Critique Ce qu’il nous faut c’est un mort, Hervé Commère

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Ne connaissant pas la réputation de l’auteur (un inconnu au bataillon pour moi), je ne m’attendais à rien avec ce roman mais on me l’avait vendu comme un polar et vu le titre, je m’attendais à une histoire bien noire avec une enquête compliquée et pleine de rebondissements… Au final, je n’ai pas lu un polar mais plutôt (et comme je le disais à Zofia dans un commentaire), une fresque sociale « polardisante ». C’est bien fait, parfois c’est même intéressant mais ce n’est absolument pas ce à quoi je m’attendais.

Je suis tellement déçue ! Mais c’est en partie ma faute !

L’histoire

Tout tourne autour de Vrainville, une petite bourgade de Normandie au sein de laquelle a été créée une usine de sous-vêtements : Cybelle. Cela fait deux ou trois générations que les habitants de Vrainville bénéficient directement du dynamisme d’une entreprise qui leur a apporté emplois, avantages et prospérité. Sauf que les Trente Glorieuses sont à présent bien loin derrière : le monde est en crise et l’usine aussi. De gros et tristes changements sont à venir dans la petite ville…

Mais je vais un peu vite. En fait, l’histoire ne commence pas sur ces considérations économiques. Cela vient plus tard.

Ce roman nous raconte tout d’abord une nuit de 98, celle où la France a gagné la Coupe du monde. Une série de drames s’est déroulée cette nuit-là et chaque personnage en est ressorti (ou pas) avec des blessures et de gros traumatismes. L’histoire aurait pu commencer là mais… l’auteur nous renvoi  très rapidement en au début du 20ème avec la création de l’usine Cybelle.

 Mon avis

Il est  plutôt compliqué de parler d’un roman qui nous balade sans cesse d’une époque à une autre ! Si vous êtes perdu, rappelez-vous au moins de ça : en nous faisant voyager dans le temps, l’auteur cherche à nous démontrer qu’un évènement arrivé dans le passé peut conditionner toute une existence. Surtout quand on vit dans une ville aussi petite que Vrainville. Tout le monde s’y connait depuis des générations.

Cela se sent peut-être dans le résumé de l’histoire, mais Ce qu’il nous faut c’est un mort est un roman au fort potentiel. Dès les premières pages, il est évident qu’Hervé Commère a un talent particulier. Il nous présente une poignée de personnages et les fait évoluer sur près de deux décennies. L’avantage : nous avons l’historique des personnages. Nous connaissons le drame originel, les secrets enfouis et récupérons tout ce petit monde 18 ans plus tard.

Tout ce qui concerne la vie et la mort de l’usine Cybelle donne une belle dimension sociale et économique au roman. On nous parle de la crise et du destin compliqué des petits travailleurs qui voient leurs avantages leur être retiré un à un.

Je dois cependant vous dire que je ne m’attendais absolument pas à découvrir l’historique d’une usine de sous-vêtements quand j’ai commencé le livre, d’où ma stupeur. Quand je suis arrivée à ces longues longues pages, j’ai vraiment déchanté. Non pas que c’était mal écrit ou inintéressant. Mais ce n’était pas ce que je voulais lire ! Du coup, j’ai complètement décroché de ce roman qui n’a finalement rien du grand thriller que j’espérais. Ici, on est plutôt dans le roman noir. Certes, il y a du crime mais guère de suspens et encore moins d’action soutenue.

Je n’ai absolument rien à reprocher à Hervé Commère car j’ai trouvé son style plaisant et j’ai aimé la construction de son roman. Néanmoins, je n’ai pas réussi à dépasser ma déception de ne pas lire un polar classique. Ma critique vaut ce qu’elle vaut mais elle ne doit pas vous empêcher de tenter le coup à votre tour… sauf si, comme moi, vous espériez y trouver une histoire 100 % polar. Dans ce cas là, je vous conseillerai de passer votre tour.

7 comments

  1. Zofia says:

    Je ne sais pas si je lirais ce roman mais je pense lire quelque chose de cet auteur car c’est un nom que je vois souvent. Et on voit bien que tu as été déçu parce que tu t’attendais à autre chose mais en cas parce que c’est une mauvaise histoire ou un livre mal écrit.
    Mais moi aussi il me semblait qu’Hervé Commère faisait plus du thriller classique.
    Zofia Articles récents…La dernière marche ?My Profile

  2. Kerry Legres says:

    Je le note, déjà il se passe en Normandie donc forcément :p

    ensuite je sais pas, tu as réussi à m’intriguer malgré tout, ta chronique est très bonne, elle montre que c’est vraiment ton avis propre, mais tu nous préviens de certaines choses bref, moi ça me donne envie 🙂

    • Audrey says:

      Si tu le lis, je serais ravie d’avoir ton ressenti dessus ! 🙂

      Je voulais bien mettre en avant la subjectivité de mon avis car je ne peux pas descendre un roman qui ne le mérite pas. Je ne pouvais pas non plus dire que j’avais aimé ! Du coup, je laisse à chacun le droit de trancher ! ^^

    • Audrey says:

      Je peux comprendre ! 🙂

      Mais je t’avoue que ça ne m’a pas motivée à aller voir plus loin pour ma part ! Mais ça ne veut pas dire que je ne tenterai pas de recroiser sa route !

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