. La vieille demeure, la plage et la mer ont également un rôle important à jouer dans une histoire qui ne dévoilera que peu à peu, au fur et à mesure des tâtonnements de la jeune femme.

Les personnages secondaires jouent un rôle capital eux aussi. Ils sont le lien entre Rebecca et la jeune narratrice, entre le passé et le présent… Un lien que Maximilien se renonce à faire, laissant délibérément sa jeune épouse dans l’ignorance et dans l’ombre d’une femme qu’il a sans doute aimé passionnément… Les masques finiront ils par tomber ?

A Manderley, tout est beau mais tout est menaçant. J’ai particulièrement aimé les descriptions de l’auteur, notamment celles de la crique et de la mer qui sont particulièrement angoissantes. La vieille demeure est, elle aussi, propice à bien des rêveries. Je ne dirais rien de plus sur cette histoire surprenante, de peur de gâcher la lecture de ceux qui pourraient être tentés.

Ce que je n’ai pas aimé : Rien à dire sur un roman dont l’écriture imagée et fine nous transporte de A à Z. Pas de fantastique, pas de scènes superflues mais une tension qui va crescendo…

En bref : Rebecca est un vrai classique de la littérature anglaise qu’il faut, je pense, avoir lu. Ecrit à la fin des années 30, il est agréable et très facile à lire. Malgré les décennies qui passent, il n’a rien perdu de son aura et de sa puissance. L’histoire nous plonge d’emblée dans une atmosphère lourde et angoissante qui s’accentue à mesure que l’héroïne s’approche de la vérité.

4 comments

    • petiteconne says:

      C’est classique comme roman mais en même temps, quand on le lit pour la première fois, on apprécie tous les rebondissements. Malheureusement, au cours de ma lecture, toute l’histoire m’est revenue au fur à mesure… mais ça ne m’a pas empêchée d’apprécier pour autant 😉

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